‹ Auget de Montyon, 1733-1820Chapitre 24 sur 224 · y . supru, cil. I · texte numérisé non relu

y . supru, cil. I

cliocre cette pratique perpétuelle d'un art dont on dit communément qu'il consiste tantôt à économiser des bouts de chandelles, tantôt à tondre sur un œuf. Puis, peu à peu, au long- de ces 560 pages in-i'olio, entre les lignes couvertes de la grosse et honnête écriture de Jean-Guillaume \\'olf, on pressent et on lit, pour ainsi dire, les afTectueuses préoccupations qui ont inspiré taijt de minutie : on se rappelle que ni le comptable, ni M"^'" de Montyon ne travaillaient pour eux, mais bien en vue de sauvegarderie bonheur et la fortune des deux enfants ; et il se trouve alors que des choses infimes, des notations presque ridicules, des chiffres secs, finissent par composer un ensemble vivant, et par offrir le plus parfait tableau de ce que peuvent la piété et le dévouement maternels unis à la probité d'un vieux serviteur.

Voici au surplus quelques-uns des n articles « du registre de Jean-Guillaume Wolf : M™'^ de Montyon recevait parfois des paysans de la seigneurie les redevances auxquelles ils étaient astreints ; elle les consommait pour son usage ou celui de sa maison, mais aussitôt, estimant leur valeur, au cours du jour, elle versait le montant de son estimation entre les mains de Jean- Guillaume Wolf, qui, gravement, écrivait : « Faitrecelte le comptable de la somme de trois livres dix sols qu'il a touchée de la dite dame de Monthion pour deux chapons et douze pigeons qu'elle a reçus du sieur Mignan, pour sa redevance de l'année f740 '. » De son côlé, Jean-Guillaume Wolf, n'était jamais en reste, de rigueur et de précision ; et si parfois, il arrivait à la châtelaine de confondre ses dépenses personnelles avec celles des pupilles, ou encore de consommer à son profit exclusif, des biens en nature, appartenant à la tutelle, il se chargeait de remettre lui-même les choses au point, et il notait : <( Fait recette le comptable de la somme de neuf livres quinze sols qu'il doit aussi recevoir de la dite dame de Monthion pour un cochon acheté pour son compte - » ; ou encore, « Les cinquante cinq gerbées de paille portées en Tannée 1753 ont été fournies aux

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