F. Grille, op. cit., p. J
2. Madame de Balivière était la fille adoptivc de Madame Maynon Din-
Dans tous, enfin, on surprend la préoccupation de multiplier les legs particuliers institués « pour l'amélioration des mœurs et le soulagement de l'humanité ». Les fondations académiques se trouvent ainsi rétablies Tune après Tautre ; les libéralités charitables s'augmentent de celle qui a pour objet l'assistance immédiate à donner aux malades sortant des hôpitaux.
Montyon mourut à Paris, le 29 décembre 18'20. Sur les circonstances de sa fin, nous ne possédons aucune notion ; mais il est intéressant de rechercher, dans quels sentiments philosophiques ou i^eligieux, la mort trouva cet ancien disciple de Cabanis, ce parfait réaliste, qui avait toujours considéré les religions du point de vue de l'utilité sociale, et pour lequel tous les systèmes métaphysiques n'étaient guère que viande creuse.
On connaît le célèbre préambule de son dernier testament : « Je demande pardon à Dieu de n'avoir pas rempli exactement mes devoirs religieux : je demande pardon aux hommes de ne leur avoir pas fait tout le bien que je pouvais, et que par conséquenl je devais leur faire. » La première phrase, celle qui concerne les devoirs religieux, n'apparaît ni dans le testament du
vau, l'une des filles de Madame de Fourqueux (v. plus haul, p. i6). Elle était donc, par adoption, la petite-nièce deMontyon, et sa fille cadette. Uobertine, qui devint en dernier lieu légataire universelle du vieillard, n'était que son arrière-petite-nièce. On se demande, dans le monde, comment il se l'ait que l'Institut et r.\ssistance Publique passent pour les principaux héritiers de Montyon, alors qu'il avait laissé une légataire universelle. A'oici l'explication de cette^anomalie apparente : tous les legs particuliers devaient être doublés, triplés, on même quadruplés, si létat des biens le permettait, sans que la valeur réservée comme minimum du legs universel GO.OOOfr.j put en être atteinte. Us devaient être accrus et multipliés indéterminément tant que le permettrait la réserve pour le legs universel. Le testateur donnait de cette dernière disposition la i-aison sui- \ ante : << L'incertitude du montant des biens dans lesquels'je puis rentrer et dont j'ai été dépouillé pour cause d'émigration ne m'oll're point un montant fixe de ma fortune ».
Cette phrase inquiéta, sans doute, les représentants de M"" de Balivière qui était mineure. Ils ne vduhn-ent pas se charger de la liquidation et transigèrent. La part de leur pupille fut fixée à 500.000 fr. une fois donnés. Une valeur de G. 302.422 fr. 95 écliut aux hôpitaux de Paris et à l'Institut de Fi-ance : ces établissements partagèrent projiortionnellement aux legs particuliers dont ils étaient titulaires (fî/Spour les hnpitau.x. l/S pDiiil'Académie Française, 1/8 pour l'Académie des Sciences).
Les pei'sonnes curieuses de ces tractations en trouveront le détail tlans une brochure intitulée : Teslnment de M. le baron Auffel de .]fonli/on aux indigens de la ville de Paris et aux Académies, Paris. 1H2.'5, Imprimerie d.,- Madame Iluzard née Vallat La Chapelle , rue de ri"]peron, n° 7.