SAINTE-FOY
[Les diamants de la couronne,
La Fiancée du Roi de Garhc.
Jenny Bell, Le Premier jour
de Bonheur, Récc d'Amour,
Zanetta).
PRINCIPAUX ARTISTES AYANT CRÉÉ LES OUVRAGES D'aUBER
« Ou'avez-vous, comtesse ? » avec les couplets de Rafaël « 0 philosophe », la cavatine de Gai'lo « Reviens, ma noble protectrice », et par-dessus tout, avec l'exquise romance de Carlo « Ferme ta paupière ». La pièce s'est maintenue au répertoire des scènes allemandes sous le double titre de Carlo liroschi, ou de Teufel's Antheil.
Joué de 1843 a IBiJi. sans interruption, 179 lois; reprises de 1858 à 1861, 63 l'ois, et en 1868, 21 fois. Total des représentations : •263.
XXXV. La Hircne, op. comi(|ue en trois actes, paroles de Scribe. Deuxième salle Favart, 26 mars 1844.
Interprètes : Roger (Scopetto, brigand), Audran (le capitaine Scipion), Ricquier (le duc de Popoli;, Henri ;Bolbaya, imprésario), Duvernoj (Pecchione, compagnon de Scopetto); .M"'' Lavoye (Zerbina), M"'' Prévost (Matliea, servante).
Italie, les Abruzzes, époque de la Restauration.
Livret invraisemblable, bien qu'adroitement construit ; partition où les vocalises tiennent une place prépondérante, notamment dans les finales des deuxième et troisième actes. 11 faut citer le quatuor : « 0 bonheur qui marrive », les couplets de la sirène « Pi'ends garde, montagnarde ». un trio avec sa romance « De nos jeunes années », le chœur « Les chagrins, arrière! » et surtout la mélodie chantée par Scopetto « 0 Dieu des flibustiers », qui traverse tout l'ouvrage où elle est présentée tour à tour en solo, en Irio et en duo.
.loué de 1844 à l8o2, 132 fois; reprise, de 1861 à 1864. 21 fois, et en 1887, 11 fois. Total des représentations : 164.
XXXVI. La Barcarolle ou VAmour et la Musique, op. comique en trois actes, paroles de Scribe. Deuxième salle Favart, 22 avril 184o.
Interprètes: Roger (Fabio, musicien), Chaix (marquis de Felino), llermann-Léon (Cafarini, organiste), Gassier (comte de Fiesque) ; M"" Révilly (Clélia, fille du marquis), M""^ Oclavie Delilie (Gina, nièce de Gafarini, couturière).
Italie, Parme, époque de la Restaur;iliim.
Pièce injustement tombée, car le livret n'est pas ennuyeux, et la musique contient des pages bien venues, comme la tarenleUe. le chœur « Le maestru Gaffii-ini », Pair de (iina « Personne en ces lieux », le quintette et le final du second acte ; la barcarolle « 0 toi dont l'œil rayonne », sert de leitmotiv, présentée sous les formes les pins variées, tour i"! tour, suivnnt les actes, solo, duo. quintette
et sextuor. Sur les seize numéros de la partition, huit sont des duos dont six pour voix d'hommes, et deux pour deux basses, particulièrement réussis entre le maiYjuis et Cai'arini. Pas de reprise. Total des représentations : 27.
XXWII. Haydée ou le Secret, op. comique en trois actes, paroles de Scribe. Deuxième salle Favart. 28 décembre 1847.
Interprètes : Roger (Lorédan). Hermann-Léon (Malipieri . Audran (Andréa Donato), Uicquier (Uomenico) ; M"'' Lavoye (Havdée), M"-^^ Grimm{Rafaela).
Zara (Dalmatie). En mer, Venise. loOO.
Sujet tiré d'une nouvelle russe, traduite par Mérimée, Six et quatre. Livret intéressant, partition très mélodique, où presque tous les morceaux ont obtenu un succès de popularité : la chanson à deux voix « C'est la fête au Lido », les couplets de Malipieri «. A la voix séduisante ». et son air « Me voici, général ». l'air de Rafaela « Unis par la naissance », la barcarolle d'Andréa « Glisse, glisse, ô ma gondole », et tout le rôle de Lorédan, avec ses couplets du premier acte « 11 dit qu'à sa noble patrie », ceux du second « C'est la corvette », l'air du troisième « Je suis dans son palais », et la grande scène du somnambulisme « Ah! que Venise est belle! » où le chant atteint un haut degré de puissance expressive et dramatique.
