‹ Auget de Montyon, 1733-1820Chapitre 197 sur 224 · PnrlicularUés. p · texte numérisé non relu

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ministère. Quand il reçut la nouvelle qu'il était nommé ministre de la marine, il dit ; au moins Je ne retournerai plus à Limoges. M. de Maurepas, qui désirait entourer le trône d'hommes vertueux, l'appela au ministère. Madame la duchesse d'Anville, admiratrice enthousiaste de M. Turgot. en avait parlé avec ce sentiment à M. de Maurepas, qui avait pris l'opinion de cette duchesse et de sa société, pour une opinion générale et nationale. D'ailleurs M. de Maurepas, parent des de La Rochefoucauld et des Mailli, avait pour eux une grande déférence et cherchait à s'identifier avec ces maisons, dont l'alliance illustrait la famille des Phclippeaux.

Voici maintenant Calonne : quand pourrions-nous apprendre à le bien connaître, sinon dans le moment qu'il berne les notables, après une série de nuits passées au tripot, ou dans l'instant qu'il dresse une table à jouer parmi les derniers apprêts de sa noce ?

Il avait fait convoquer les notables pour un jour indiqué, puis il est obligé de retarder leur assemblée sous prétexte d'indisposition, parce qu'il a prostitué une partie de ses jours et de ses nuits au jeu, ou à un autre genre de récréatfon. A l'ouverture de cette assemblée, il se passe une scène qu'on aurait peine à croire si elle n'avait eu tous les notables pour témoins : lorsqu'ils sont en place, et attendant que M. de Calonne expose son plan, et mette sous leurs yeux les objets de leurs délibérations, il ne comparaît point à l'heure donnée ; on est obligé de l'envoyer chercher par trois fois. Enfin il parait, et dit, qu'il n'a achevé que la veille le mémoire à présenter aux notables ; qu'il l'avait remis à quatre commis, réunis à la même table, pour le copier pendant la nuit, que les quatre commis se sont endormis, qu'une des lumières est tombée sur le manuscrit et l'a brûlé en entier. Il était impossible de témoigner aux notables une plus grande confiance dans leur crédulité.. .

Lors de son premier mariage, le repas de noce fut donné dans la maison d'un de ses parents. M. de Calonne s'y livra à une partie de jeu : quand l'heure de la retraite fut arrivée, on l'en avertit par plusieurs observations, qui n'eurent aucun effet ; ensuite on le lui dit positivement : il demanda un moment de délai ; ce délai passé, il en demanda un autre, puis un autre encore. Enfin la mère de la mariée insistant sur le départ, il la pria de monter dans sa voiture avec sa

fille, et l'assura qu'il y serait aussitôt qu'elle ; mais il les oublia, et il fallut enfin que les parents réunis le chassassent de la chainl)re, et le portassent dans le carrosse où il trouva la mariée fondant en larmes '...

Nous venons d'analyser brièvement le dernier des ouvrages de Monlyon qui ont été publiés. Eut-il tort de s'arrêter en si bon chemin ? Les nombreux manuscrits qu'il a j^ardés dans son porleleuille méritaient-ils d'en sortir ? Nous ne le pensons pas. Le meilleur de ces manuscrits est un volumineux essai sur \n Révolution, qui ne renferme rien de plus, ni rien de moins que le Happort au roi ; beaucoup d'auti'es représentent seulement des ébauches, des notes de travail, des « extraits « de lectures, parfois même de simples copies ^. Sans nous y arrêter, nous passerons de suite aux distinctions et récompenses académiques que Montyon rechercha et obtint, pendant l'émigration.

Dès 1792, et avant même d'être passé en Angleterre, Montyon avait mérité un prix de l'Académie Française, pour un mémoire concernant V Influence de V Amérique sur la politique, le commerce et les mœurs de l'Europe 'K Ce fut là sa véritable entrée dans le monde, des lauréats, puisqu'en 1777. V Eloge de Michel de VHôpilal ne lui valut quun accessit. Encouragé par le succès, il s'inscrivit, à Londres, parmi les attachés libres du Bureau d Agriculture, auquel il fit diverses communications : une comparaison entre V Angleterre et la France lui valut notamment les remerciements du bureau et les honneurs d'une

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