Observations générales
En expliquant dans les articles précédents les diverses parties dn discours, j'ai dit ou j'ai montré par des exemples, quelles sont pour chacune d’elles les principales règles de syntaxe généralement observées. J’avoue cependant qu’il resterait encore beaucoup à dire pour traiter à fond de la syntaxe lo-lo. Le temps me manque pour faire, sous ce rapport, un travail achevé et pouvant être soumis à la critique. Cependant pour permettre aux savants de mieux juger, je donnerai à la fin de ce travail un très-grand nombre de phrases types.
Auparavant je n’ajouterai donc que quelques observations générales sur la construction des phrases.
Règle générale. On énonce d’abord le sujet, puis la phrase incidente, s il y en a une, ensuite le régime direct, le régime indirect et enfin le verbe.
A. Le sujet.
Il est toujours précédé de son complément et suivi de son adjectif qualificatif.
Ex., La belle calotte de mon père = ngo3 a-bo 4 kâ 3-tou 1 tsyo'2-lou 3 ildeu\ m. à ni. (de) moi (du) père (la) calotte belle celle-ci.
Quand il n’est pas à craindre l’amphibologie, le sujet est souvent rejeté après le complément.
Ex., Qui a créé le ciel et la terre? == meu4-nyl3-mo 3 mix-bo*-do* a4-dildeu' pè3?, m. à m. ciel terre qui faire?
Je ne puis manger la viande grasse = ho 4 ts’e '-lou 3 ngo 3 dzo 4 hè lf m. à m. viande grasse moi manger ne pas pouvoir.
La langue des Lo-lo p’o.
B. Le verbe.
Il se place toujours à la fin de la phrase. Si l'on veut exprimer le présent, le passé, le futur, on fait suivre le verbe de particules spéciales. De même, l’adverbe sé 3 „ encore “ se place toujours après le verbe.
Ex., Il est en train de manger — y a 1 dzo 3 dzo 4 to :i.
L’ouvrage est terminé = mya 4 mou3 Jca 3 y ci3.
Il viendra — ya1 la3 bè3.
Il n’est, pas encore venu = ya1 n4 la 3 sé3.
Quand une phrase se termine par deux verbes dont 1 un est principal, l'autre causal, ou indiquant une possibilité, une permission, etc., celui-ci se place en dernier lieu.
Ex., Il ne faut pas exposer sa tête au soleil = vou'-di mo'-tso3 Je a'1 n’ 4 do'2. Tu es habile à parler = nyi 3 bè 3 hè1.
Si parfois une phrase semble terminée par un adjectif ou un adverbe, c’est que le verbe, suffisamment indiqué par le contexte, est sous-entendu.
Ex., Il a mauvaise réputation = ya1 mi3-da3 n’4 tsyo2.
Il a trois fils et deux filles = ya1 zo4 so3-leu4, zo4-mé 3 nneu 4.
J'ai dit plus haut que le régime direct se plaçait avant le régime
indirect. Ce rfest cependant pas une règle absolument rigoureuse.
Dans certains dialectes lo-lo, c’est même le contraire qui a lieu.
Ex., Le mandarin lui a imposé une amende de trois ligatures = dzeu4ma 4 yad-lo 3 t’o 2-ts’ê 3 so 3 tch’oua 1 fê2.
Donne-lui deux ligatures = nyi3 Vo2-ts’ê2 ni4 tch’oua1 ya'-lo" peu4.
On serait tout aussi bien compris en plaçant le régime direct après le régime indirect.
J’ai dit également que les phrases incidentes se plaçaient après le sujet. C’est évidemment la règle générale, qui n’est pas non plus d’une absolue rigueur.
Ex., Ce porc, gras à point, est bon à tuer = vè2 id-deu 1 p’a 4 to3 ya3, sè4 do2 y ci3.
Je venais à peine de me coucher, je n’étais pas encore endormi que des gens m’appelèrent = ngo3 va1 yi2 yi 3 nga 3 sé3, yi2 n’4 vou3 sé3, y a l-vè4 ngo3 io3 /don3 la3, m. à m. moi tout coucher aller être encore, coucher ne pas dormir encore, eux moi appeler venir.
Les deux époux ne sont pas d’accord = a-po'-ma3, a-pi'-ma3, ni4 me 2-yo 3, n ’4 Vo2-dè4, m. à m. mari, femme, deux époux ne pas concorder frapper.