‹ Au Yun-nanChapitre 28 sur 204 · V. CORDIER, l. e. p. 47. ** Y. CORDIER, l. C. p · texte numérisé non relu

V. CORDIER, l. e. p. 47. ** Y. CORDIER, l. C. p

ARTICLE II

Caractères morphologiques.

La taille des Lo-lo p’o à Djo-kou-la, chez les hommes formés, varie de lm51 à lm 65.

Chez les femmes, de lm 39 à lm 56. J’ai vu une seule femme de lm 63.

Djo-kou-la. est à 1440m d’altitude. Je constate que plus on s’élève dans la montagne, à I700m et 2.000 m , par exemple, plus aussi le type est grand, tant chez les hommes que chez les femmes.

Comme on peut le constater, ici en général, la femme est sensiblement plus petite que l’homme. A Kou-ti, la taille est à peu près la même parmi les deux sexes.

A La-ba, les femmes sont presque toutes de haute taille, plus haute même que chez les hommes.

Les cheveux sont noirs, mais pas de ce noir vif des Chinois: ils tirent plutôt sur le blond. Je n’ai pas rencontré de roux, comme dans certains villages chez les A-Hi du Mi-lé bien.

La calvitie, sans être commune, se rencontre toutefois chez les vieillards. La canitie est plus fréquente chez les vieilles femmes.

Bâtis droits, les Lo-lo p'o ont les membres élancés et bien musclés. Ils sont robustes, et l’on ne voit jamais chez eux l’obésité chinoise qui répugne tant à notre œil européen.

La poitrine est profonde, le visage presque ovale. Le teint quelque peu fonçé, n’a rien de la couleur chinoise. L'œil horizontal est aussi très-éloigné du type oblique chinois.

Le nez est presque droit et plus proéminent. La bouche est ordinaire avec des lèvres plutôt minces. Le menton est un peu pointu, les dents très-blanches.

N'étant pas à même de procéder à des observations exigeant des études spéciales et un outillage particulier qui n'est pas à ma

Vie physique des Lo-los.

portée, je ne veux pas disserter davantage sur ce qui a trait à l’anthropologie proprement dite. Qu’on m’excuse donc de ne pouvoir donner ici que ces quelques vagues indications.

Avant de clore ce paragraphe, je veux cependant hasarder quelques îéflexions, non pas pour le plaisir de nier ou de contredire les opinions de certains explorateurs, ayant écrit avant moi sur la question, mais pour noter seulement ce qui me paraît quelque peu in vi aisemblable dans ces opinions, tout scientifiques qu’elles soient.

Suivant les uns, les Indigènes lo-lo du Kien-tch’ang ne doivent pas être confondus avec les populations indigènes du Yun-nan, généralement désignées sous cette même appellation.

Suivant d autres, même au Kien-tch’ang, sous cette appellation de Lo-lo, on englobe des races entièrement différentes. Le vrai Lo-lo est un homme de très-haute taille; et en opposition avec cet élément vraiment noble comme physique, se présentent les pygmées

tiapus, qui constituent probablement le plus ancien facteur ethnique de l’Indo-Chine.

Suivant d’autres encore, même au Seu-tch’ouan, même les Lo-]o du P. Martin sont de faux Lo-lo, très-mélangés, métissés de toutes les races qui ont occupé la riche partie de la vallée du Ta tou ho. L’esclavage règne chez la nation des Lo-lo pour les deux sexes, et c'est là l’explication de l’existence de tant de métis disséminés dans le Seu-tch’ouan, de tant de faux Lo-lo. Cette belle îace, au Seu-tch ouan du moins, se serait mélangée avec d’autres, avec 1 autochtone, d abord; avec le Chinois, ensuite . . .!

Malgré la compétence et l’autorité dans la matière de ces savants explorateurs, je ferai remarquer que les Lo-lo du Seu-tch’ouan sont un même peuple avec ceux du Yun-nan et du Koui-tcheou. Les mœurs et la langue de tous ces individus sont trop ressemblantes pour qu'il puisse en être autrement.

Et je ne vois pas alors pourquoi il ne faut pas confondre les Lo-lo du Kien-tch’ang avec les populations du Yun-nan qui portent le même nom, et qui ne sont pas, à mon avis, ce qu’on appelle ordinairement des pygmées.

Au Yun-nan et au Koui-tcheou, tout comme au Kien-tch’ang, il y a 1° les Lo-lo que nous appelons de caste noble,

connus en

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