‹ Auget de Montyon, 1733-1820Chapitre 62 sur 224 · Ibidem, E · texte numérisé non relu

Ibidem, E

tomne. il fit là-dessus des calculs, les reprit, les compléta par des raisonnements et par des comparaisons, sans d'ailleurs parvenir à la découverte dune solution satisfaisante '.

Avec l'hiver, commence le plus gros travail de l'année, l'examen du Compte général et récapitulatif de Chatelin, et la revision des pièces à l'appui : Montyon n'en méprise aucune et veut qu'on lui présente la moindre note du moindre des fournisseurs ; qu'elle mentionne des journées de ravaudeuse ou des besognes de maçon, qu'elle soit écrite sur un copeau de papier, ou sur une vieille carteà jouer, c'est lui qui la vérifie, c'est lui qui la règle, c'est lui avant tout qui la réduit. Sur ce dernier point il ne craint pas de rival et l'ingéniosité qu'il déploie est vraiment admirable. Dans le courant de l'année 1766, les lapins de Monthyon-en-Brie accoutumèrent de déserter le parc, et de faire grande chère, en ces champs de luzerne dont nous avons plus haut apprécié l'importance -. Xicolas Plattean dut tendre des lacs sur le chemin des pillards : il en prit un bon nombre ; étant pourvoyeur ordinaire de Monseigneur, il joignit ce gibier vulgaire aux bêtes de plume qu'il avait tuées, il envoya le tout à l'office, et présenta congrûment son <f mémoire ». Mais Monseigneur aperçut que les lapins portés audit mémoire étaientprécisément les dévastateurs de ses luzernes, il trouva bonne cette occasion de soutenir que du chasseur ou du lapin, le dernier seul était coupable, et gravement il écrivit en haut du papier de Platteau : « Vingt-deux pièces à cinq sols, c'est cinq livres dix sols. Quant aux vingt-six lapins, ne payer que ceux qu'il a tués de son fusil, les autres étant plus que payés par la luzerne et les faux frais qu'ils m'ont coûtés... » La revision du compte se poursuivait ainsi, à grand renfort d'additions, de pointages et de redressements ; à la fin, tout en bas de la dernière page, la formule de règlement était inscrite : « Il a été compté, ce jour, entre M. le baron de Monthion et le sieur Chatelin, de la recette et dépense faite par ledit sieur Chatelin, pour le compte dudit seigneur baron », etc. Puis on allait aux signatures

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