‹ Auget de Montyon, 1733-1820Chapitre 120 sur 224 · Mémoires de M"'" d'Oherkirch · texte numérisé non relu

Mémoires de M"'" d'Oherkirch

2. Sénac de Mcilhan, Considérai ions sur l'Esprit el les Mœurs.

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Cette conduite de la part de l'un et de l'autre m'a loujouis paru ce qu'il y avait de plus opposé à l'essence de la cour. La cour est un composé de gens de différents ordres qui s'y rassemblent, soit pour y être attachés par des charg-es ou des emplois à la personne du souverain, soit pour s'en faire connaître et parvenir à s'en faire distinguer et récompenser directement, soit enfin pour se servir du crédit des ministres grands seigneurs et parvenir à leurs fins. Toutes ces différentes manières d'être de la cour donnent une idée de dépendance graduée qui constitue essentiellement la cour... Cette dépendance générale, à laquelle on se plie presque sans y penser, entraîne inévitablement une sorte decontrainte et la cour est nécessairement le séjour de la contrainte : elley naît d'abord de la distance immense (juil y a du maître au courtisan, ensuite de la différence des rangs plus marquée que partout ailleui's, entre les princes, les grands seigneurs, les gens de condition, la petite noblesse, les parvenus '.

On ne sétonnera pas de retrouver Montyon parmi ces louangeurs du passé et ces défenseurs d'une hiérarchie sociale :

Louis XVI, écrit-il, dans une page demeurée inédite, n'avait ni les défauts, ni les avantages de son prédécesseur; sa figure n'était pas sans beauté, mais manquait de dignité. Sa physionomie était sans expression ; son rire le déparait et annonçait l'absence de la pensée, son ton était commun, sa plaisanterie lourde et offensante; cependant il n'était point sans esprit ; il avait de la mémoire, des connaissances, un jugement sain, mais que souvent il négligeait de mettre en action ; ses intentions devaient le faire aimer et respecter; tandis que ses formes le rendaient désagréable et empêchaient que son aspect inspirât respect ni crainte, et cet extérieur est d'un grand effet sur les peuples, surtout sur le peuple français...

Les princes, grands par eux-mêmes, respectables par de grandes actions, célèbres par de grands succès, peuvent s'arroger le droit de s'affranchir de cette représentation, mais Louis XVI n'avait poinV cette prérogative que confère la renommée ; cependant ce prince, dès le commencement de son règne, s'est soustrait avec sa famille à 1 1 gêne de ce genre d'existence, et ne s'y est soumis que pour des occasions extraordinaires. La liberté et la commodité d'une vie particulière ont été préférées ; à l'exemple du souverain, les grands sei-

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