Archives de Seine-et-Marne, E
queroutes dans lesquelles furent jetés par le jeu, la prodigalité et mille autres désordres, les contemporains d'un Galonné ou d'un Loménie, il leur avait consenti des prêts matériellement gaj^és par quelques bonnes hypothèques, et solennellement constatés dans des actes notariés. Il avait, en outre, accoutumé de compliquer ici la forme ordinaire du contrat de prêt, par l'adjonction de ce qu'il appelait un billet d'honneur. C'était une sorte de reconnaissance \ dans laquelle l'emprunteur se déclarait Foblig-é d'un prêteur, plus empressé à faire plaisir qu'à gagner de l'argent, et se disait tenu par les lois de l'honneur d'observer la lettre du contrat de rente, préalablement conclu. Sans doute, Montyon prévoyait-il qu'en cette foule de débiteurs blasonnés, dont le plus illustre s'appelait Philippe d'Orléans -, il se trouverait quelque jour un Don Juan récalcitrant aux demandes de M. Dimanche ; il espérait alors en appeler, du grand seigneur, contempteur des lois civiles, au gentilhomme, respectueux des lois de l'honneur.
Il avait compté sans la Révolution^ sans les assignats et sans l'agiotage qui suivit l'institution du cours forcé. Celle-ci ne profita pas seulement aux manants de la veille ; elle eut aussi le succès de transformer en spéculateurs heureux un assez grand nombre de nobles, voire même d'émigrés. Ces lecteurs de Cazalès ou de l'abbé Maury ne dédaignèrent pas d'acheter dans l'ombre et à vil prix, le papier-monnaie, dont ils critiquaient
1. Voici un échantillon de ces billets dont les Archives de l'A.isislance Publique possèdent un très g^rand nombre :
Je soussigné, Aug. Nicolas, Jean de... caution solidaire de 'SI'"' de.... ma mère, suivant acte ici la mention de l'acte de prêt), considérant que .M. de Montyon n'a prêté à ma mère, à mes frères et à moi que pour nous obliger, qu'il pouvait faire de ses fonds un emploi plus avantageux et qu'il les a laissés stériles pendant du temps, par considération pour nous, contracte par le présent écrit une obligation d'honneur et promet sur foi de ma parole d'honneur, d'e.xccuter strictement toutes les conditions et stipulations portées au dit acte.
Fait à Dijon, le 21 mars 1788.
{Archives de l'Assistance Pui)li(iue. Dans toutes les citations relatives aux débiteurs français, nous supprimerons les noms de ces derniers, caibeaucoup d'entre eux ont laissé des descendants qui vivent encore. Nous n'userons pas de la même discrétion à l'égard des débiteurs suisses, parce que leurs noms ont déjà été publiés par ^I. Aloys de Molin, op. cit.)