‹ Auget de Montyon, 1733-1820Chapitre 67 sur 224 · Ibid, G · texte numérisé non relu

Ibid, G

leur procurer du travail, il multiplie les élargissements et ferme les yeux sur les évasions '. Enfin, le voilà qui harcèle ses commis et les ministres mêmes, dont il redoute les sévérités maladroites ; au mois de mai 1 769, on lui a présenté la liste des mendiants détenus dans chaque élection ; après examen, et sans retard, il marque à Lambert, son nouveau premier commis : « Les six premiers mendiants compris dans l'état de dépôt de Saint-Flour, y sont depuis trop longtemps: écrire pour en savoir les raisons ; ne pas manquer de les relâcher au moment de la moisson -. >> Un peu plus tard, le 9 septembre, Louis Pissis, exempt de la maréchaussée à la résidence de Brioude, « ayant fait rencontre, dans ladite ville, d'un quidam se disant frère de l'ordre de Sainte-Camille, paroisse de Saint-Laurent en Piémont, âgé de 68 ans, possédant un âne et une besace, et faisant la quête comme religieux ■*», l'arrête, saisit ses papiers et l'envoie en prison. Montyon voudrait bien faire élargir ce digne quêteur et son âne ; mais vu leur qualité d'étrangers, il est contraint d'en référer à M. le duc de Ghoiseul, qui ne répond pas. Si bien que le 3 décembre le frère Nicolas continue de marmonner et gémir dans Brioude, au fond d'une cellule assurément fort monastique, mais peut-être un peu étroite, au gré de son esprit aventureux. « Je viens rappeler à Votre Grandeur, écrit M. Gueynier, subdélégué à Brioude, qu'un soi-disant ermite est détenu depuis près de trois mois dans les prisons de cette ville. Son sort me paraît digne de pitié, s'il n'est coupable d'aucun crime. » Et aussitôt, Montyon décide de tenter une démarche personnelle auprès de Ghoiseul ; ayant persuadé le ministre, il revient en Auvergne avec l'ordre de lever l'écrou ; sa joie est si grande, il la contient si mal qu'on croirait voir passer le sauveur de la province ^.

G'est qu'aussi bien le respect de la vérité et de la justice continuaient de devenir pour lui une religion, et la plus sévère de toutes. A rencontre de tant d'administrateurs dont les principes fléchissent en vieillissant, Montvon fortifiait les siens à mesure

I. Archives (lu Piiy-de-D:')me, C. J108. •2. Ibidem. C. 1118.

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