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VII. Les Lo-lo et leurs tribus au Seu-tch’ouan

Les noms des tribus ont un sens, dont il est souvent difficile actuellement de se rendre compte, à cause du monosyllabisme de la langue, de l'abondance des divers sens représentés par le même son. Mais certainement, ici aussi bien que dans toutes les langues, ces noms ont eu un sens, une raison d’être.

Voici une liste de quelques noms de tribus lo-lo du Seutch’ouan que je reproduis pour la simple curiosité de la chose: Tribus de Lo-lo Noirs.

A-eul-hé. — A-eul no. — A-oh. — A-y. — A-tcha. — A-tou. — A-ni. — A-lo. — Oeul-keu. — Gyé-tseu no. — Gy-cheu. — Nyu. — Gou-gyé. — Hé. — Lo. — Lè-vou. — Lo-o. — La-pcheu. — Mo- H a. — Mou-keu. — Mou-zeu. — O-gu. — Ouo. — Peu-y. — Rea-lé. — Zeu-di.

Tribus de Lo-lo Blancs.

A-ga. — A-myé. — A-tsa. — A-tsyé. — A-bi. — Bou-geu. — Beu-tyo. — Cha-ma. — Ché-hé. — Cheu-dja. — Cha-ka. — Di-bi. — Di-di. — Oeul-keu. — Guo-kou. — Gya-gou. — Gya-zeu. — Gya-pa. — Ka-ma. — K’ci-la. — Kyo-gyo. — La-bou. — Lé-lé. — Mmo-euL — Mdl. — Pou-ti. — P’ou-k’a. — Si-dzl. — Tou-mou. — Tseu-kyu.

Tribus de Noirs et Blancs.

Gyé-lé. — Ma. — Peu-lo.

Tribus d’ Esclaves.

Gu-leu. — Ka.

Bibliothèque Anthropos. 1,5: Liétard, Au Yun-nan.

ARTICLE VIII

Les Lo-lo au Yun-nan.

Au Yun-nan, Igs Lo-lo, à part trois tribus, a ma connaissance du moins, n’ont pas de nom générique, pour désigner la race.

Chaque tribu emploie son nom particulier pour désigner tous les Lo-lo, même ceux en dehors de la tribu. Les A-hi, pai exemple, se désigneront sous le nom particuliei de A-hi, A hi p o et tous les autres Lo-lo seront également désignés sous ce nom de A-hi. On dira, par exemple, «Sa-gni p’o, kea-hi A-hi p o ngeu = Les Sa-gni sont des A-hi» — ce qui veut dire: «Les Sa-gni

sont des Lo-lo.»

Font exception les trois tribus des Na p ou, des Ko p ou et des Lou pou, qui se donnent le nom générique de Na-seu p ou, nom sous lequel ils désignent également tous les Lo-lo en généial.

Le P. Henri Maire, missionnaire au Yun-nan, qui vit depuis nombre d’années au milieu de la tribu des Ko p’ou dans la souspréfecture de Seu-tsong, me dit en effet: «Par ici, les Lo-lo se disent descendre de trois frères. Les descendants de l’aîné sont les Ko p’ou, les descendants du second sont les Ou-lou p ou, et les descendants du troisième sont les Na p ou. Les t ou-seu et les Indigènes riches, que nous désignons souvent du nom de «Nobles», appartiennent presque tous à cette troisième tribu. A certains endroits, les Ou-lou se donnent le nom de A-ou p’ou , ou même simplement de Lou p’ou. Les trois tribus se désignent ^ous le terme généricpie de Na-seu p ou , et ils se servent du meme terme générique pour désigner les autres Lo-lo en général.»

Ces renseignements me sont également confirmés pai le P. Badie, missionnaire à K iu-tsin fou, où il se trouve dans la tiibu

des Ou-lou.

Et moi-même, .j’ai pu constater la parfaite authenticité de ces dires dans la sous-préfecture de P’in-y, où sont représentées les trois tribus.

A. Les Na pou sont évidemment les parents de ceux appelés No-ho au Seu-tch’ouan.

Na veut dire «noir». P’ ou, c’est la particule finale servant à désigner le sexe masculin: Na pou = les Noirs.

Je n’ai pu jusqu’à présent les étudier sérieusement; mais je pense le faire dans la suite. A mon avis, l’étude sérieuse de ces Noirs, tant au Yun-nan qu’au Koui-tcheou, éclaircira notablement la question lo-lo. Tout ce que je dirai aujourd’hui de cette caste ne repose que sur des on-dit que je n’ai pu contrôler.

B. Les trois tribus Na pou, Ko pou , Lou pou, occupent à elles trois, à l’exclusion, je crois, de toute autre tribu lo-lo, presque tout l’est du Yun-nan.

Je crois bien que ces trois tribus doivent se retrouver également au Koui-tcheou. Les Lo-lo du P’in-y bien me disent en effet que les Lo-lo du Koui-tcheou leur ressemblent. De plus, M. Bourne* nous dit: «Au Koui-tcheou . . . ces Lo-lo sont divisés en trois tribus, connues en chinois par Hé, Pé et Kan (noir, blanc et sec).»

Evidemment, là-bas comme ici au Yun-nan, les Hé doivent être des Na pou, les Pé des Lou p’ou et les Kan des Ko pou. Au pays de P’in-y, par exemple, un Noir vous dira toujours: «Les Hé-y des Chinois, c’est nous autres Na pou, leurs Kan-y sont les Ko p’ou, leurs Pé-y sont les Lou p’ou.»

Et de fait, les Na p’ou , parlant chinois, se désigneront toujours sous le nom de Hé-y 2 ou ta Hé-y*, de même les Ko p’ou sous le nom chinois de Kan-y. Mais les Lou p ou eux n’admettent guère la dénomination chinoise de Pé-y 5, qui leur semble quelque peu injurieuse.

Ces trois tribus seraient-elles les seules tribus lo-lo représentées au Koui-tcheou y J ignore.

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