MILAN. PL
bassin uni et lisse; na/rinea elliptiques, obliques et marquées d'un pli au bord antérieur.
Langue oblongue, charnue, épaisse, arrondie par-dessous.
Bouche très-fendue.
Tarses courts, minces, écussonnés par devant, empluméa un peu au-dessous du talon.
Doigts courts, trois devant, un derrière; les extérieurs réunis à leur origine par une membrane; VirUermédiaire excédant de peu les latérauoc
Ongles médiocres, faiblement acérés.
Caractères accessoires,
A1LB8 très-longues atteignant l'extrémité de la queue, qui
est fourchue ou étagée.
La troisième et quatrième rémiges les plus longues de toutes.
Les milans se distinguent de tous les oiseaux de rapine par leurs ailes excessivement longues et par leur queue fourchue, qui permet un vol plus rapide et plus facile* Ils s'élancent sans efforts dans les plus hautes régions de l'atmosphère, se perdent dans les nues ou s'abaissent comme s'ils ne fai« saient que glisser sur un plan incliné; le yol semble être leur état naturel. Ces oiseaux ont été à tort regardés comme le symbole de la lâcheté : leur pusillanimité est plutôt due à la faiblesse de leurs serres qu'au manque de courage : leurs doigts et leurs ongles sont courts, et ne peuvent que très-difficilement saisir et retenir leur proie. Cette faiblesse de conformation dans les organes de la préhension, les oblige à fuir devant des assaillans d'une moindre taille H.N. XXIII. 21
qu'eux. Les milans établissent leurs nids dans le creux des rochers ou sur les plus grands arbres des forêts.
La mue est simple.
ESPÈCK
LE MILAN" NOIR ou PARASITE, MILVU8 ATER {MUvus œtolius, Sav., pi. 3, fig. i).
M. suprà exfusco-niger ; capite et corpore subttis albidis ; caudâ subbifurcatâ ; rostro flavo, puncto nigro ; cerâ pedibusque flavis.
Stnontm. Falco ater (adult.) uEgyptius, Forskahlii (juni.). Lnw. ;
Gmel., Syst. nat.y pag. 262, 261, 263, n**». 62, 61, 121. Falco Forskahlii, ater, parasîtîcus. Lath. Ind. OmUh.
pag. 39, 51, n<>". 36, 38, 136. Editore Johanoeau, Pa-
risiis.
MUan noir. Bupp., Histoire naturelle^ Oiseaux, pag. 203 ;
planches enluminées, 472. (Jeune.) Milan étolien, Milvus œtolius. ViEiLL., TahL eneyclop.,
tom. iti, pag. T203.
Milan étolien^ Milvus setolius. Savio., Oiieaux d'Egypte,
pag. 260, pi. 3, fig. I. (Jeune.) Milan parasite. Levaill., Oiseaux â^ Afrique, tom. i,
pag. 22.
Black Jcite. Lath. Syn. tom. i, pag. 62, et parasite faucon,
SuppL, tom. II, pag. 30.
Milan noir, Milvus niger. Bbiss., OmOh., tom. i,
pag. 4Ï3» ïi**- 34.
Le dessus de la tête et la gorge sont rayés long!tudinalement de blanchâtre et de brun; les parties supérieures sont d'un gris-brun très-foncé, les inférieures d'un brun-roussâtre avec des taches longitudinales d'un brun-noir sur le centre des plumes; la queue est peu fourchue, brune et traversée de neuf ( 22 )
MILAK. PL. 3. 323
ou dix bandes d'un gris-blanc, et terminée d'une teinte fauve et légère ; la cire et les pieds sont d un jaune-orange; Tins est d'un gris -noirâtre ; le bec noir.
La femelle est plus grosse que le mâle et n'en diffère point par la couleur du plumage.
La figure i** de la planche 3 représente un individu à Tâge de deux ans.
Cette espèce, qui est très -abondante en Egypte, en Barbarie, au cap de Bonne-Espérance, est assez rare en Europe ; elle semble se plaire davantage dans les contrées où règne constamment une haute température.
Le milan noir chasse à toutes sortes de menus gibiers : mais il préfère le poisson à toute autre nourriture ; il pêche à la manière du balbuzard, eu plongeant dans Teau.
