‹ Auget de Montyon, 1733-1820Chapitre 122 sur 224 · Mémoires de M"' de Genlis · texte numérisé non relu

Mémoires de M"' de Genlis

2. Bachaumont, par exemple, écrit à la date du 2â janvier 1780 : " Entre plusieurs concurrents pour la place de chancelier de M. le Comte d'Artois,

tèrent de ne pas entendre clairement une afTaire qui paraît avoir été traitée de part et d'autre, avec un sentiment très juste à la fois et très élégant des nécessités de lexis-tence.

Jacob-Nicolas Moreau a essayé de caractériser, d'un mot, la maison du comte d Artois : « Tous les gens de bien de cette maison, écrit-il, passaient pour des pédants ; tous ceux qui amusaient Son Altesse étaient les seuls fêtés '. » Gela pouvait être exact vers 1775 ; mais cela ne Tesl plus autant vers la fin de

A cette époque, en effet, le comte d'Artois s'avise, pour la première fois, de jouer à l'homme d'Etat et de devenir chef d'intrigue : il prend ouvertement la tête du parti hostile à Necker ; jusqu'à la Révolution, c'est lui qui conduii'a contre ce ministre le bataillon des défenseurs de l'absolutisme royal, des ennemis de toute réforme. Il mènera la charge vivement, violemment, en véritable petit-fils d'Henri IV ; il y mettra la furia.^ le panache, l'air de fronde, voire l'insolence -.

Mais, comme à toute révolte il faut une théorie et de soidisant principes, comme on est, d'autre part, dans un siècle où les petits écrits passent, non sans raison, pour les signes avantcoureurs des grands événements, le prince ne dédaignera plus d'avoir près de lui des têtes solides et bien meublées, des ouvriers de plume. Dans Bagatelle, ce délice, on trouvera quelque coin pour disposer la table à écrire de M. le Chancelier de Montyon, ce « pédant », et peut-être même le pupitre du sieur Bourboulon,

on est surpris de voir M. de Monthion, celui dont ce prince fit sauter la perruque, il y a quelques années : il paraît cependant que c'est lui qui l'emporte. » Mémoires secrels. t. XV.)

La maison du comte d'Artois, né le 9 octobre 1757, avait été formée par déclaration du roi du 17 octobre 1773. Elle comportait, notamment, un Conseil ayant à sa tète un chancelier, avec 8.000 livres de gages, et composé de trois conseillers, six maîtres des requêtes, un procureur, un avocat général. Elle procurait à ses membres les mêmes privilèges que la Maisoia du roi. (De W'arroquier de Combles, État général de la France, 1789,1. I, p. 309.)

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