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leur suzeraine, M"*** la marquise de Tana, ne payait pas celle qui grevait un de ses domaines. « Un consul qui avait voulu prendre les voies juridiques pour assurer le recouvrement de l'impôt fut maltraité par les régisseurs de cette personne. » Montyon connaissait M™*^ de Tana, qui était née Montmorin ; il trouva bonne l'occasion qui s'offrait de se montrer magistrat inflexible, sans cesser d'être galant homme ; et par un singulier mélange de sévérité et de gentillesses, il écrivit, le "28 octobre 1768 :
Je vous prie, madame, de donner des ordres à vos gens pour qu'ils acquittent vos impositions et pour qu'ils respectent un peu plus les fonctions et le dos des consuls... On dit que vous avez tiré un assez bon parti de vos vins : je vous en félicite. Les sentiments que je vous ai voués me font prendre part à tout ce qui peut vous intéresser. Je suis avec respect ', etc.
Vers le même temps, une vieille querelle venait de se rallumer entre les habitants de Thiers et leur seigneur. Celui-ci n'était autre que Louis Crozat, fermier général, oncle des Choiseul, « le petit oncle », comme on l'appelle dans la correspondance de M""* du Deffand avec Barthélémy et M'^'' de Choiseul . Ayant acquis, de ses deniers, la baronnie de Thiers, et les droits jadis exercés par Mademoiselle de Montpensier, « dame de Thiers », il prétendait gouverner ses vassaux suivant les principes en honneur dans les bureaux de la ferme. Il avait donc installé, à Thiers, un receveur, le sieur Théodore Belin-, rompu aux secrets de la fiscalité la plus ingénieuse, dur aux pauvres et aux besogneux, insolent et processif à l'égard des bourgeois. «Le sieur Belin, dit une délibération des échevins de Thiers, en date du 22 janvier 1758, exagère à plaisir tous les articles de sa recette : il exige u:i droit de voirie sur toutes les enseignes des marchands et ouvriers, les bancs des maisons en saillie, et les contrevents des fenêtres : il a inventé deux droits nouveaux,