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Epilogue

J’en ai fini avec cette question. Je m’en voudrais cependant de ne pas ajouter un mot pour clore ce chapitre.

La civilisation chinoise, c’est entendu, est non la moins ancienne, et non la moins glorieuse de l'Univers. Les Chinois ont eu des philosophes illustres. Ils ont cultivé tout ce qui ennoblit l'homme. Leur code civil, quoique ancien, ne le cède en rien, quant à la

lettre, aux codes des autres nations civilisées. La Chine a été, dès la plus haute antiquité, la grande civilisatrice de l’Extrême-Orient.

Mais à quoi, en somme, a abouti cette civilisation? Le régime chinois est-il aimé des peuples vaincus? Qui oserait l’affirmer en connaissance de cause, en particulier pour le peuple lo-lo qui nous occupe actuellement ?

Ces montagnards, aux mœurs rustiques, à la nature abrupte et peu communicative avec l’étranger, sont-ils cependant réfractaires à la Civilisation?

Nullement, à mon avis. Ils ne demanderaient que la paix, la tranquillité et une protection même relative, pour chasser de leur cœur la haine et la vengeance contre les vainqueurs.

Une administration sage, éclairée et impartiale se serait sûrement attirée leurs sympathies. A la place, ils n’ont trouvé

Vie psychique des Lo-los.

jusqu’à ce jour qu’une insigne cupidité auprès de leurs protecteurs, les fonctionnaires chinois. Qu'importent, à ceux-ci les principes?

Mandarins, grands et petits, font fi de la concorde et des principes de justice, ces vieilles bases de la vieille morale chinoise. Ne voyant dans leur situation qu’une occasion de faire fortune, ils abusent effrontément de l'ignorance ou de la timidité des Indigènes pour commettre toutes sortes d’exactions et vendre, dans les procès, la justice au plus offrant, et les plus offrants sont toujours les Chinois.

Etonnez-vous après cela, si le régime chinois est détesté.

Le nouveau Président, qui tient aujourd’hui en main les destinées de cet immense Empire, semble s’être rendu compte que la plaie, si préjudiciable à ses intérêts et à sa grandeur, réside tout entière dans la classe des fonctionnaires, chargés de l’administration de son peuple. Nombre de ses décrets, pesés à la balance du bon sens et du plus parfait désintéressement, en font foi.

Puisse-t-il être cru et obéi de tous! Puisse-t-il arriver à changer d’abord et l’esprit et le cœur des plus influents de la nation! Qu’il leur infuse une base morale sérieuse!

Pour ce faire, les principes de Confucius, quoique toujours sublimes, ne semblent plus suffisants. Ils ont fait leurs preuves.

Ne mettons pas notre foi dans la bonté native de l’homme. Nous ne sommes plus aux temps dont parle le Lou chou tsin ouen 22 : «A cette époque, où les hommes habitaient les campagnes, couverts de leur seule innocence, qui était grande, étant véritablement les fils ou les créatures du Ciel.»

Mettons notre foi das la bonté de la vie! Témoignons au peuple, au peuple vaincu surtout, notre plus vive sympathie! Apportons-lui la paix sociale, paix que seule peut donner la Pœligion, faite de justice et d’amour!

Alors, puissions-nous voir une Chine, vraiment grande et vraiment noble! Et l’Homme d’Etat qui aura réalisé cette «révolution», aura bien mérité de la Patrie! Son nom passera à la postérité plus glorieux encore que celui de tous les anciens empereurs !

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