L. GuiMiiAL'i). — .\uget de Montyon
il était fils de Jean-Baptiste-Robert Auget, et de Marie-Anne Pajot.
Sainte-Beuve a dit fort joliment, en parlant des Pajot, qu'ils appartenaient à la bonne bourgeoisie, « celle qui a ses armes au besoin * ». On en pourrait dire autant des Auget : leur noblesse n'était ni très légitime, ni très ancienne, ou plutôt, elle tirait sa légitimité d'un abus et d'un abus qui ne remontait même pas aux Croisades. C'est, en elFet, en 1554, par lettres patentes du 14 janvier, enregistrées au parlement de Paris, le 7 février, que le roi avait érigé en baronnie k la seigneurie de Monthion en Brie »> ^; l'érection était faite en faveur d'un certain Simon Chevalier •*, qui parait ainsi avoir incarné le premier et seul baron de Montyon vraiment authentique. En 1709, les héritiers de Simon Chevalier vendirent la seigneurie à Jean Auget, grandpère de Montyon. Mais l'acquisition d'une terre noble n'anoblissait pas et ne donnait le droit d'en porter ni le nom, ni le titre; l'ordonnance de Blois, de 1579 ', avait formellement rap-
sans en donner d'ailleurs aucune preuve : voici, au surplus, Texlrait de baptême de Montyon, tel qu'il le fit lever, en 1768, au moment de son ck'iiart pour l'Auvergne.
Extrait des registres de la paroisse de Saint-Jean-en-Grève, à Paris.
L'an mil sept cent trente-trois, le samedi vingt-sixième jour du mois de (k'-cembre a été baptisé Antoine-Jean-Baptiste-Robert né d'aujourd'liuy, lils de Messire Jean-Haptiste-Robert Auget, Chevalier, seigneur et baron de Monthion, Cliambry et autres lieux, Conseiller du roy en ses conseils, maistre ordinaire en sa chambre des Comptes, et de Dame Marie-Anne Pajot du Bouchet son épouse, demeurant rue Sainte-Croi.\-de-la-Bretonnerie, de cette paroisse : le parrain, Messire Antoine-Henry Pajot du Bouchet, che\alier, demeurant rue Barbette de celte paroisse, la mari-aine, demoiselle Marie Cousinet, fdle majeure, demeurant rue Sainte-Croix et paroisse, qui ont signé.
CoUationné à l'origiiaal et délivré par moi, vicaire de la dite paroisse soussigné, à Paris, le 3 août 1768.
Signé : Greuzard.
La date de naissance indiquée par cette pièce est confirmée par celle que déclare Montj'on lui-même aux auteurs du certificat de vie que nous avons cité dans la note précédente.