V. Ernest Daudet, op. cit
lion, une fortune singulière '*. Retiré à Londres, où il payait Tamour de M""' de Lamothe, en corrigeant les libelles de celte personne contre Marie-Antoinette, il s'était d'abord mêlé de conseiller d'Artois parcorrespondance. Puis au mois de juin 1790, ayant rejoint les princes à Goblentz, il n'avait pas craint de devenir le Maître Jacques de leur politique, remplissant, à la fois, les fonctions de ministre des affaires étrang-ères, de ministre de la justice, et de ministre de la g'uerre. En 1793, le Comte de Provence, devenu régent, s'avisa de le renvoyer à ses plaisirs, et de former un conseil exclusivement composé d'anciens et graves magistrats. Soit qu'il en ait conçu du ressentiment, soil qu'il ait eu quelque autre sujet de plainte, Galonné médita des projets de vengeance, et, revenu à Londres, il y publia, à la fin <le 1795 et au commencement de 1796, sous le titre Tableau de V Europe ', une critique fort cavalière du Manifeste royal du 24 juin. Il soutenait que lancienne Constitution, prônée par ce document, n'existait à la vérité dans aucun dépôt d'archives, et voici sur quel ton de persiflage, il raillait le morceau d'éloquence que Louis W'Ill avait signé :
Après avoir cherché pendant quarante ans cette antique Constitution, le reposoir de cette arche sainte à laquelle il n'est pas permis de toucher, je n"ai rien trouvé, et ne sais encore, ni quand, ni où elle est fixée...
Les points cardinaux de la Constitution et les règles du Gouvernement politique, les appuis de la liberté et les sûretés de la propriété, l'ordre des Assemblées nationales, leur formation et leurs droits, la promulgation des lois et les fonctions des Corps qui en sont dépositaires, les bases du pouvoir dimposer, et celles de la faculté de représenter, l'hérédité même du trône, et la disposition qui en exclut les femelles, appelée je ne sais pourquoi, la Loi Salique, enfin tout ce qui devrait former le corps des maximes fondamentales de l'Etat, n'a de système que dans une tradition.
Après s'être ainsi lestement divei'li, aux dépens de son ancien maître, Calonne concluait :