Correspondance secrète, 23 décembre
4. V. l'ouvraf^e de MM. Cabanes et Nass, La névrose révolutionnaire et celui de M. Francisque Mè^e, La grande peur.
5. Cet étrange portrait de Montyon est tiré d'une lettre du conventionnel Le Bon, citée par MM. Cabanes et Nass, dans leur ouvrage La névrose révolutionnaire, p. 109. « Il est bien évident que la lettre de Le Bon fut écrite postérieurement à Tannée 1789, à une époque où la guillotine fonctionnait déjà. Mais elle est la preuve d'une impopularité qui devait remonter assez loin ; elle montre aussi comment se formaient et se forment encore les légendes, puisque Montyon n'était ni comte, ni gros, ni même dodu.
6. V. Ernest Daudet, Histoire de l'émigration pendant la révolution française.
même, Monlyon, dont nous connûmes déjà le si ferme courage, se fût sans doute confiné dans le nouvel et somptueux hôtel qu'il venait d'acquérir et de restaurer, rue de Grenelle ', plutôt que de fuir devant la condamnation prononcée par un tribunal anonyme. Mais il fut averti par le comte de Provence, en personne, quil courait un sérieux dang^er ; il quitta Paris précipitamment, le 23 juillet ^.
Pour qui vient de retracer aussi longuement que nous Tavons fait, la carrière courue par Montyon aux côtés, ou plutôt dans l'ombre du comte d'Artois, de 1781 à 1789, une question se pose : Gomment tant d'efforts sont-ils restés inutiles? L'ambition de Montyon se haussait certainement jusqu'au ministère, sinon jusqu'au contrôle général : quelles circonstances l'ont arrêté sur un chemin dontil avait mesuré la longueur et compté les difficultés? Pourquoi, en un mot, demeure-t-il un personnage de second plan ?
Il n'y a point là, comme on l'a cru et comme on l'a dit souvent, un effet de sa modestie ou de son désintéressement naturels. Modeste, il l'était, sans doute, en ce sens qu'il se montra toujours difficile pour lui-même, et ne se considéra jamais comme ayant atteint le haut idéal qu'il s'était proposé. Désintéressé, il l'était, en ce sens qu'il préférait généralement l'honneur à l'argent. Mais il connaissait son mérite personnel, il savait sa valeur, et de la voir inemployée, il souffrit cruellement toute une partie de sa vie. Il aimait aussi la gloire, tenant les titres et les dignités à un très haut prix et professant, au besoin, que le roi devait récompenser par de vaines louanges les services qu'il ne pouvait pas payer en monnaie.
Il faut donc bien mal connaître le chancelier du comte