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3. Arcliives du Puy-de-Dôme, C. 3536, lettre de M"" de Saint-Chamans.
La liberté et la tranchante impartialité de la première devaient plaire à un jeune magistrat dont nous avons observé les instincts indépendants ; chez la seconde, il apprécia peutêtre, en moraliste qu'il était déjà, des ardeurs passionnées que dissimulait mal un ton perpétuel de sérieux et de politesse. Mais on peut affirmer qu'à ces deux femmes d'un mérite divers il préféra leur entourage, plus divers encore, et que son grand souci fut alors de nouer des liaisons avec tous les hommes célèbres qui emplissaient le salon du couvent Saint-Joseph et celui de la rue Belle-Chasse.
C'est là, en effet, qu'il commença d'éprouver l'humeur dédaigneuse de Turgot ' et de mériter l'estime louangeuse de Marmontel - ; c'est là qu'il soutint contre d'Alembert des discussions dont le souvenir le rendait très fier, et dont il parlera plus tard, comme un.vieux général raconte une bataille gagnée " : c'est là enfin qu'il apprit à connaître l'abbé Barthélémy, et tout ce qu'il y avait de délicat et de rare dans l'esprit de cet ennuyeux conteur ' .. .
Puis les relations ainsi multipliées se multiplièrent de plus belle : Montyon fut présenté à Helvétius qui le présenta à sa femme ; celle-ci n'avait pas encore son installation d'Auteuil ; elle tenait salon rue Sainte-Anne en plein cœur de Paris ; mais elle y était déjà accostée de son inséparable, l'abbé de la Roche, auquel, dans quelques années, elle adjoindra Cabanis ; avec le premier ^, Montyon continua de s'instruire dans l'économie politique ; avec le second, il commença de s'initier à la physiologie et forma une amitié qui durera jusqu'à la révolution '''...
Cependant on était en 1764 ; Necker venait de conquérir la notoriété par l'action la plus charmante, sinon la plus belle de toute sa vie : il avait rencontré chez M""^ de Vermenou ■' une
1. Montyon, Parliciilarilës sur les Minisires des finances, et Moi'cllet, Mémoires.