‹ Auber, biographie critiqueChapitre 3 sur 18 · ALDER · texte numérisé non relu

ALDER

Les concerts (ju'il donnait dans son hôtel à Paris, rue de Babylone, jouissaient d'un renom mérité, et son château de Chimay, en Belgique, contenait une salle de spectacles, avec scène aménagée pour des représentations de comédie et d'opéra. C'était là plus qu'un salon : c'était un cercle littéraire et mondain, une sorte de temple où les fidèles adoraient les Muses, et, dans le silence dune aimable paix, oubliaient l'épopée impériale et le bruit des canons. Auber ne tarda pas à devenir l'enfant gâté de la maison, l'homme indispensable aux « menus plaisirs » et autres divertissements : /naesfro di miis'ica, il apprenait leur ri)le aux artistes ; maestro conccrtatore^ il accompagnait au piano ou dirigeait rorciiesti'e: maestro tout court, il mettait à profit les leçons de son maître pour se rendre utile ou agréable. Je possède ainsi, comme autographes, telle « Romance à Madame » et telle StMénade. composée poui- un anniversaire ou un jour de fête, bouquets à Chloris où la voix du soliste, avec refrain en chœur et accompagnement de harpe, fait monter vers la divinité de l'endroit le parfum d'un agréable encens.

Parfois aussi les chants s'élevaient plus nobles et plus haut [imulo majora) et c'est dans la chapelle du château ((ue l'élève de Cherul)ini Ut entendre une messe à grand orchestre, de sa composition, œuvre de stvle ])lus sévère, de facture plus serrée, déjà })resque personnelle, ou tout au moins contenant quehjues pages remar- (]uables. si Ion songe (jue \A(/mts, ([uin/.c ans ])his lard, prit |ihict' dans la Muette de Portici pour \ l'oui--

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iiir. lion iKiiiil. comiiic on la dit quel(|uefois. 1 admirable })riè're du (|ualrièiiie acte mais !<■ liirmc de la marche it'liuieuse au premier.

Comme la cliapelle de (iliim;i\. le ihéàti'e eut égaleliiciil sa paît des iiispii'jitions du jeune compositeur, qui, sur un livret en trois actes de .Népomucène Lemei'cier, et cette fois pour orchestre complet, écrivit une partition représentée en septembre 1812. avec le prince, la princesse et M"" Pauline Ducliambi^e })Our interprètes dans les rôles principaux. J'en j>uis doinier le titre, (jue nul biographe n'a Jamais [)U cilei-. faute d'avoir eu comme moi. le manuscrit original entre les mains : Couvin. (/est une œuvre curieuse à plus dun titre, et i[ui mériterait \\\w étude spéciale, car, sous certains jappoits, elle semble plus a\ancée. plus personnelle. (|ue plusieurs de celles dont elle a été suivie pendant une dizaine d"ain](''es. Ce (|u'il y a de certain, c'est fju'Auber v revint jilus laid, et en tira plusieurs morceaux. (|ui. pourvus daulres paroles et changés de cadre, lirenl fortune.

Eniin, deux pièces instrumentales dont je l'éxèle ici pour la première fois lexistence, complètent la liste des jji-oductions d'.Vuber au «diàteau de Cliimay. L'une a précédé d un an 1 ojtéra : c'est im air de danse pour Iphigénu' en Anlidc. dal('' du '1\) octobre 1811 ; l'autre l'a suivi d un an : c est une ouverture à grand orchestre, datée du 2^ octobre 1813. Mais, à cette époque, l'Opéra- Comique lui avait déjà ou\ert ses portes; il savait tout ce que peut apprendre la théorie; il avait laissé de côté ce

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cahier cartonné de vert, datant de 1808, et appartenant aujourd'hui à la Bibliothèque du Conservatoire, où il transcrivait ses exercices de conirepoini, et oii fiji'ure une fugue hahilemcnt traitée sur un thème de Fanhka ; il pouvait penser avec raison ce que plus tanl il répétera avec modestie : (( C'est aux bonnes études que j'ai faites chez Cheriibini (jue je dois d«' hxer rapidement mes idées sur le papier, et de tr(uiver au besoin en une heure aujounlhui ce qu il m arrivait a\aiil cela de chercher des mois entiers sans le trouvi'r. » Il ne lui restait plus ([u à connaître le public et ;i se faire connaître de lui. M(''me. dès 180G, on lavait reçu dans la Société académi(iue des iMifants d'Apollon, non [)lus comme « amateur » ainsi (|u il était arrivé j)0ur son père, mais bien comme « c(tmpositeur », c'est-à-dii"e artiste militant. Jjcs aimées d'apprentissag'e avaient pris lin.

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