‹ Auget de Montyon, 1733-1820Chapitre 34 sur 224 · MONTYON MAGISTRAT DE 1754 A · texte numérisé non relu

MONTYON MAGISTRAT DE 1754 A

assez bien, passant les premières années de la maturité dans une charge de conseiller au Parlement, et s'élevant peu à peu jusqu'au mortier de Président. C'était là ce que le vieux d'Aguesseau avait dès longtemps appelé « la pure et véritable magistrature, celle où l'on vivait dans l'indépendance de la cour, au milieu d'une compagnie qui, se faisant gloire de ne connaître que les règles de la justice, trouvait sa route toujours tracée par des lois immuables ou par des maximes qui n'étaient pas sujettes aux variations du gouvernement et du ministère ».

C'était là encore que x l'homme de bien ne craignait point ces reproches secrets de la conscience dont il était souvent menacé dans les emplois où il faut découvrir un tempérament difficile entre la soumission due au prince, et la fidélité qu'exige le devoir ».

C'était là enfin que le magistrat pouvait attendre « des mains de la vieillesse, suivant l'expression de l'Ecriture, cette couronne de dignité qui ne se trouve que dans les voies de la justice ' ».

Mais, encore une fois, Montyon était ambitieux, et il n'hésita pas : au « pays de la tranquillité et de la modestie », il préféra « celui de l'inquiétude et des désirs » ; dès les premiers mois de l'année 1759, il acheta une charge de Conseiller au Grand Conseil - ; cette assemblée étant une sorte d'émanation du Conseil d'Etat, il prit ainsi pied dans la maison ; puis, à la première vacance, il sollicita l'octroi d'une charge de maître des requêtes, et ses démarches furent couronnées de succès, dès le f"" février 1760 ^ 11 paya le droit de survivance qui faisait du titre de maître des requêtes, comme de tant d'autres, un titre à moitié vénal, à moitié octroyé ; le 7 février 1760, il prêta serment à Versailles entre les mains du chancelier Lamoignon '• ; le 6 mars, il accomplit la même formalité au Parlement, où les maîtres des requêtes siégeaient de droit, quand ils le vou-

1. Discours sur la vie el la morl, le caractère et les mœurs de M. f/Mf/uesseau, conseiller d'État, par M. d'Aguesseau, chancelier de France, son fils.

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