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VII. Vie sociale

intermédiaires qui ne sont pas chefs pour cela. Ce sont des gens qui ont de la vertu, ou de la poigne, ou la parole facile.

Chez les Soumis, tout le monde dépend des t’ou-seu, ou même des mandarins chinois, et parfois des deux ensemble. Ici, loiganisation politique se rapproche davantage de l’organisation chinoise,

par exemple, hiang io ls, p’ai-t’eou 10 , etc.

La Chine ne nomme jamais t’ou-seu qu’un Lo-lo qui soit déjà riche et puissant, et c’est toujours un «Hé Lo-lo». Les mandarins chinois cependant donnent parfois des globules honorifiques de t’ou-seu à des Pé Lo-lo, grands propriétaires si p o , avec un diplôme où il est fait foi du titre donné. Je n’ai jamais pu voir de ces diplômes, où doivent abonder termes hypocrites et équivoques, pour être au besoin tournes contre eux en faveur de la Chine.

De fait, pour le vrai t’ou-seii politique, l'investiture chinoise est héréditaire, mais au besoin le Gouvernement sait la nier ou la transférer.

Au Seu-tch’ouan, il y a une vingtaine de t’ou-seu. Certains d’entre eux ont une juridiction ne s’étendant que sur un tout petit

espace de pays.

Le vrai t’ou-seu lo-lo peut donner, lui, un globule de pierre blanche, avec le titre honorifique de pé-fou 20. Pé-fou , c’est le mot chinois, prononcé pa-fou par les Indigènes. Ce titre n est pas héréditaire et ne donne guère plus d’autorité qu’au notable chinois hiang io. C’est peut-être dans ce sens qu'on peut soutenir qu’il y

a des sous-cliefs parmi les Soumis.

En tant que t’ou-seu ( dzeu-mou , en lo-lo) chez les Soumis, celui-ci se fait payer une redevance de 2.000 sapèques par village, soumis à sa juridiction, deux fois tous les trois ans.

Mais les tsongié 21 ou autres mandarins militaires chinois, se font également tous payer dans leurs environs (sans leur juridiction, comme ils disent) des redevances annuelles par les Lo-lo soumis,

même sous la dépendance directe d un t ou-seu.

Ainsi, mon village de Gyé-lé o-ka paie: 1° la redevance au V ou-seu ; 2° une espèce d’impôt au petit mandarin civil chinois (c’est censé un impôt territorial équivalent à 1 impôt proprement dit, ou même, à un tribut d’amende autrefois établi à la charge des

Vie psychique des Lo-los.

vaincus dans une révolte datant de 60 ans); 3° le tsong ié voisin exige annuellement du maïs pour son cheval et 1200 sapèques pour lui; à quels titres? je l’ignore.

Le t’ou-seu laisse faire, vu qu’il ne pourrait du reste empêcher la chose sans désagréments pour lui.

La redevance donnée à un t’ou-seu d’investiture civile se dit eut dzu ( Eut — surveiller, paître le troupeaux; dzu — corvée passive).

Cette redevance (corvée de surveillance) signifie donc: reconnaissance de sujétion envers un dzeu-mou d’investiture chinoise vraie et effective.

Tous ceux qui paient cette redevance sont donc les «serfs politiques» du dzeu-mou. Ils sont de plus soumis à la corvée de guerriers quand elle est requise, et, en cas de litige, soumis à la peine portée par le dzeu-mou , même à la décapitation (ce qui est fort rare cependant), sans appel possible.

Ce servage n empêche pas ces Soumis d’être pratiquement possesseurs de leurs terrains (si p’o), et d’avoir serfs ou esclaves.

Le dzeu-mou , lui, prétend que les terrains de ses serfs lui appartiennent en haute main, et défend de les vendre aux Chinois. C est peut-être le vrai et suprême droit du Roi, au moins en tant que droit de veto sur contrat. Est-ce légal? illégal?

Quand il y a conflit entre vendeur lo-lo et acheteur chinois, le t’ou-seu obtient généralement gain de cause, en achetant à prix d ai gent la conscience du mandarin supérieur chinois. Le plus souvent, il ferme les yeux.

Les Chinois, achetant à des Lo-lo, font timbrer leurs papiers au prétoire de Ué-hi, où ils paient alors l’impôt.

Les t’ou-seu en général pressurent leur peuple autant qu’ils le peuvent. Aussi sont-ils méprisés par les serfs comme des seigneurs sans entrailles, et par les nobles, comme déchus de leur noblesse et vendus à la Chine.

Aussi, même parmi les Soumis, nombreux sont ceux qui n’ont jamais recours au t’ou-seu pour juger leurs différends. Ils préfèrent, comme les Indépendants, choisir des arbitres parmi eux, ou se faire la guerre. Ou même, ils secoueront le joug du t’ou-seu pour se donner au mandarin chinois voisin. Là aussi, ils seront mangés,

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