Il fait son nid sur les arbres ou dans les anlractuosités des rochers, et mieux encore, sur des buissons, entre les roseaux, s'il trouve des marais daiis le canton qu'il habite. Sa ponte est de trois ou quatre œufs d'un blanc-jaunâtre, entièrement couverts de taches brunes tellement confondues ensemble, que la couleur du fond s'aperçoit à peine.
G&nre ÉLANOÏDE
{Blaiwidett Yieill.; ElantM, SAVia.). '
Caractères principaux.
Bec court, incliné dès la base, garni d'une cire étroite, arrondi en dessus, comprimé latéralement; narines ovales, en partie couvertes de poils.
Langue large à la base, échancrée à la pointe.
Tarses très-courts, épais, emplumés très-bas par devant.
Quatre doigts, trois devant, entièrement séparés, un derrière.
Caractères ajccessoires,
La deuxième rémige la plus longue.
Queue simplement échancrée ou très-fourchua
Les élanoïdes habitent en Afrique et en Amérique; ils se nourrissent de très-petits mammifères, d'oiseaux, de reptiles et d'insectes.
La propagation n'en est point connue,
ESPÈCE
L'ÉLANOÏDE BLAC, ELANUS C^SJUS (PI. a, fig. a).
E. corpore suprà cserulescente, subtùs albo ; alarum tectricibus nigricantibus ; macula circà oculos atrâ ; pedibus luteis.
Stncnuc. Falco melanoptenis, Sonninensis. Lath. IncU Omith.
pag- 51, 53, no». 139, 161.
Bloc, Guv., Règne animalf tom. i, pag. 33a.
Élan&lde Uac, Elanoïdes csesius. YiEiLL., Tableau a^
q/clopédique, pag. 1206.
ÉLANOIBE. PL. 3. 325
Stnontu. Couhyehf Elan us cœsius. Sayig., Oiseatix (T Egypte, p. 276, pi. 2, fig. 2.
Blac. Levaill., Oiseaux d^ Afrique, tom. i, pi 36 et 37.
Le sommet de la tête^ le dessus du cou, de la queue, le dos, les rémiges sont d'un cendré -bleuâtre; les couvertures des ailes d'un noir profond; le pli de Taile, la gorge, la poitrine, les flancs, Tabdomen, les plumes des cuisses, des jambes, et la queue en dessous sont d'un blanc pur ; la cire, la base de la mandibule inférieure et les pieds sont jaunes.
La femelle ne diflfère du mâle que par sa taille qui est un peu plus forte.
Les jeunes sont, en naissant, couverts d'un duvet gris-roussâtre ; ce duvet est remplacé plus tard par des plumes qui, sur le manteau, la tête et le derrière du cou, prennent une forte teinte roussâtre : la poitrine est alors d'un beau roux-ferrugineux, et le reste du blanc est légèrement de cette même couleur.
Le blac est répandu dans toute l'Afrique ; on le rencontre depuis l'Egypte jusqu'au cap de Bonne- Espérance : il est commun en Egypte et en Barbarie.
Les insectes sont sa principale nourriture.
Il établit son nid entre les branches des grands arbres ; sa ponte est de quatre œufs entièrement blancs.
Genre HIBOU
(O^M», Ccv.; Strix^ ViEiLL., Temm., Lin.; Bubo^ Savig., Bbiss.).
Caractères principaux.
Bec court, crochu, incliné dès la base, garni d'une cire molle, couverte par des plumes cétacées dirigées en avant, épais, comprimé latéralement; mandibule supérieure à bords dilatés; Vinférieure droite, obtuse, échancrée vei-s le bout; noHnes elliptiques, cachées sous les plumes.
Langue épaisse, charnue, obtuse, pourvue de deux côtes en dessous.
Bouche très-fendne.
Tarses et doigts entièrement couverts de duvet.
Quatre doigts, trois devant et un derrière; Vintennédiaire uni au doigt externe par une membrane ; celui-ci versatile.
Ongles forts, crochus, aigus, rétractiles.
Caractères accessoires.
Première, deuxième et troisième rémiges échan crées près de
la pointe.
Yeux grands, dirigés en avant, et placés dans des orbites
larges, concaves, entourés d'un disque de plumes roides
et décomposées.
Conque de Toreille s'étendant en demi-cercle depuis le bec
jusque vers le sommet de la tête, et garnie en avant d'un
opercule membraneux.
Tête grosse, surmontée de quelques pluines ohlongues,
formant aurdessus des sourcils deux aigrettes mobiles
redressables et auriculiformes.
