‹ Au Yun-nanChapitre 72 sur 204 · II. Poésie · texte numérisé non relu

II. Poésie

Chansons.

geme C.HANSON.

Jeune fille avant son mariage. ( Zo-ntè zo.)

Djo bè do-la-la!

Aimer devoir sortir-venir!

A-po, zo t’i-nyi,

Chéri, fils unique,

Djo bè é-k’a do-la-la!

Aimer devoir ici venir!

Djo lè, mya n’do!

Aimer, voir ne pouvoir!

Mo-chè yl-nè gou,

Plaque (à tisser) au fil unir,

Yl-nè yi-mo gou :

Fil vertical au fil horizontal unir:

Nyi djo ma bè

Toi aimer devoir

E-k’a do-la-la!

Ici sortir-venir!

Djo lè mya n’do,

Aimer voir ne pouvoir,

Ngo djo ga-bè.

Moi aimer presque-fini.

Nyi djo ga-bè.

Toi aimer presque-fini.

E-k’a do-la-la!

Ici sortir-venir!

Sya p’eu sya dieu nga.

Penser énormément penser mourir

Djo lè, mya n’do!

Aimer, voir ne pouvoir! [c’est,

Tcha-pè tcha tè-ko,

Cigale se faufiler en face,

Tè-ko geu-bo k’a.

En face là-bas sur.

Si-veu so-tsyé mi:

Siffler trois sifflements chanter:

Zo no y a n’djo.

Du fils oreilles elle ne pas entendre.

Eu-leu ts’a bo-djo,

Parler à voix confuse homme en-

Djo lo y a ri’ nga.

Aimer lui ne pas être. [tendre,

T’i nyé neu k’a tsyou!

Cette année fille ici triste!

Ta tsyou cho lo yi?

Sapin triste allumettes parties?

Neu tsyou no lo yi,

Fille triste malade s’en aller,

Zo ni n’ tsyou, pya!

Du fils cœur pas triste, je parie!

1) Que celui qui m’aime, vienne!

Mon chéri, fils unique,

Si tu m’aimes, viens ici!

Hélas, celui que j’aime, je ne le vois pas!

-) La plaque à tisser est intimement unie au fil,

Les fils verticaux sont intimement unis aux horizontaux: Que celui qui veut m’aimer, vienne ici!

(Je veux inséparablement être à lui!)

Vie physique des Lo-los.

3) Celui que j’aime, je ne le vois pas,

Aussi mon amour est bien près de s’éteindre.

Et toi aussi (fils unique qui doit m’aimer en ton cœur)

(Ne me rencontrant pas) ton amour doit être bien près de finir! Viens donc vite (renouons connaissance)!

4) J’aime à la folie, j'aime à en mourir,

Mais celui que j’aime, je ne le vois pas!

Une cigale se faufile en face,

En face là-bas sur la montagne.

(Cette cigale c'est moi!)

5) Elle fait entendre trois sifflements:

Le fils unique que jaime ne m’entend pas.

Et moi j’entends un homme parler à voix confuse,

Mais à quoi bon prêter l'oreille! Ce n’est pas celui que j aime!

6) Cette année, je me trouve bien triste ici!

Le sapin n’est-il pas triste quand on lui a enlevé son bois pour

faire des allumettes?

Et moi (mes années s'avancent), aussi la tristesse me rend malade ! Et le fils unique que j’aime, lui n’est pas triste, je parie!

Zo-mè zo.

6ème Chanson.

Une jeune mariée se rendant au travail. ( Li-ts'o yo.)

1) Djo peu djo cheii! Aimer énormément aimer mourir!

Mya ri do: Voir ne pas pouvoir:

F o djo cheu dé chea, Père aimer mourir et mourir,

Mo djo chea dé chea! Mère aimer mourir et mourir!

Mo lo mya ri do! Mère voir ne pas pouvoir!

2) Djo pea djo chea nga! Aimer énormément aimer mourir c’est!

Mya ri do: Voir ne pas pouvoir:

Mo djo lè k’a-da, Mère aimer (comme) de la main la paume,

F o djo lè no-pè\ Père aimer (comme) de la main le revers!

Ngo né djo ni tcho! Moi aimer (comme) du cœur le canal!

IL Poésie.

Chansons.

3) Ta de u leu-to-ya!

Ngeu deu tso tou-meu, Ngeu tso peu-lea-leu, Ngeu tso n’cheu meu y a!

