‹ Auget de Montyon, 1733-1820Chapitre 205 sur 224 · Archives de V Assistance Publique · texte numérisé non relu

Archives de V Assistance Publique

Voici encore le cas de Fiacre Parain ; en 1793, quand son maître l'ut déclaré éniij;ré, ce prétendu modèle des vieux serviteurs' avait fait arrêter les comptes de son administration, par les officiers du district de Meaux^, c'est-à-dire par des personnes fort ignorantes des droits de Montyon et des créances qu'il possédait. Ainsi mis en règle avec la République, Parain s'était retiré dans son propre domaine, où il semble avoir mené une vie fort indépendante. De lui comme de Tassu, Montyon voulut obtenir en 1818, non point même de l'argent, mais tout au moins le détail du compte, rendu au district de Meaux ; cette pièce lui paraissait indispensable à la mise en ordre de paperasses fort embrouillées. Presque tous les jours, il ordonne donc qu'on la réclame, et sans cesse, on lit en tête des instructions qu'il continue de donner fort nombreuses à son secrétaire : « Parain a-t-il payé son reliquat? Ses comptes détaillés sont nécessaires pour décomposer les autres comptes de ceux auxquels j'en demande» ; ou encore : « Parain a communiqué l'arrêt de compte, mais il n'a pas produit le compte, et alors, il faut lui demander de m'en remettre le montant, s'il ne l'a pas remis à la République ».\'aines recommandations! Soins superflus 1 Parain prit à peine celui de répondre qu'il était honnête homme et que l'arrêt de compte signé des officiers de la République le mettait au-dessus du soupçon. Un jour vint où Montyon n'y tint plus ; il saisit lui-même la plume, et il écrivit à son régisseur :

Rue de l'Université, 23, Paris.

1818, 21 mai.

Je vous ai déjà écrit plusieurs fois pour avoir connaissance de la recette que vous avez faite de mes revenus depuis que je me suis éloigné de Paris, dans le temps de la révolution. Vous m'avez envoyé copie de l'arrêté de votre compte par le district de Meaux, mais vous ne m'avez point envoyé le compte que vous avez rendu et qui contient les renseignements qui me sont nécessaires. Je veux que vous m'en donniez communication, vous me mandez que vous êtes

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