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III. Religion des Lo-los

Le Ciel indigné avertit les humains, et comme signe de son indignation:

A la lère lune, il fit pleuvoir à verse tout 1 jour et 1 nuit;

A la 2e lune, 2 jours et 2 nuits;

A la 3e lune, 3 jours et 3 nuits;

A la 4e lune, 4 jours et 4 nuits;

A la 5e lune, 5 jours et 5 nuits.

L’eau avait inondé la terre, mais les hommes ne se corrigeaient pas. Ils s’étaient retirés dans les montagnes, où ils mangeaient, buvaient, s’entêtant dans leur perversion.

A la 6e lune, le Ciel fit pleuvoir 6 jours et 6 nuits;

A la 7e lune, 7 jours et 7 nuits;

A la 8e lune, 8 jours et 8 nuits;

A la 9e lune, 9 jours et 9 nuits.

Alors, beaucoup d’hommes étaient morts. L’eau avait presque atteint les plus hauts sommets, où s’étaient réfugiés les derniers survivants. Mais ceux-ci ne se corrigeaient pas quand même. Le Ciel résolut de les anéantir jusqu’au dernier, sauf le frère et la sœur, à qui il conseilla de s’enfermer dans une grande calebasse, dont ils bouchèrent l’ouverture avec de la cire. C'est pourquoi on dit couramment à présent: « Meu-p’eu ts’a cheu-tchè nga = la courge-calebasse c’est la semence des hommes.»

Et Dieu fit pleuvoir de plus bel:

A la 10e lune pendant 10 jours et 10 nuits;

A la 11e lune pendant 11 jours et 11 nuits.

Les eaux avaient presque atteint le ciel. Tous les hommes étaient morts, sauf le frère et la sœur, qui voguaient dans leur calebasse.

Puis, petit-à-petit les eaux se retirent, et la calebasse aussi petit-à-petit descendit. Un beau jour enfin, la cire qui en bouchait l’entrée se fondit au soleil, et le frère et la sœur se retrouvèrent sur la terre ferme d’où les eaux avaient disparu.

Ils pensèrent bien repeupler la terre. Mais comme leurs cœurs étaient purs, ils n’osèrent se marier, étant frère et sœur.

Un jour, ils descendirent à la rivière pour se baigner. Comme des gens qui se respectent, le garçon se baigna en haut, la fille, beaucoup plus loin, en bas.

Vie psychique des Lo-los.

Et après s’être baignée, la fille éprouva en son corps quelque chose d’extraordinaire, et plus les jours s’écoulaient, plus elle constatait que son état changeait. Après 1 mois 1/2, elle eût envie de manger des choses aigres, signe certain quelle était enceinte. Mais que pouvait-elle avoir dans le ventre, elle qui jamais n’avait eu de rapports avec un homme?

N’était-ce pas plutôt un animal qu’elle portait en son sein? Un chien, un chat, un cochon, une chèvre, une vache, un cheval? Cette pensée la rendait anxieuse.

Enfin deux mois s’écoulèrent, et rien ne parut!

Ce n’est donc pas un chien que je porte en mon sein, pensa-t-elle.

Trois mois s’écoulèrent. Ce n’était donc pas un chat!

Quatre mois. Ce n’était donc pas un cochon!

Cinq mois. Ce n’était donc pas une chèvre.

Au 9e mois, son anxiété redoubla. N’était-ce pas un veau qu’elle allait mettre au monde?

Non. Le 9e mois écoulé, ce fut un bel enfant qui naquit!

Il fut évident que le Ciel permettait au frère et à la sœur de repeupler la terre!

D’après une autre version, le Ciel leur aurait permis de s’unir, dès leur sortie de la calebasse. Après neuf mois, la fille mit au monde dix enfants. Parmi ces dix enfants, un seul fut l’ancêtre des Chinois. Les neuf autres peuplèrent la terre d’indigènes. C’est pourquoi, de nos jours encore, les Chinois répètent souvent: «Kiou tchong man-y, i fen Han — il n’y a qu’une espèce de Chinois, contre neuf espèces d'indigènes.»

ARTICLE IV

Des fêtes chez les Lo-lo p’o.

1. Enumération des fêtes. — 2. Cochon du nouvel an. — 3. Ancien nouvel an lo-lo. — 4. Nouvel an chez les Lo-lo p’o. — 5. Fête des pains fourrés. — 6. Fête des torches. — 7. Fête des morts. — 8. Fête des gâteaux. — 9. Fête de la nouvelle récolte. — 10. Fêtes d’origine chinoise.

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