‹ Auget de Montyon, 1733-1820Chapitre 168 sur 224 · Aloys de Molin, op. cit., p · texte numérisé non relu

Aloys de Molin, op. cit., p

'2. Bibliothèque de Genève, M. ce. 2.3 a.

aucune bonne raison de respecter dans Montyon un des mag'istrats de l'ancienne France, et qui venaient d'ailleurs de commencer pour leur propre compte, l'apprentissage de l'égalité. « Vous abreuvez de dégoûts notre gestion », s'écrie le notaire Barbey, dans une lettre du 26 novembre 1805 ' ; quant à Charles de Constant, ses origines, sa qualité d'ami déjà ancien, sa situation mondaine, l'autorisent à le prendre de plus haut encore ; il ne se gêne donc nullement pour se départir à l'occasion a du ton de politesses distinguée » qui régnait ordinairement dans ses lettres, et, c'est d'un cœur léger autant que dune plume alerte, qu'il tinit par renvoyer Montyon à ses chères études"^.

Aussitôt qu'une conversation d'afTaires tournait ainsi à l'aigre, le parti de notre singulier plaideur était d'ailleurs très vite pris; il changeait de mandataire; en 1801, il remplace Cuesnoud par Barbey, en 1804, il adjoint à Barbey qu'il trouvetrop indépendant, Févot, qu'il juge à peu près vide : en 1806, il remercie à la fois P'évot et Barbey, pour ne plus se fier qu'à Charles de Constant ; en 1808, il se brouille avec ce dernier, lui envoie du papier timbré, et revient à Barbey : on croirait des valets qu'un maître irascible casse aux gages ^.

Mais c'est surtout aux débiteurs eux-mêmes que Montyon finit par être redoutable. Cet homme peu processif de sa nature, et qui se vantait, tout à l'heure, de n'avoir presque jamais plaidé, devint le plus tenace et le plus acharné des adversaires, à partir du moment où on l'eut contraint de faire front. Et lui qui semblait jadis ne rien attendre de bon d'une justice dont il avait sans doute mesuré l'infirmité, il prétend maintenant éprouver tous les moyens de procédure, il veut parcourir tous les degrés de juridiction. Point de délais, surtout, ni d'attendrissements. A une vieille amie. Madame de Sévery, qui intercède pour un certain Pinquelet, il répond en invoquant « la nécessité de poursuivre un homme qui ne s'est point mis en règle et

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