‹ Auget de Montyon, 1733-1820Chapitre 105 sur 224 · Archives de la Charente-Inférieure, C · texte numérisé non relu

Archives de la Charente-Inférieure, C

4. Voici quelle fut la sentence de Montyon : « Quoiqu'il ne soit pas d'usa^'e de faire mettre les armes du Roi, dans les é},'lises dont il n'est pas seigneur direct, je crois cependant que le respect dû à la majesté royale doit empêcher aucun tribunal de prononcer que les armes de France seront biffées, en quelque lieu quelles aient pu être apposées. D'après cela, je crois que ce serait un grand service à rendre à Si"' la marquise d'Alcme que de lui faire entendre combien la conduite de son juge la compromettrait, si cette affaire allait plus loin. » Archives de /a Charente-Inférieure. C. 174.

absolument étranger à toute mesure de rigueur ou d'intolérance, envers les protestants de ce pays. Et pourtant la persécution des re/iV/ionna/re^ appartenait encore dans l'Aunis et la Saintonge, à un passé récent.

Le 25 août 1733, le chancelier d'Aguesseau, le grand d'Aguesseau, avait écrit par ordre de Fleury à l'intendant Barentin : « Son Eminence est persuadée, comme je le pense aussi de mon côté, que le ministère de MM. les Intendants est très souvent nécessaire pour contenir les religionnaires dans leurs devoirs, et surtout pour les obliger d'envoyer leurs enfants aux catéchismes et aux écoles '. » Depuis cet ordre, les intendants s'étaient faits les instruments zélés de Fintolérance, condamnant « les prédicants » à l'amende, à la prison, ou même à la mort, enfermant dans les couvents les mères ou les filles de zélateurs^ interdisant aux religionnaires la vente et l'acquisition de biens immeubles 2. Le 18 juillet 1773, à la veille même de la nomination de Montyon en qualité d'intendant d'Aunis, son prédécesseur, Sénac de Meilhan, recevait du duc de la \'rillère les instructions suivantes : « Je pense qu'il est bon de réprimer les protestants de Royan, parce qu'ils donnent trop de publicité à leurs exercices et que l'impunité ne sert qu'à les fortifier dans leurs erreurs : ainsi j'écris à M. de Montmorency •' que je pense qu'il est à propos de faire murer leur temple : vous voudrez bien vous concerter ensemble sur cet objet '. »

Avec Montyon, rien de semblable : il n'existe plus le moindre signe qu'un religionnaire ait été vexé soit dans sa personne, soit dans ses biens; on devine que Malesherbeset Turgot ont trouvé, dans le nouvel administrateur de l'Aunis, un fidèle partisan de leur propre tolérance.

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