Joué de 1847 à 1850, 100 fois; de 1803 à 1872 sans interruptions, 271 fois ; de 1874 à 1879, 62 fois; de 1882 à 1887, 40 fois; de 1890 à 1894, 26 fois. Total des représentations : 499.
XX.WilI. V Enfant prodirjue, opéra en cinq actes, paroles de Scribe. Salle de la rue Le Peletier, 6 décembre 181J0.
Interprètes : Massol (Ruben;, Roger lAzaël), Obin (Bocchoris), Fleurv (Aménophis), Kœnig, (iuignot. Ferdinand Prévôt (Canope, Manelhon. Sethos, prêtres égyptiens), Molinier (Nemrod) ; M"*' Dameron (Jephtèle), M'"'' Laborde iNefté), M"'' Petit-Brière (un jeune chamelier), M"'' Plunkett Léa. rôle dansé).
En Egypte, vallée de Gessen et Memphis, temps bibliques.
Livret sans action dramatique, mais bien tracé pour le musicien qui, dans le domaine de l'opéra, ne s'est jamais élevé plus haut. Les chœurs de préti'es, les fêtes du bœuf Apis, la chanson du chamelier, la marche de la caravane, les romances de Jephtéie, le grand finale du troisième acte méritent d'être rappelés. Admirablement dessinée, la figure du patriarche Kuben domine l'œuvre, avec son air du premier acte « Toi qui versas la lumière », et celui du second « 11 est un enfant d'Israël ». avec ses récits d'une sim-
plirité toute biblique : la scène finale du panlon atteint inème à la véritable grandeur.
Pas de reprise. Total des représentations : 44.
XXXIX. Zerline oïl la Corbeille d'oranges, opéra en deux actes, paroles de Scribe. Salle delà rue Le Peletier, IG mai 1851.
Interprètes : 3Ierly (prince de Koccanera), Ljons (marquis de Bultura), Aimés (Kodolphei ; M"' Alboni (Zerline). M"'' Dameron (princesse de Roccanera), M"" Xau (Gemma).
Palerme (Sicile), époque de la Restauration.
Pièce sans grand intérêt, dont le défaut est d'avoir été écrite spécialement pour sa principale interprète, lAlboni. et de contenir nombre de morceaux de facture ou de pure virtuosité. Il faut en excepter seulement le duo de Zerline et de Roccanera, où se trouve une exquise mélodie : « Souviens-toi de nos beaux jours ».
Pas de reprise. Total des représentations : 14.
XL. Marco Spada, op. comique en trois actes, paroles de Scribe et Germain Delavigne. Deuxième salle Favart, 21 décembre 1852.
Interprètes : Battaille (baron de Torrida, — Marco Spada), Boulo (Federici, son neveu), Couderc (comte Pepinelli). Natban et Lejeune (Geronio et Gianetti. bandits); M"'- Caroline Duprez (Angela. fille de Marco Spada), M"'' Favel (marquise Sanpietri. nièce du gouverneur) .
Rome et campagne romaine, époque de la Restauration.
Pièce à brigands, moins heureuse que Fra Diavolo et la Sirène. dont la scène finale reproduisait un tableau célèbre dllorace Vernel, la Confession du bandit. Musique plus habile qu'inspirée. A noter : Acte premier, couplets de la marquise : « 'Vous pouvez soupirer» ; Acte 11, une déclaration d'amour en quatre langues: russe, anglaise, italienne, française), grand et niouvemenlé final: Acte 111. chanson d'Angela « Fille de la montagne ». et scène finale noblement pathétique. (Voir n'^ XLllI).
.loué de 1852 à 1854. sans reprise ultérieure. Total des représentations : 78.
.VLI. Jeniu/ licU. op. roini(iue en trois actes, [laroles de Scrilie. Deuxième salle Favart, 2 juin 1855.
Interprètes : Faïu-e (duc de Greeiiwich), Hicquier-Delaunay ^lord Morlimer, son fils), (-ouderc (George Leslie), Sainte Foy Dodson, orfèvre) : M"'' Caroline Duprez (.lenny I5cll), M"' Boularl Henriette, sa suivante).
Londres, xviu'^ siècle.
Livret (lui peut, à certains égards, passer pour un succédané de celui de VA^nbassadrice, avec une musique moins réussie. Peu de chose à citer, hors la complainte de Jennv « Dans la rue, à peine éclairée », les couplets sjllabiques de Torfèvre. la romance pour ténor sur le chœur du God save the King. et les variations pour soprano sur l'air de Ruîe Britannia.
Pas de reiirise. Total des représentations : 36.
