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IV. Alimentation

vache s’est tuée ou blessée, garde pour elle une petite provision de viande, et vend le reste dans le village. Une livre de viande se donne contre 6 livres de grains.

Dans les grandes circonstances, quand on n'a pas un petit cochon sous la main, on le remplace par une vieille vache ou un vieux bœuf. Les Indigènes, en effet, ne se débarrassent de leurs animaux, que quand ils ne peuvent plus absolument rien produire.

Souvent aussi, dans les travaux en commun, on tue une poule (yi-mo), ou un coq (yi-p’eu). D’autres fois même on se contentera d’une omelette, mais c’est plus rare.

Les Lo-lo p'o, ceux des bords des rivières du moins, mangent volontiers du poisson; ils s’en procurent par la pêche dans tous leurs moments libres.

J’ai oublié de noter plus haut que le Lo-lo p'o fait lui aussi une grande consommation du fameux fromage chinois, appelé teou-foii l. C'est, dit-on, le véritable aliment azoté de la Chine, celui qui donne au peuple la vigueur nécessaire à l'accomplissement des travaux pénibles auxquels il est accoutumé. Ce fromage est fabriqué avec le haricot jaune, petit (phaseolas flavus), en chinois hoang-teou 2, en indigène no-pi , et le fromage di djo-va. Les Lo-lo p’o le fabriquent eux-mêmes de la même façon que les Chinois.

On ne fait pas usage du thé (lo), mais on boit de l’eau fraîche (vi-dyé).

L'alcool (djeu-bè) est d'un usage quotidien. Chaque famille fait son alcool au fur et à mesure des besoins personnels. L’alcool de sorgho (Ion djeu-bè) est le meilleur et le plus commun. Mais on en fabrique aussi avec le maïs, le riz, le blé et même le sarrasin.

On rencontre assurément des individus qui ne boivent jamais d'alcool, mais le nombre en est plutôt restreint. Généralement, le Lo-lo p’o se passera de viande, mais pas d'alcool. On en boit aux repas, on en boit entre les repas, et c’est une grande et pénible privation quand on n'en a pas. Dans certains pays, à Pi-ki-tchouang, par exemple, les femmes et même les jeunes filles en boivent tout autant que les hommes.

Chez les Li-sou du Tong chan, c’est pis encore. Là, nonseulement la femme boit autant que l’homme, mais l’enfant tête

Vie physique des Lo-los.

encore que la mère, quand il pleure, lui donne déjà sa goutte d’eau-de-vie.

Le condiment le plus employé et dont on ne peut se passer est le sel (ts’o)*. ~ Le piment est aussi employé, mais n’est pas d’un usage courant. Dans les grandes occasions, on se sert de condiments achetés sur les marchés chinois, c'est assez rare cependant.

Le sucre (choii-t ci), est un objet de luxe. On en achète quelques morceaux chaque année pour les fêtes et en cas de' maladie.

Pour la cuisine, on se sert de grandes marmites en forme de calottes sphériques, semblables à celles en usage chez les Chinois.

Le îiz est cuit comme chez les Chinois. Le mais et le sarrasin sont cuits comme le riz, après avoir été préalablement moulus.

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