‹ Auget de Montyon, 1733-1820Chapitre 61 sur 224 · Ihid · texte numérisé non relu

Ihid

Au printemps, une fois semé le blé de mars, on suppute le rendement des moissons, la valeur des coupes de bois, la récolte des fruits; l'on prépare granges et greniers, pressoirs et bûchers. Montyon ne tolère jamais Ta peu près, fût-ce dans ces travaux de simple prudence et d'évaluation, à l'occasion, il vient dans sa terre et montre lui-même comment la besogne doit être conduite , en 1764, il procède ainsi en personne au recensement des pommiers plantés dans le parc : il en compte cent onze échantillons et les classe complaisamment par variétés : reinette franche ou blanche ou rouge, ou grise, ou d'Angleterre ; calville blanche ou rouge ou normande ' . Puis il repart, mais non sans avoir invité Ghatelin à clore les murs et l'ajuster les haies, en vue de la belle saison qui est proche.

Les cerises, quand elles s'empourprent, et les avoines, quand elles jaunissent, ramènent, en ell'et, vers la Brie plantureuse des chemineaux et des va-nu-pieds que Paris hospitalisa durant l'hiver ; ni les gros yeux de Nicolas Platteau, garde de Monseigneur le baron de Montyon, ni le bonnet carré de maître Devernon, avocat à Meaux et bailli de Monseigneur, ne sont alors des épouvantails suffisants pour les gamins trop lestes et les glaneuses trop zélées ; on maraude à Monthyon autant qu'en aucun lieu de France ! Heureusement, ici encore Monseigneur veille : il évoque à son tribunal personnel les causes les plus graves ; et, le 22 juillet 1765, « Jacques Merlaud, Nicolas Merlaud. Charpentier le jeune, Nicolas Baubanc, Françoise Merlaud la veuve Françoise Maduré, Jean Leroy, étant allés au chaume avant la cloche sonnante », il les « taxe chacun à

iO sols d'amende'- » Dans le même temps, les luzernes lui

donnaient bien du souci : Ghatelin en avait surveillé de très près la récolte qui était belle, et pourtant l'état de produits présenté par ce régisseur ne cadrait pas ou cadrait mal avec le nombre d'arpents ensemencés. Montyon prit une première fois cette note brève : « Luzernes : On ne compte que sur quarante-deux arpents, ou environ, qu'est devenu le reste ? » Puis, tout l'au-

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