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à l'état de manuscrit, Montyon ne semble point les avoir fait lire avant 1787. Mais, à cette dei'nière époque, les semencesjetées par Necker semblent avoir germé : Galonné vient de réunir une assemblée de notables, son successeur à la tête du ministère, Loménie de Brienne, ne parle de rien moins que d'assurer la continuité des conversations entre le Roi et son peuple, en remplaçant les notables de Versailles par autant d'assemblées qu'il y a de provinces; Laurent de Villedeuil, enfin, le nouveau contrôleur général des finances, « son intendance à peine échangée contre un portefeuille », s'empresse de remettre au roi un mémoire sur « l'inutilité des intendants ' ».
C'est le moment que choisit courageusement Montyon pour produire son travail et l'offrir à Loménie en personne : il s'en tire d'ailleurs en termes fort heureux :
J"ai fait serment, monseigneur, écrit-il, lorsque j"ai été reçu conseiller d'Etat, de faire connaître au roi tout ce que j'estimais intéresser le bien de son service ; et un serment ne me paraîtra jamais une vaine formalité. D'après cette opinion, j'ai cru, en 1784, devoir rédiger des observations sur les assemblées piovinciales ; c'est a cette époque qu'a paru un ouvrage célèbre qui contient le panégyrique de ces établissements ; cependant comme ces assemblées navaient alors qu'une existence provisoire, je n'ai pas jugé nécessaire que mes observations sortissent de mon portefeuille ; aujourd'hui que Sa Majesté est disposée à établir ces assemblées pour toujours, et dans toutes les provinces qui n'ont point d'états, je crois avoir un devoir à remplir.
Si je suis dans l'erreur, du moins, je donne la preuve du zèle que me permettent mes lumières et qui ne peut avoir aucun inconvénient.
Ces observations, monseigneur, sont con traires sur plusieurs points aux vues que vous avez adoptées et annoncées ; c'est un motif de plus pour vous rendre dépositaire de mon travail.
S'adresser à vous pour vous contredire, c'est rendre hommage à votre caractère ; je me flatte que vous agréerez cette marque de confiance et de l'espect.
17 mai 1787.