‹ Auget de Montyon, 1733-1820Chapitre 139 sur 224 · Honstetten, apiid Sainte-Beuve, loc. cil · texte numérisé non relu

Honstetten, apiid Sainte-Beuve, loc. cil

3. Nous trouverons bientôt ce terme méprisant sous la plume du régisseur Fiacre Parain.

4. La correspondance de Montyon avec ses fermiers, sous l'ancien régime, appartient, tout entière, ainsi que nous lavons indiqué au commencement du ch. iv, aux Archives de Seine-et-Marne; à compteide 1789, elle appartient, pour une portion aux Archives de Seine-el- Marne, E. 82, et pour l'autre portion, aux Archives de i Assistance Publique, à Paris. La raison d'une telle dispersion est facile à saisir : afin d'éviter des frais de port, qui étaient considérables et qu'augmentait encore la multiplicité même de ses lettres d'affaires, Montyon avait accoutume de diviser en deux parties égales, et de haut en bas, le papier sur lequel on les écrivait : dans la partie de gauche, l'expéditeur de la lettre donnait les nouvelles, posait des questions, mandait ou demandait les ordres ; dans la

maintenant reproduire, dans leur disposition originale \ les pièces de cette correspondance, en les encadrant parfois des éclaircissements indispensables.

Parain régisseur du domaine de Montyon-en-Brie, et principal repi'ésenlant du maître, à plusieurs lieues à la ronde ^, mande les événements qui suivirent la nuit du 4 août, et voici, en regard, ce que Montyon répond :

23 août 1789. — Dimanche J'ai écrit à ce sujet; mon in-

dernier 23 de ce mois d'Août, tention est et doit être de me écrit Parain, il a été publié au conformer à tout ce qui sera orprône de la messe paroissiale un donné, édit ou déclai'ation contenant dixneuf articles, entre autres, la suppression des justices des seigneurs; un autre article, la des-

partie de droite, le destinataii-e faisait la réponse. Les lettres dont Parain et autres fermiers prirent l'initiative, leur revinrent, avec la réponse de Montyon, " à mi-marge », elles furent mises sous séquestre, chez eux ou au château, quand Montyon fut déclaré émigré ; emportées au district de Meaux, elles furent enfin versées dans les Archives départementales. Au contraire, les lettres dont Montyon était l'expéditeur, lui furent retournées par ses fermiers, toujours avec la réponse « à mi-marge », et il les garda dans ses papiers, que possèdent maintenant les .\rchives de FAssislance Publique. M. Fernand Labour n'a connu que les premières et n'en a cité qu'un petit nombre ; toutes les secondes sont inédites.

1. Nous entendons par disposition originale, la division de la plupart des pièces en deux parties symétriques, telle que nous l'avons décrite dans la note précédente. ^L F. Labour n'a pas cru devoir reproduire cette disposition. Nous en usons autrement, non seulement par scrupule d'exactitude matérielle, mais parce qu'il importe à la mémoire de Montyon et à celle de ses correspondants, de présenter leurs lettres telles qu'ils les ont écrites. Bien souvent, les vivacités ou les demandes des uns, expliquent les réponses de l'autre, ou vice versa.

2. Fiacre Parain était régisseur du domaine de Monthyon-en-Brie depuis 1781 {Archives de Seine-et-Marne, E. 81). A cette date, il avait remplacé un vieux serviteur des Auget, Châtelain, dont nous avons parlé plus haut. C'était presque un illettré, quand il débuta dans l'emploi : en tête de chacun de ses livres, Montyon se trouvait obligé de lui tracer la besogne,

ihid., E. 82\ Mais il s'était formé peu à peu, et, en 1787, il ne devint rien moins que maire du village ihid., E. 821. Il résilia d'ailleurs ses fonctions, avant la Révolution. M. F'ernand Labour l'a représenté comme un de ces domestiques d'ancien régime, dont la fidélité résiste aux plus dures épreuves et défie le temps lui-même. Nous verrons plus loin qu'il en faut rabattre. Fiacre Parain laissa, il est vrai, chanter le coq républicain, sans pour cela renier son maître : mais il le renia, sous la Restauration, après fortune faite. Une mérite donc pas les couronnes que lui tresse M. Fernand Labour.

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