XLII. Manon Lescaut, op. comique en trois actes, paroles de Scribe. Deuxième salle Favart, 23 février 1856.
Interprètes : Puget (des Grieux), Faure (marquis dHérignj), Beckers (Lescaut), Jourdan (Gervais), Lemaire (Durozeau, commissaire). Duvernoy (un sergent), Nathan (M. Renaud, inspecteur des détenus) ; M"""^ 3Iarie Cabel (Manon), M"'-' Lemercier (Marguerite, ouvrière), M""*^ Félix (M'"« Bancelin, cabaretière), M"'' Belia (Zaby, esclave nègre).
Paris. Nouvelle-Orléans, xvui'' siècle.
Sujet parisianisé. et réduit aux proportions d"une comédie avec ariettes. L'une d'elles a sauvé la pièce de loubli, c'est « la Belle Bourbonnaise ». ou chanson dite de « l'Eclat de rire », qui demeure un modèle de vocalises spirituelles et joyeuses. La perle de la partition est la « Mort de Manon », page unique dans l'œuvre d'Auber par sa simple grandeur et sa réelle émotion.
Pas de reprise. Total des représentations : 63.
XLIII. Marco Spada ou la Fille du Bandit, ballet en trois actes. Livret et chorégraphie de Mazilier. Salle de la rue Le Peletier. P^'' avril 1857.
Interprètes : Segarelli ^Marco Spada), Mérante (le comte Peiiinelli, capitaine de di'agons), Lenfant (le prince Osorio. gouverneur de Home), Federici ^son neveu', Coralli ^Geronio, bandit romain), Garnier-Bertier (Fra Borromeo, trésorier de couvent) ; M">'* Rosati (.\ngela, fille de Marco Spada), Ferraris (la marchesa Sampietri, nièce du prince Osorio).
C'est l'opéra comique de ce nom. transformé en action chorégraphique, avec adjonction de fragments empruntés à Fra Diavolo et à Zerline. Joué trois années sans reprise ulléricure. Total des représentations : 27.
XLIY. Le Cheval de bronze, opéra féerique en trois actes, paroles de Scribe. Salle de la rue Le Peletier, 21 septembi'e 1857.
Interprètes : Marié (Tsing-Sing\ Sapin (Yang), Obin (Tchin- Kao), Boule (Yanko) ; M"' Marie Dussy ^Péki), M"-^^ Moreau-Sainti
(Tao-jin), M"'' Delisle ^Stella\ .M"'Dameroii l.Lo Mangli;. M'"" Ferraris (Mirra, r('ile dansé).
C'est l'opéra comique de ce nom. transformé en opéra avec l'adjonction de récitatifs et quelques modifications ou additions, notamment dans l'orchestre et dans la partie chorégraphique.
Pas de reprise. Total des représentations : 20.
XLV. La Circassienne. op. comique en trois actes, paroles do Scribe. Deuxième salle Favart. 2 février 1861.
Interprètes : Montaiibry (.\lexis Zouboff. officier', liai'ielle ilprince Orsakoff, général). Diivernoy ^Sollikoiï. capitaine), Couderc iLanskoï. peintre'. Ambroise (Perod, brigadier). Trov ^Aboul Kazim. chef circassien), Davoust (Irak, un de ses officiers •. Laget (iioudour. eunuque): 31"'- Monrese (Olga, pupille du général). ^|Ucs Prost et Bousquet (Zoloé et Neïla, femmes d'Aboul Kasim).
Caucase et Moscou, xix*' siècle.
Livret d'où Suppé a tiré plus tard sa fameuse Fatinilza, sujet scabreux, puisqu'il montre un jeune officier sous le costume féminin, et l'expose à tous les dangers de son sexe apparent. Musique agréable surtout au second acte qui se passe dans le harem. A citer au premier acte, le chœur des officiers : « Bravo, bravo ». et, au troisième, les spii-ituels couplets de Lanskoï " 11 aime trop ».
Pas de reprise. Total des représentations ; 40.
XLVI. La Fiancée du Roi de Garbe. op. comique en Iruis ades. paroles de Scribe et Saint-<!eorges. Deuxième salle l'avnrt. 1 I janvier 1864.
Interprètes : Prilleux (roi de (iarbe), .\chard don Aîvar. son neveu), Sainte-Foy (Truxillo, son échanson\ Davoust (le soudan d'Egypte , Baltaille (Kouli-Houka. corsaire malais), Duvernoy llalchi-Bounan. inian\ Nathan ^.Vli-Caphar, anachorète : M"" Cico (Figarina, ijarbiere du lîoi'. M"'' Tuai (Alaciel. fille du Soudan), M"'' Decroix Zaïda, contidenle d.MaiicI . M'" "^ l'x'Iia cl Colas ^pages du Roi' .
