Aloys de Molin. op. cit., p
3. F. Labour, op. cit., p. 111. M. Labour fait grand état, à ce sujet, d'un pouvoir donné à Parain par Montyon. le 29 avril 1813, et qui autorisait l'ancien régisseur à recevoir, aux lieu et place de son maître, des arrérages de rentes. M. Labour en conclut presque que Montyon voulut ressusciter l'ancien régime en son entier, l^ien n'est plus inexact. Des arrérages de rentes viagères ne sauraient être confondus avec des rede^'ances féodales, et Montyon fait lui-même la distinction, dans le curieux document que cite ^L Labour.
de bonne foi, et l'acquéreur de mauvaise foi, il divise les possesseurs de ses anciens biens en deux catégories : ceux qui les ont acquis dans les formes légales, et qui en ont payé le juste prix, en or ou métal précieux ; et ceux qui les possèdent en vertu de l'usage, ou bien après en avoir payé le prix avec des assignats. Aux premiers, il ne réclame rien; pour les seconds, il ne dissimule pas le dessein où il est de leur faire rendre gorge ; et à Fentendre, poursuivant de ses réclamations et de ses doléances, tant de gens qui n'ont vu et apprécié, dans la Révolution française, qu'un heureux moyen d'enfler leur bourse, ou d'arrondir leur champ, on dirait qu'il ignore cette loi historique d'après laquelle tout bouleversement politique dissimule plus ou moins l'expropriation d'une classe par une autre classe.
Voici, le cas de maître Tassu, notaire à Marcilly, qui a été « chargé jadis de percevoir, pour M. de Montyon, divers cens, surcens et rentes ». Il en a rendu compte à son heure, c'est-àdire un peu avant le départ de son client pour la Suisse; Montyon voudrait qu'il complétât ce compte et fît connaître, sinon sous la forme d'espèces sonnantes, du moins sous la forme écrite, ce qu'il a recouvré depuis. Il faut voir l'indignation du tabellion*. Jamais, à l'en croire, on ne comprit si mal le rôle des Révolutions et celui des Restaurations qui les suivent ! La Révolution de France ne lui a-t-elle point brûlé tous ses papiers, « et principalement ceux qui avaient rapport à la féodalité » ? A quoi servit l'œuvre réparatrice de Napoléon, à quoi pourrait servir celle que Louis X\'III se propose, dit-on, d'accomplir, sinon à le consolider dans sa situation de heatus possidens, et à légitimer, pour ainsi dire, son usurpation ? Et Montyon a beau s'indigner, il a beau écrire, en tête de la lettre de maître Tassu : Tassu se refuse à rendre ce qu'il a reçu ' en conscience, il devrait savoir ce qu'il a reçu et le rendre ; ce n'en est pas moins lui, Montyon, qui a tort, et qui donne ici l'impression d'un vieil homme « dépourvu de tout esprit d'à propos» ; une fois de plus, il devrait savoir qu'en tout temps et en tout pays, les propriétaires conservateurs sont formés de révolutionnaires enrichis. . .