Les hibous ou chouettes à aigrettes sont comme presque toutes les espèces du grand genre strix des
oiseaux de proie uocturaes, qui chassent au lever de l'aurore, au crépuscule tombant, et lorsque la lune répand sa clarté. Leur énorme pupille laisse entrer tant de rayons qu'ils sont éblouis par une lumière trop forte ; et pendant que le soleil est sur l'horizon, la plupart se retirent dans des trous d'arbres ou de murailles : quelquefois ils se tiennent blottis sur de grosses branches, et c'est alors que les petits oiseaux peuvent les insulter impunément. Mais cette vue, que le trop grand éclat offusque, s'exerce parfaitement et avec un immense avantage à une faible clarté. Le peu de force qu'a chez eux l'appareil du vol, et leurs plumes à barbes douces, veloutées et finement duvetées, les mettent aussi à portée d'approcher sans bruit de leur proie, et de fondre sur elle à l'improviste. Quelques espèces font cependant exception à cette loi générale, et jouissent même, en plein jour, de toutes les facultés de la vue; elles poursuivent leur proie à tire -d'ailes ou la guettent dans l'épaisseur des forêts : telles sont les har&ngs, les chouettes -éperviers. Les hibous et les chouettes ne se réunissent jamais en troupes ; on les rencontre presque toujours seuls, ou par paire composée du mâle et de la femelle. Les fentes de rochers, les masures, les poutres des vieux édifices, les creux des arbres, sont les lieux où ces oiseaux de nuit font le plus ordinairement leurs nids, qu'on trouve aussi quelquefois dans des touftes d'herbes ou dans des trous que certaines espèces creusent elles-mêmes en terre. Leur ponte est de deux à quatre œufs.
Les petits naissent couverts d'un duvet épais» L'ouverture de la bouche des chouettes étant très-grande, elles peuvent avaler leur proie en entier : aussi rejettent-elles, après la digestion des chairs, les os, les poils ou les plumes en pelotes arrondies. Tous les accipitres nocturnes ont les deux mandibules mobiles, comme celles des perroquets. De cette conformation résulte un craquement produit par le froissement des mâchoires, et qu'ils font entendre quand ils sont attaqués ou frappés de quelque objet nouveau; ils hérissent en même temps les plumes, étendent les ailes, se redressent, prennent des postures bizarres et font des mouvemens ridicules. La mue n'a lieu qu'une fois l'année.
ESPÈCE
LE ranOU ASCALAPHE oC D'EGYPTE, STRIX ÀSOÀLAPEUS
(Bvho ascalaphus, Sav., pi 3, fig. 2).
S. auricularum pennis nuinQrosis ; corpore âavo, dorso ei pectoie ex fusco maculato; abdomine lineis transversis undulatis; caudâ subttis albidâ, strjiis tribus aut quatuor transversisque fuscis ; rostro fusco ; unguibus nigris.
Stnoktm. Ch'and Etbou à huppes courtes^ Strîx ascalaphus. Cuv.,
tom. I, pag. 328.
Hibou cLScdlaphe ou d^Égypte^ Strix ascalaphus. YiEILL.,
Tàbl, encyclop., tom. ni, pag. 1276.
HiJxm d'Egypte^ Bubo ascalaphus. SaTIO., OU. d^Êgypte^
pag- «95» pl- 3» fig- «• Hibou à huppes courtes, Tbmm., planches coloriées, 57.
Tout le plumage est d'un fauve-roussâtre. Les plumes du dos^ des couvertures des ailes et des
côtés de la poitrine, sont variées de fauve, de blanc et de noir; cette dernière couleur domine surtout sur les côtés de la poitrine : le dos et les ailes sont vermiculés; les plumes du ventre sont très-finement découpées à leur extrémité, et terminées par un petit filet d'un Imin-ûoirâtre ; la queue est blanchâtre en dessous, avec trois ou quatre raies transversales, étroites et brunes ; les joues sont d'un rouge briqueté clair.
On rencontre le hibou ascalaphe en Egypte, dans TAsie mineure, en Perse, en Turquie; et, si Ton en croit Pennant, il se trouverait dans quelques pays du centre de l'Europe, car il dit l'avoir reçu d'Ecosse.
n se nourrit de taupes, de rats, de souris, de mulots, de petits oiseaux et d'insectes.
La propagation est inconnue.