‹ Auget de Montyon, 1733-1820Chapitre 148 sur 224 · L. GtiMBAun. — Aufjel de Montyon · texte numérisé non relu

L. GtiMBAun. — Aufjel de Montyon

Voici en effet, un échantillon delà conversation qui s'engage entre le maître et le régisseur, à la date du l*^"" juillet 1792 :

Je n'ai pas pu faire autrement; tout le monde est mal à son

Vous me mandez que vous vendez argent comptant, mais qu'il faut attendre pour les paiements, cela implique contradiction. Vendez argent comptant je vous lai déjà mandé plusieurs fois. Si on avait vendu comptant lorsque je l'ai mandé, j'aurais évité des discussions, des pertes. J'aurais été payé en argent et non en assignats, ou du moins dans un temps où les assignats ne perdaient que 5 ou 6 %, au lieu de ce qu'ils perdent aujourd'hui. Ayez plus de docilité, plus de confiance.

cet effet, chez Vermeille, le boulanger, et Tocu, le boucher. Des attributions de secours en arge^it étaient faites par le receveur. Le Normand, qui en tenait registre et' fournissait, tous les quinze jours, des états dont voici un échantillon :

Du 10 mai 1789.

Charités faites aux pauvres de la paroisse de Chambry, du iO mai 17S9, de la part de Mgr le baron de Monthion.

1° Donné à la fille Godard, vieille âgée environ 60 ans,

la somme de 2 livres

2» Etienne Chambault et sa femme 3 »

3° François Godard et sa femme 1 »

4° Nicolas Cellier dit Colette 2 »

5° La Veuve Denis Audry dite fin lîluteau 2 »

6° Christophe le Blanc, Veuve, donné 2 »

Somme totale 12 »

Je soussigné Le Normand, lîeceveur des droits seigneuriaux de Mgr le baron de Monthion, reconnais avoir reçu de M. Bourette la somme de douze livres portée au présent mémoire ci-dessus, à Chambry, dix may mil sept cent quatre vingt neuf.

Le Normand, Receveur.

Si l'on veut bien réfléchir que la paroisse de Chambry comprenait environ 400 habitants, parmi lesquels on doit compter, au plus, 40 ou 50 indigents, si l'on songe, que deux livres en 1789, équivalent, à peu près, à 4 fr. de notre monnaie, on apercevra que Montyon donnait régulièrement, plus qu'une commune de la même importance n'accorde aujourd'hui.

MONTYON PENDANT IJl RÉVOLUTION

Pour les luzernes, j'ai bien regret que vous ne les ayez pas détruites. J'avais mes raisons; ne vous permettez jamais de rien faire contre ce que je mande.

Pourquoi vendre à Pierre Boucbet? J'ai déjà dit de ne pas vendre à ceux qui me doivent.

Faire observer à Pierre Bouchet, qui est maire, les bontés qu'on a eues pour lui.

Je pense que Monsieur en écrivant a voulu s'amuser : il pense autrement qu'il n'a écrit cet article.

Pierre Bouchet ne doit à Monsieur que 60 et quelques livres et il est en état de vous payer 10.000 livres, s'il vous les devait comptant.

Je n'ai pas seulement envie de lui en parler : laissez le tranquille '.

Le 14 juillet la conversation contiuue, et, plus que jamais elle menace de tourner à Taisfre :

Monsieur, si les ouvriers avaient de quoi vivre ils ne demanderaient pas d'acompte ; d'ailleurs, il ne vous en coûte pas davantage.

Je vous ai mandé, passé la Saint-Martin, de ne donner aucun acompte sur les ouvrages, qu'on ne fournisse les mémoires ; vous me répondez que la misère est trop grande ; cela n'a pas de sens; la misère n'empêche pas de donner des mémoires ; exécutez ce que je vous mande, et, au lieu de vos réclamations perpétuelles, ayez plus de docilité 2.

1792, 21 juillet.

Enfin les 21 et 28 juillet, Monlyon se livre à des récriminations telles, que Parain, exaspéré, oublie d'un coup, toute mesure, et perd jusqu'au respect.

A Verny, District de Gex.

Je vous mande qu'on m'a ma n- Ceux qui vous ont mandé cela

dé qu'on voulait m'imposer à ne savent rien encore ; dès qu'il

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