l- Espion dévalisé
'1. Farlicularilés sur les Ministres des finances.
11 le prouva dabord en reprenant à son compte une des mesures les plus impopulaires du règne de Louis XIV^, le renfermement des mendiants. On sait en quoi consistait cet expédient intermédiaire entre lassistance et la police : quand la misère était grande et que le nombre des claque-dents semblait dangereux pour la paix publique, on les enfermait dans quelque prison, où la faim, le froid et la maladie les décimaient. Au bout d'un temps, il fallait bien relâcher ceux qui avaient supporté l'épreuve ; mais, sans ressources, sans attaches familiales, sans métier avouable, ils redevenaient vagabonds comme devant, et rien n'était changé. Voici pourtant les ordres que reçurent du Contrôleur Général, le 2,5 décembre 1767 ', tous les intendants de province : Des dépôts de mendicité seront créés dans toutes les élections, à raison d'un au moins par élection. La maréchaussée aura la charge d'y conduire les mendiants notoires. L'intendant prendra le soin de les nourrir de riz, pain et légumes. Encore ne faudra-t-il pas que la dépense excède trois sols et demi par jour et par tête, et que le pain soit trop bien préparé. <( Le pain des mendiants doit être inférieur à celui des soldats; il serait dangereux d'établir aucune espèce de similitude, entre des citoyens qui doivent faire la gloire de l'Etat et des gens qui en sont l'opprobre. »
Cette niaiserie solennelle neut pas. semble-t-il, le don démouvoir Montyon. Il était encore à Paris et gouvernait sa généralité par l'intermédiaire de son premier commis, ^L Jaoul ; il chargea celui-ci de préparer les dépôts existants, de chercher des locaux pour les dépôts nouveaux, et d'embaucher des concierges qui fussent à la fois geôliers et cuisiniers, également versés dans la connaissance des écrous et l'art de préparer le riz aux légumes.
La lenteur inhérente aux choses administratives s'en mêla un peu. Si bien qu'au mois de février 1768, le renfermement n'était pas encore commencé -.
Montyon reçut alors de Laverdy certaine lettre plutôt désa-