Archives de l'Assistance Publique
Eux-mêmes disent que beaucoup de mauvais citoyens de la paroisse les conseillent de faire ces mauvais procédés envers Monsieur, cependant ils savent très bien que Monsieur n'est point émigré.
A Chambry, les volontaires ont volé les pigeons du colombier de votre ferme ; et ils en ont presque point laissé dans le colombier. -
Les volontaires du château sont entrés aussi dans la laiterie de Platteau et ont pris ou bu le lait et mangé les fromages en plusieurs fois, de manière que nous avons été contraints de faire sceller des barreaux de fer, que hous avons trouvé dans le grenier, à la ferraille ; ils nous ont contraints aussi de faire -ôter les girouettes des deux tourelles du château ; jai averti le couvreur de les v-cnir ôter, ce qu'il a fait. Platteau sa femme et sa fille sont bien tourmentés avec tous ces gens-là, quoiqu'ils les traitent avec la plus grande douceur, et les meilleurs procédés.
Vous pouvez. Monsieur, juger vous-mêmes comliien nous '»sommes exposés : à tous moments, l'on nous fait des menaces et nous sommes contraints de prendre toutes les choses comme elles nous sont données ; enfin, Monsieur, voilà l'état actuel de notre situation, il faut tout endurer et ne rien dire ; l'on pense que si les volontaii'es s'en vont qu'il en reviendra d'autres après eux, de manière qu'il ne faudi'a pas nettoyer, ni ranger le château que l'on ne soit sûr qu'il n'en viendra pas d'autres *.
De Chambry, les nouvelles n'étaient point meilleures :
Présentement, écrivait Le Normand, régisseur de ce domaine il y a ici des volontaii-es ; Monsieur étant émigré, au dire des citoyens de Chambry, les citoyens leur commandent de jeter des arbres des grands chemins en bas, pour leur chauffage, et môme (pour mettre) dans les remises ; j'ai voulu soutenir les intérêts de Monsieur : on m'a répondu que je soutenais les aristocrates, et, par ce moyen-là que j'en étais un aussi. On n'ose leur rien dire ; à ce moment, les plus forts sont les maîtres, on ne. peut parler -.
Ces récits laissèrent pourtant Montyon fort maître de soi : dans les citoyens qui mettaient à sac son château et son arsenal, dans les militaires qui exerçaient leur valeur contre les girouettes de ses tourelles ou les arbres de ses futaies, il n'aperçut que des pillards profîlaul d'un moment d'anarchie ; avec la