‹ Auget de Montyon, 1733-1820Chapitre 160 sur 224 · L. GuiMD.\uD. — Auget de Montyon · texte numérisé non relu

L. GuiMD.\uD. — Auget de Montyon

274 CHAPITRE VIIl

si furieusement rémission, el de payei' en vignettes républicaines ce qu'ils avaient jadis emprunté en beaux louis d'or aux armes de France. Devançant la date du remboursement, ils efFectuaient ainsi une opération dont les bénéfices peuvent être évalués à la moitié du montant de leur dette, puisqu'on janvier, février et mars 1792, les assignats perdirent progressivement 35, 40 et 47 % de leur valeur nominale.

Dès le mois de juillet de la même année, nous surprenons làdessus les justes doléances de Montyon: « Les cours des assignats, au-dessousde la valeur de l'argent, ont engagé mes débiteurs de France à me rembourser », écrit-il, dans certain mémoii'e destiné à la juridiction vaudoise '. Et sur un ton plus intime, presque paternel, le voilà qui supplie nommément l'un de ces débiteurs si empressés à se libérer :

Je suis persuadé, lui mande-l-il, que vous pensez trop honnêtement pour vouloir profiter de l'avantage de payer en valeurs illusoires ce qui a été fourni en valeurs réelles, et manquer à la foi d'une convention où vos auteurs n'ont obtenu mon argent qu'à titre d'amitié et en vertu dune confiance particulière ; vous ne vous joindrez pas à la République, pour partager avec elle mes dépouilles '^.

Vaines objurgations, inutiles prières. Les remboursements en assignats continuèrent de plus belle et Montyon dut placer hors de France- — après une opération de change pi^obablemenl coûteuse — les sommes ainsi récupérées. Il y mit le zèle qu'il montrait généralement pour les affaires; en peu de temps, les caisses des banquiers étrangers, qu'elles fussent allemandes, sardes, vénitiennes ou même américaines, se trouvèrent grossies de ses dépôts, les études des notaires regorgèrent de contrats de rente ^ et de dossiers à son nom,

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