Uoyaume de Carbe. Epoque et lieu de fantaisie
Dernier produit de la collaboration Scribe-.Vuber. tcrniiiic. après la mort du premier, par Saint-(ieorges. Livret traité par les auteurs et le musicien, en manière dopérette. sauf dans le ([uatrième tableau, scène du corsaire qui a le caractère dramaticiue d'nii final d'opéra. A citer : au premier tableau, la romance d'.Mvai- « Tout bas je puis te dire ». et le quatuor (|ui suit, le duo du roi et de la barbiére. les couplets de Uaphacl « Ali 1 le charmant [inys! » ; au second tableau, la scène du mariage d'Alaciel, avec sa pimpante
conclusion « Allons, bravons les dangers » ; Acte II. nocturne avec la ravissante sérénade d'Alvar « 0 reine de beauté » en trio et en septuor ; Acte 111, scène des pages, ariette de Truxillo. et air de Figarina « Ali ! que de dangers en voyage ! » Pas de reprise. Total des représentations : 38.
XL Vil. Le Premier jour de bonheur, op. comicjue en trois actes, paroles de d'Ennerj et Cormon. Deuxième salle Favart, 15 février 1868.
Interprètes : Capoul (Gaston de Maillepré, officier français), Sainte-Foj (sir .fohn Littlepool) Melchissédec (de .Alaillv. officier français), Prilleux (Bergerac, officier français), Bernard (gouverneur de Madras), M"''-' Marie Cabel (Hélène, cousine de Littlepool), M"" Marie-Roze (Djelma, prêtresse indienne).
Madras (Indes anglaises), xvii^' siècle.
Livret agréable et partition richement mélodique. Le premier acte est remarquable avec son introduction habilement disposée et variée, la romance de Gaston : « .i"ai vu s'envoler ma fortune », et son brillant final ; le second acte contient deux chansons pour Hélène « Un époux chez nous » et « Susann', causons un p'tit moment ! », une pour Djelma, le fameux air des Djinns, et un brindisi pour Gaston en forme de valse sur laquelle est bâti le final. Le troisième acte compte encore un nocturne exquis pour deux voix de femmes « 0 nuit, une heure encore », le rondo syllabique de l'Anglais, et les stances touchantes de (iaston « Ce nom qui me rappelle ».
.loué de 1868 à 1870, 167 fois : reprise en 1873. 8 fois. Total des représentations : 17o.
XLYllI. Ri'ce d'amour, op. comique en trois actes, paroles de d'Ennerj et Cormon. Deuxième salle Favart, 20 décembre 1869.
Interprètes : Capoul (Marcel, jeune fermier, puis capitaine), Sainte- Foy (Andoche, paysan), Prilleux (Bertrand, fermier), (iailhard (chevalier du Bois-Joli), .lulien (Thomas, paysan), M'^'^ Priola (Henriette, marquise), M"° Nau (Denise, paysanne, cousine de Marcel), M''^-' Gérard (Marion, paysanne).
France, xviii" siècle.
Livret médiocre, musique discrète, où Ion peut signaler les chœurs du début, les couplets de Marion « Ce qu'un doit faire » et « Mon petit Andoche », le trio du troisième acte, les deux mélodies de Marcel, la dernière scène, et surtout celle de Golin-]\Iaillard qui ouvi'e le second acte. C'est, ponr.Xuber. le dernier ouvrage dramatique, le chant du cygne.
Pas de reprise. Total des représentations : 27.
AUBER b7
De ces (iiiarante-huit ouvrages, deux n'ont pas été joués publiquement et ne sont pas édités : L'erreur cVun moment et Couvin ; trois ont été composés en collaboration : Vendôme en Espagne {\néà\\) ^ la Marquise de Brinviliier.s, les trois Genres (celui-ci n'est qu'un prologue, et ne comptait qu'un duo). Deux sont des arrangements, l'un en opéra, le Cheval de bronze, l'autre en ballet, Marco Spada. A l'Opéra et à l'Opéra-Comique de Paris, ont été centenaires : la Muette de Portici foOo), Emma (181), la Neige (176), Léocadie (120), le Maçon (o2:j), Fiorella (118), la Fiancée (271), Fra Diavolo (909), le Serment (102), Gustave III (168), le Cheval de bronze (106), l'Ambassadrice (41 7 1, le Domino noir (1209), les Diamants de la couronne (379), la Part du diable (2(53) , la Sirène (164), Haijdée (498), le Premier jour de bonheur (175).