4) S eu nè seu meu tch’eu, Seu dja seu wo-vè!

Neu wo-bé tsè-la,

N eu wo-to tsè-la!

5) Ll k’a vè-p’o t’i,

Neu dja neu t’i t’i!

Ts’eu-meu i-nyi k’a,

Neu seu wo-meu da!

6) A-gou dzeu ba lo,

Neu t’i dzeu n’ba!

Di- pi wo-to zo,

Neu wo-to tsè-la!

7) Ki tchè lè-k’a k’i,

N’dzo : mo lo sya!

Ho dzo a-djou dzè, N’dzo : mo lo sya!

8) Mo djo cheu dé cheu!

Vi seu vi da ko,

Mo djo, ko n’do!

Mo lo dzeu t’i nyi,

Ts’eu cho mo lo houi!

9) P’o djo dieu dé dieu!

P’o lo dzeu n’do!

Mo djo cheu dé cheu!

T’i-mo t’i-k’a nga!

Mo lo mya n’do!

Du sapin le tronc renversé!

Du sapin Ngeu tronc germer pouvoir, Le Ngeu germe abondamment,

Le Ngeu germer ne pas mourir devoir!

Aller d’autrui pays arriver,

Autrui avoir autrui déluré!

Fille indécise se trouver,

Fille fatiguée tomber!

Forêt sommet sanglier un,

Fille avoir tille une une!

D'hiver ce jour en,

Fille aller cime-montagne jusque!

Tourterelle-verte paire être,

Fille une paire ne pas être!

Tourterelle-ordinaire gémir-en-son- Fille gémir se trouver! [cœur,

Bol soutenir main-paume dedans,

Ne pas manger: mère penser!

Viande manger bâtonnets ajustés,

Ne pas manger: mère penser!

Mère aimer mourir et mourir!

Eau désirer eau boire rassasié,

Mère aimer, rassasié ne pouvoir!

Mère rencontrer un jour,

Dix tristesses mère consoler!

Père aimer à mourir et mourir!

Père près ne pas pouvoir !

Mère aimer à mourir et mourir!

Un un côté être!

Mère voir ne pouvoir!

1) J’aime à la folie, j’aime à en mourir!

Ceux que j’aime, hélas, je ne les vois plus: Mon père, je l’aime à en mourir,

Ma mère, je l’aime de même!

Mais ma mère, hélas, je ne la vois plus!

Vie physique des Lo-los.

C’est bien à la folie, c’est bien à en mourir que je les aime! Hélas, je ne les vois plus:

Ma mère, je l’aime comme la paume de ma main,

Mon père, je l’aime comme le revers de ma main!

Oui, moi je les aime tous deux comme le canal de mon cœur! Le sapin ordinaire, une fois son tronc renversé, est bien mort! Le sapin Ngeu lui, son tronc peut pousser des rejetons,

Le Ngeu, son tronc coupé, germe abondamment,

11 germe et ne meurt pas! — Et moi?

Je suis venue en pays étranger,

Ici tout le monde est déluré!

Aussi, moi, pauvre fille, je me trouve indécise,

Moi, pauvre fille, je me trouve gémissante!

Au sommet de la forêt, le sanglier est seule,

Moi aussi, pauvre fille, je suis seule, bien seule!

Et en ce jour d’hiver,

Me voilà arrivée au sommet de la montagne!

La tourterelle verte n’est jamais seule,

Moi au contraire je suis seule!

La tourterelle., ordinaire a pour habitude de gémir en son cœur, Pauvre fille, je fais comme elle!

Mon bol à riz est dans ma main,

Et je ne puis manger, je songe à ma mère!

Pour manger la viande, mes bâtonnets sont bien ajustés,

Mais je ne mange pas, je songe à ma mère!

Ma mère, je l’aime à la folie!

Quand on a soif, on boit et on est rassasié,

Moi j’aime ma mère, mais ne la voyant pas, je ne puis me rassasier! Et cependant si en ce jour, je pouvais la rencontrer,

Comme elle saurait me consoler sur toutes mes peines!

Mon père, je l’aime à la folie!

Pauvre père, je ne puis me trouver près de lui!

Ma mère, je l’aime à la folie!

Hélas, elle est d’un côté, moi d’un autre!

Pauvre mère, qu’il est triste de ne pouvoir la voir!

Li-ts’o y o.

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