‹ Auget de Montyon, 1733-1820Chapitre 33 sur 224 · L. Glimbauk. — Augei de Monlyon · texte numérisé non relu

L. Glimbauk. — Augei de Monlyon

Je ne sais pourquoi les prêtres et les magistrats ne sont pas toujours en habits longs. Dans différents parlements le costume du magistrat est })lus ou moins suivi, dans quelques villes, les magistrats conservent toujours le vêtement et la coiffure de leur état, dans d'autres, on supprime les cheveux longs, l'après-midi, dans d'autres, on se permet le vêtement de couleur, dans d'autres, on y joint l'épée.

L'esprit de la magistrature se perd on proportion de cette dégradation du costume.

11 est à désirer que le magistrat soit à son aise, sans être riche ; s'il est riche il se livrera au luxe, s'il est pauvre il pourra être tenté par des besoins. Mais le meilleur moyen de leur ôter l'ambition et l'avidité est de leur donner des mœurs ; ils les auront par la séquestration du reste du monde, l'interdiction des spectacles, des promenades publiques, des sociétés étrangères à leur famille ; ces effets peuvent être produits par de petits moyens qui seront très importants quand ils produiront de grands effets. La défense de paraître hors de chez eux, autrement qu'en habits longs ; l'entrée au palais de grand matin, ce qui exclut les veilles, et par conséquent la communication la plus libre avec les personnes les plus faites pour séduire; l'occupation presque continuelle au palais, avec un émolument accordé à toutes vacations, les sollicitations par autres que la partie intéressée ou par le défendeur interdites, ces sollicitations faites au palais comme au parloir [)Our les religieuses ; point de sollicitations dans les maisons, les maisons fermées aux plaideurs ; sollicitations à plusieurs ensemble, économie de temps pour les plaideurs, obstacle à la réduction pour les juges ; le palais doit être comme une maison d'habitation, les domiciles devraient êti'e assemblés autour du palais, comme ceux des chanoines autour de la cathédrale.

Dans le temps qu'il écrivait les lig-nes que nous venons de citer, Montyon se disposait cependant à abandonner, pour le Conseil d'Étal, cette magistrature dont il faisait si grand cas et à laquelle il traçait un idéal si élevé. Par là nous pouvons commencer à connaître et à pénétrer ses vues ambitieuses. .Au lîls d'un maître des Comptes, au beau-frère d'un procureur général à la Cour des Aides, le chemin des Cours Souveraines était ouvert, et Montyon, s il n'eût été qu'un magistrat austère, n'en aurait sans doute pas suivi d'autres. On se le représente alors

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