Culte au Ciel
Au 1er jour de l’an, et le 15 de la 8ème lune, le chef de famille fait «l’offrande au Ciel» = Meu-nyi-mo shyé.
Sur un plateau, on dépose un bol de riz et un morceau de viande. Tenant en mains ce plateau, le chef de famille s’avance sur le seuil de la porte, fait trois grandes prostrations et élève le plateau vers le Ciel. La cérémonie est terminée. Le riz est ensuite mangé en famille; également, la viande interdite au premier grand repas, sera mangée plus tard.
Au 15 de la 8ème lune, on n'offre qu’un gâteau.
Ce Ciel, Meu-nyi-mo , objet d'un culte chez les Lo-lo p’o, est-ce simplement le ciel matériel qu'ils voient au-dessus d’eux, ou bien, est-ce réellement un «Etre supérieur», le «Grand Esprit», ou bien enfin, est-ce l’un et l’autre, confondus dans une même identité?
C/est une question bien difficile à résoudre sûrement. Cette question d’ailleurs, ces braves gens ne se la posent guère, ou s’ils se la posent, le résultat de leurs réflexions n’est pas très-lucide.
La langue, qu'on dit «l’interprète fidèle de la conscience populaire», ne nous donne aucune donnée plus sérieuse pour résoudre le problème. Ou plutôt, à en juger par les expressions populaires, suivant certaines, il semblerait que nous avons réellement affaire à un «Etre supérieur», suivant quelques autres, au ciel purement matériel.
Interrogez les plus intelligents, chrétiens ou non, peu importe, ils vous répondront: «Le Meu-nyi mo adoré par nous est le même que le Dieu des chrétiens.»
Si, au contraire, vous demandez aux moins intelligents: «Quel est ce Ciel que vous adorez?», ils vous répondent: «Mais c’est le Ciel!» — «Mais enfin, qu’entendez-vous au juste par le Ciel?» — «Nous n’en savons rien!» telle est la réponse finale.
Quoiqu'il en soit: 1° Le Ciel Meu-nyi-mo a créé les hommes et les choses à l’usage de l’homme. On entend souvent répéter: «Ts’a Meu-nyi-mo pè-lou nga — Les hommes c’est le Ciel qui les a faits.»