‹ Auget de Montyon, 1733-1820Chapitre 100 sur 224 · L. GuiMBAtD. — Augel de Monlyon · texte numérisé non relu

L. GuiMBAtD. — Augel de Monlyon

Pour la deuxième fois, depuis qu'il était entré dans l'administration, Montyon délibéra s'il se soumettrait ou se démettrait. L'étatde sa santé, toujours fort ébranlée, lui conseillait le repos; ses blessures d'amour-propi^e saignaient encore. « J'ai vu l'intendant, note d'Albertas, le 4 septembre 1773 : il croit que M. l'archevêque et M. de Marsan sont les seuls qui ont occasionné son changement, mais il est encore incertain s'il ira à La Rochelle '. »

Une fois de plus les amis de Montyon durent s'interposer, négocier, marchander peut-être avec le ministre. Quoi qu'il en soit, le pauvre magistrat se résigna, et peu de jours après, le 30 septembre, d'Albertas écrit à nouveau, dans son journal :

On conserve à M. de Montyon le même traitement qu'il avait à Aix, et à M. Sénac, le traitement qu'avait M. de Montyon. On a calculé que ce changement d'intendance coûterait au roi 70.000 livres. M. le Contrôleur Général a écrit à M. de Montyon : « J'ai rendu compte au roi, monsieur, que vous acceptiez La Rochelle : il me charge (le vous en témoigner sa satisfaction : il vous assure le même revenu (ju'en Provence, vous promet la première grande intendance, et, comme l'air de la mer est contraire à votre santé, il vous permet de vous absenter de La Rochelle, toutes les fois qu'elle l'exigera 2. »

1. Journal des nouvelles du marquis d'Albertas. t. IV, p. 1587.

2. Ihid.. p. 1592. D'Albertas n'a donné ici qu'un résumé de la lettre ministérielle, dont voici le texte :

Paris, le 20 septembre 1773.

Monsieur,

J'ai rendu compte au Roy de vos dispositions, j'ai informé Sa Majesté que votre zèle pour son service, vous fait accepter et trouver honorable toutes les places où vous pourrez contribuer au bien de l'Etat, mais que les accidents de crachement de sang auxquels vous êtes sujet, ne vous permettent pas de compromettre au climat de La Rochelle, une poitrine encore mal rétablie. Sa Majesté me charge de vous mander que son intention, en vous nommant à l'intendance de La Rochelle, est de ne vous la confier que jusqu'à ce qu'elle puisse réaliser le Ron qu'elle vous a donné pour la première intendance frontière qui viendra à vaquer. Sa Majesté a voulu qu'en attendant cet événement votre zèle et vos talents ne restassent pas sans objet, et puisque le climat de votre nouvelle Généralité vous est contraire, Sa Majesté trouve bon que jusqu'à l'exécution des assurances qu'elle vous adonnées, vous n'y résidiez qu'autant que vous y trouverez votre santé intéressée : du reste, je vous ai déjà mandé que votre traitement pécuniaire sera le même que celui dont vous jouissiez en Provence ; et même, Sa Ma-

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