‹ Auget de Montyon, 1733-1820Chapitre 85 sur 224 · I. Archives de l'Assistance Publique · texte numérisé non relu

I. Archives de l'Assistance Publique

l'intendanck d'auvergne 113

Du coup, le pauvre Montyon s'alite, en proie à la fièvre : comme pour l'achever et lui ôter tout espoir de justice, amis ou ennemis lui mandent les plus fâcheuses nouvelles ; tantôt c'est la composition dérisoire du Conseil supérieur de l'Auver^aie qui renferme notamment, un mousquetaire, trois gentilshommes auvergnats, un chanoine de la cathédrale et un bailli de Billom ! Tout ce monde est « sans études, ni examens, ni grades » : <' il a fallu l'envoyer prendre ses degrés à Bourges, en vertu de lettres de cachet ' ■>. Tantôt, c'est le tableau des défaillances observées dans le parti de la légalité : « La bataille n'est pas encore finie, on ne sait à qui restera le champ... Le présidial d'.\urillac a enregistré, Saint-Flour et Salers, ont fait la même chose » ; que fera Riom ? On en est fort inquiet : « On prétend que M. de Ghazerat a des ordres pour se servir de la maréchaussée et sévir contre les refusants... On sauve les apparences ; on juge, on plaide; les juges, les avocats et les procureurs sont exacts au palais. Mais tout cela est long et peut-être ne le sera pas assez -. » Le 21 mars, la résistance du présidial de Hiom fut brisée, aussitôt que formée, et le '2'), Montyon reçut au lit, « dans un redoublement de fièvre durant lequel on parlait de l'administrer^ », cette missive de Terray :

Vous n'avez point déplu au roi, monsieur, vous avez au contraire toujours rempli votre intendance à sa satisfaction. Vous vous rappellerez que vous avez désiré de changer d'intendance, et que vous en avez le bon que j'ai pris l'année passée.

Les circonstances actuelles ayant exigé que M. de Ghazerat fût intendant d'Auvergne, en même temps qu'il est premier président du Consed supérieur, le roy a pensé qu'en le nommant à cette intendance et en vous réservant votre replacement, rous voudrez bien vous prêter à un arrangement qui devient nécessaire pour le bien de son service. J'aurai l'honneur de vous en dire davantage, lorsque j'aurai celui de vous voir.

Je suis avec un sincère attachement, monsieur, votre très humble et obéissant serviteur.

L'abbé Terray' ^.

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