Aloys de Molin, op. cit., p
2. Archives de V Assistance Publique, brouillon d'une lettre à M. G. de G. le 16 août 1792.
3. Une fois achevée la liqnidation de la succession Monlyon, les placements faits à l'étranger, pendant l'émigration, apparurent dans toute leur importance, et l'Assistance publique donna le tableau suivant [v. la brochure intitulée : Testament Je M. le baron Aiicfet de Montijon et pièces relatives aux legs par lui faits aux indigents de la Ville de Paris et aux
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Il n'est pas jusqu'à ses amis qui ne se virent contraints d'accepter des mandats officieux : leur correspondance avec lui forma un mélange surprenant et épais de chiffres, de supputations, de détails matériels *.
Parmi ces histoires de gros sous, quelques-unes méritent d'arrêter le biographe : ce sont celles dont la Suisse devint le théâtre et que les tribunaux de cet état furent appelés à éciaircir.
Aussi bien, Montyon plaçait-il dans les Suisses une particulière confiance : les vallons de l'Helvétie formaient à ses yeux lun des derniers boulevards de la vertu, et nous avons de lui la note suivante, contemporaine de son séjour à Lausanne : « Les
Académies, Paris. Imprimerie de M""" Huzard, née Vallat la Chapelle, rue
de l'Eperon, n° 7, 1823) :
Angleterre 2.216.191 fr.Ol
Amérique 605 . 364 32
Lubeck 254 54
Pays-Bas, Russie, Louisiane 462.995 65
Saxe et Prusse 106.916 72
Suisse 60.870 60
Toscane 164.427 76
Total : ' 3.617.020 6Ô~~
Mais ce n'est là qu'un froid résumé, qui laisse de côté les nombreuses créances non recouvrées, et qui, faute de détails, ne donne pas une idée exacte de l'étonnante activité d'atï'aires dont Montyon fit preuve, dans le temps de son exil. Peut-être jugera-t-on mieux de cette activité, d'après la liste des seuls placements elVectués dans le pays de Vaud, pendant une année à peine, par l'intermédiaire des notaires de Lausanne. Nous empruntons ladite liste à l'ouvrage déjà cité de M. Aloys de Molin, p. 39 : 1" « Contrats sur Mestrezat, les 20 avril et 20 août 1790 ; 2° Contrats sur M. Bertrand d"\'verdon, les 23 mai et 23 août 1790; 3° Contrat sur M. de l'Harpe, de Yens, le 14 septembre 1790 ; 4° Contrat sur M. David Daniel Jaquemat. bourgeois de Monlricher, le 11 janvier 1791 ; 5° Contrat sur M. Rodolphe Peynier, bourgeois d'Echallens, le 27 avril 1791 ; 6o Contrat sur M. Jacques Gottofrey, notaire et conseiller à Echallens, le 27 avril 1791 ; 7" Contrat sur M. Jean Gabriel Duchesne de Tolochenez, bailliage de Morges, le 10 juin 1791 : 8° Contrat sur les Juriens, de Villars-Ie-Terroir, le 11 juin 1791 •; 9° Contrai sur les Metiraux, de Villars-le-Terroir, le Il juin 1791 ; 10° Contrat sur Christinet, de Béguins, et consorts, du 19 mars 1792. » Chaque jour, ou presque, amenait comme on voit, quelque nouvelle négociation : encore la liste de M. Aloys de Molin n'est-elle pas complète ; il la faudrait augmenter des contrats Quiblicr, de Beraux et Gamocns-la-Villc ,29 mars 1702 qui appartiennent à la Bihliolhèqiie rie Génère, et dont nous parlerons |)lus loin, du contrat sur les Intéressés dans les mines de BnnviUiird (25 octobre 1791) qui appartient aux Archives de l'Assistance ['iihliiiue, et, pnjbablement de beaucoup d'autres que nous n'avons pas découverts.
1. Voir notamment, dans Aloys de Molin, op. c/f., la correspondance avec la famille de Sévery, à Lausanne.
gens les plus méchants deviennent ici bons et pacifiques, les scélérats perdent leur audace et leur désir de nuire ; les déserteurs français se fixent et, munis de l'argent qu'ils avaient reçu pour leur engagement, ils deviennent honnêtes, travailleurs, réguliers dans leurs mœurs. Dans toute la contrée, on respire la probité *. » Pour peu qu'il en eût retrouvé la minute, voilà certes un jugement que notre homme aurait vivement réformé quelques années plus tard ! A peine venait-il, en efîet, de quitter Lausanne pour Verny, qu'il éprouva, une première fois, comment la vertu helvétique ne le cédait à aucune autre, sous le rapport de la fragilité : il eut un grave différend avec certain banquier vaudois du nom de Strout, et dut entamer de ce chef un procès interminable '■'. Entre temps, il avait gagné Londres; dans le moment qu'il y rêvait peut-être encore d'une Suisse à jamais devenue l'asile de la paix, ce pays ne lui ofTrit plus que débiteurs infidèles, hommes d'affaires négligents ou irritables, amis sans zèle ni dévouement.
On était au commencement de 1798 ; préparée à la française, par des commerçants libéraux et des basochiens besoigneux, protégée par une armée de Français, celle de Brune, la révolution vaudoise venait d'éclater, et s'attachait avec une ardeur de néophyte à tout copier de la nôtre, le bon, le mauvais, parfois le pire. Quand Brune entra dans Berne, le 5 mars, précédé de ' fanfares qui sonnaient l'hymne des Marseillais », il laissait, à la vérité, sur ses derrières, une république de plus, celle du lac Léman, mais il y laissait aussi les acteurs et les ferments ordinaires de la guerre civile : bourgeois ambitieux de gouverner, paysans avides de posséder, hobereaux philosophes et, par suite, résolus à tous les sacrifices civiques, pourvu qu'il ne leur en coûtât ni un sol, ni un cheveu. Aux bourgeois furent données les places; aux féodaux menacés d'expropriation, on promit des indemnités. Quant aux paysans, comme on ne leur