‹ Auget de Montyon, 1733-1820Chapitre 209 sur 224 · Ihid · texte numérisé non relu

Ihid

une Charte et des Chambres, si la France possède déjà son ancienne constitution et ses états généraux ?

Encore qu'il le mît « au nombre des bonnes actions de sa vie », Montyon ne publia pas ce dernier essai : aussi bien, la forme en offrait quelque chose d'un peu vieillot ; pour prêcher René, — même alors que René comptait quarante-sept ans — , Montyon avait jugé nécessaire de prendre le ton de Chactas, et les façons de Nestor ; il avait donc imaginé une fiction d'après laquelle, du fond des Champs-Elysées, « M. de Machault, contrôleur général, secrétaire d'Etat de la marine, ministre d'Etat : garde des sceaux de France », mandait à Chateaubriand son sentiment sur la Charte et les choses du temps ; fort satisfait de son artifice, il avait même préparé sous le titre : Avis de V éditeur, le préambule suivant :

Lors de la suppression des anciens parlements, en 1771, il a paru des lettres de M. de Machault, sur cet événement ; la partie éclairée du public s'est aperçue que ces lettres n'étaient point de ce ministre, mais y a reconnu ses principes : l'ami du roi et l'ami du peuple, le défenseur des droits du trône dont le maintien est utile au bien de l'Etat, le censeur des coups d'autorité et des voies illégales.

Si les lettres que je produis aujourd'hui ne sont pas plus que les précédentes de l'auteur dont elles portent le nom, elles ne sont pas moins l'expression de ses pensées, de ses paroles, de ses écrits ^.

Et certes, quand on lit aujourd'hui de semblables morceaux, on est tout prêt d'applaudir à la modestie de Montyon et à la prudence qui lui firent conserver en portefeuille les Lettres de M . de Machault. Le temps était passé de ce genre d'ouvrages ; l'impression en eût probablement fait sourire ; et sans doute, M. de Chateaubriand lui-même, dans quelques-uns des salons où il dépensait quotidiennement sa verve, pour le plaisir de ses belles amies, n'aurait pas manqué de ridiculiser son respectable contradicteur, en l'appelant « Selon mal soigné »'-.

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