‹ Auget de Montyon, 1733-1820Chapitre 158 sur 224 · Archives de Seine-et-Marne, E · texte numérisé non relu

Archives de Seine-et-Marne, E

■3. Archives A^ationales, Emigrés et condfimnés, papiers séquestrés.

272 CHAPITRE Vlll

pressant, impérieux, comminatoire : « Il me faut absolument de l'argent, je ne saurais faire sans cela. »

D'où provenaient donc les sommes ainsi réclamées? Etaienlce des fermages, des produits de régie directe, des droits acquittés ? auquel cas, il faudrait croire qu'à la veille même de la confiscation de ses biens, et, dans le temps où la propriété semblait le plus improductive, Montyon trouvait encore le moyen d'en tirer pied ou aile. N'étaient-ce pas plutôt le résultat de réalisations hâtives, semblables à celles que presque tous les émigrés ont tentées, avec plus ou moins de succès? Dans l'ignorance où nous sommes des comptes détaillés de Fiacre Parain ', pendant la période révolutionnaire, il est impossible de répondre catégoriquement à ces questions. La vérité est peut-être que Montyon perçut le cens et les rentes féodales jusqu'au moment de leur abolition par la Législative, c'est-à-dire jusqu'en 179"2 ; dans la partie du domaine de Monthyon-en-Brie, qu'il s'était réservée et que ses gens exploitaient, il tint aussi la main à ce que les ventes de récoltes fussent efîectuées régulièrement. Dès les premiers jours d'août 1789, il se débarrassa, enfin, de toute sa cavalerie et de presque toutes ses voitures ^ ; ainsi se trouve expliquée, en partie, l'importance des sommes que lui firent passer, à Lausanne d'aboixl, à Verny ensuite, tantôt M. de Ghenevière, son homme d'alFaire de Paris, tantôt Fiacre Parain, son receveur de Monthyon-en-Brie, tantôt Le Normand, son receveur de Ghambry.

Si pourtant l'on réfléchit que le total approximatif de ces sommes dépasse un million de francs, l'explication paraît insuffisante. Il faut chercher d'autres sources de l'afflux énorme qui gonfla tout d'un coup la bourse de notre émigré, il faut découvrir d'autres causes à ce mouvement considérable de capitaux. Et, en efl'et, c'est bien de capitaux qu'il s'agit ; depuis d'assez longues années, et s'il était possible de préciser, nous dirions, depuis 177.3, Montyon s'était constitué l'un des banquiers de la noblesse française. Profilant de la gêne, ou même des ban-

1. V. plus loin, ch. x comment ces comptes n'ont jamais été retrouvés, même du vivant de Montyon.

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