Ibidem, C
l'intendance d'au\ekgne 93
Aux officiers municipaux de Billom, représentant que « leurs robes rongées par les mites ne peuvent même plus servir à habiller les clercs de ville et qu'ils sont obligés d'emprunter celles du palais, pour assister aux processions », Monseigneur l'Intendant réponditdonc que nulle dépense n'était moins nécessaire ' .
Et pour le feu dartifice, il n'y consentit qu'après avoir reçu de M. Pages de Vixouses, subdélégué à Aurillac, cette nouvelle rassurante : « La dépense du feu d'artifice ne retombe point sur la ville ; c'est un particulier qui en est lui seul l'auteur : il a voulu se faire honneur de son talent pour ces sortes de divertissements, et il ne pouvait avoir une plus belle occasion que le bonheur qui arrive à la famille royale "-. »
Nous sourions aujourd'hui de ces tout petits incidents: nous y voyons pour ainsi dire la menuaille de l'histoire. Montyon, lui, continuait de leur attacher beaucoup d'importance; il enrageait de ne pouvoir introduire dans les habitudes de ses administrés, le souci du bien de l'Etat, le soin de l'épargner et le désir de le faire prospérer. Aussi quelle ne fut pas sa colère, le jour où il trouva les Auvergnats ligués contre la fortune publique, en faveur d'un contrebandier ijotoire, véritable bandit des grands chemins. Il en pensa perdre l'appétit et le sommeil, il en négligea le soin de sa santé, pourtant fort ébi'anlée, se jetant lui-même à la poursuite 'du malfaiteur, il faillit troquer la perruque contre le casque, la toge contre l'épée ; ce fut la page héroï-comique de sa vie, et c'est pourquoi, sans doute, on nous pardonnera d'y insister.
Le brigand de Montyon portait des noms prédestinés ; il s'appelait Montagne ^, et répondait dans l'intimité au délicat prénom de Taurin ; âgé d'environ vingt et un ans, haut de cinq pieds quatre pouces, les épaules larges, le visage rond et plein, la lèvre supérieure relevée, les yeux bleus et clairs, il avait d'abord servi au régiment des mousquetaires noirs, qu'il déserta, puis il s'était fixé, autant qu'un brigand peut le faire, à Lézoux,