‹ Auget de Montyon, 1733-1820Chapitre 70 sur 224 · Archives du Puy-de-Dôme, G · texte numérisé non relu

Archives du Puy-de-Dôme, G

signe rexpédition ' . et court le risque de se brouiller avec son illustre protecteur, tant l'exactitude avait pour lui de prix, et tant il plaçait le respect de la vérité et du droit au-dessus des égards que Ton doit aux puissants du monde.

Dans le moment, d'ailleurs, où il paraissait ainsi faire peu de cas des nouvelles doctrines concernant la liberté de l'industrie, Montyon s'efforçait de favoriser la création ou le développement des manufactures auvei'gnates : la verrerie :, le tissage et la peinture des toiles, l'industrie de la soie, les pépinières ^ recevaient grâce à lui l'approbation et les encouragements officiels. AJais ce qui leur manquait encore, c'était les débouchés, ou plutôt les voies de communications, qui permettent d'y parvenir. Dès longtemps Montyon avait recueilli là-dessus les enseignements du grand ïrudaine et connu l'importance de ce facteur économique, que nous appelons aujourd'hui la route, et qu'il appelait bonnement le chemin. « La facilité des communications, disait-il, forme un peuple nouveau, et les chemins servent au bonheur de l'homme. Ils servent à la propagation des lumières ; sous différents aspects, ils servent les mœurs... ils servent enfin la richesse : tant qu'il n'existe pas de communication, chaque pays n'est riche que de sa propre richesse : et certaines contrées sont pauvres au milieu de la richesse générale '. »

Partant de ces principes, l'intendant d'Auvergne nourrissait et avouait le désir de percer à travers ce pays, en apparence impraticable, un réseau de routes rattachant, d'un côté, la Limagne à toute la région industrielle du F'orez et du Velay, de l'autre côté, la basse Auvergne, productive de céréales, de vins et de fruits, à la haute Auvergne susceptible de pratiquer l'élevage. Par une rencontre singulière, ce fut un malheur public, la célèbre disette de 1770, qui lui permit de réaliser en partie cet ambitieux projet.

La récolte de 1769 ■' avait été mauvaise; en plein été, dès le

Page 1