‹ Auguste Comte au Panthéon [microform]Chapitre 3 sur 6 · RÉSUMÉ · texte numérisé non relu

RÉSUMÉ

D'un bout à l'autre de sa carrière Auguste Comte a été l'apôtre du progrès, entendu de manière à n'en point isoler les deux éléments essentiels : solidarité et continuité.

Son œuvre scientifique n'a pas eu d'autre but que de fournir une base à ce progrès même.

Quant à la philosophie d'Auguste Comte, elle n'a jamais varié dans son ensemble. Il importe suprêmement que la vie active ne fasse pas oublier les principes : « Ce besoin devant être d'autant plus impérieux qu'il concerne des conceptions plus compliquées, c'est surtout envers les doctrines morales et sociales qu'il importe le plus d'y satisfaire, sous peine d'une déplorable insuffisance pratique de l'éducation primordiale. De là résulte, pour le pouvoir spi-

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rituel, non seulement la nécessité (l'exercer toujours une haute surveillance sur le mouvement spontané de l'esprit humain, afin d'y rappeler les considérations d'ensemble, mais principalement l'obligation d'instituer, à la judicieuse imitation du catholicisme, un système d'habitudes à la fois publiques et privées, propres à ranimer énergiquement le sentiment soutenu de la solidarité sociale. Gomme ce sentiment ne saurait être assez complet sans celui de la continuité historique propre à notre espèce, la philosophie positive devra développer Tun de ses plus précieux attributs politiques, en présidmit à torganisation dun vaste système de commémoration universelle, dont le catholicisme ne put réaliser qu'une faible ébauche, vu Tesprit trop étroit et trop absolu delà philosophie correspondante, impuissante àconcevoir suffisamment l'ensemble du passé social. Un tel système destiné à glorifier... les diverses phases successives de l'évolution humaine et les principaux promoteurs des progrès respectifs,uniformément appréciés d'après la saine théorie dynamique de rhumanité, pourra d'ailleurs être assez heureusement combiné pour offrir... une haute utilité intellectuelle, en popularisant la connaissance

générale de cette marche fondamentale. » Où lisons-nous cela? Dans la Politique positive ou dans la Philosophie? Dans la Philosophie (1).

Si le sociologue a cru politique de ménager tour à tour ses différents adversaires, c'était dans la pensée manifeste de les amener, les uns et les autres, plus sûrement à composition.

Aucun homme, par l'étendue de son génie, le bienfait de son action et l'intrépidité de son caractère personnel, n'a mieux mérité que sa mémoire fût glorifiée.

Cette glorification de l'humanité par ses représentants les plus éminents, nous venons de voir que, dans son cours de Philosophie positive, il la préconisait déjà. Ses dispositions dernières accusent, dans toute l'étendue des limites permises, le même souci :

« J'invite mes exécuteurs testamentaires à ne jamais repousserdes manifestations qui pourront quelquefois devenir sincères, même avant que le cri public les ait imposées (2) ».

(1) Cours de philosophie positive, t. VI, p. 472-3. {2)Test., p. 11, cf. supra.

11 appartient ainsi aux propres paroles du maître de devenir comme le murmure de ce qui sera demain le cri de la nation : Auguste Comte au Panthéon ! (i)

(1) Voy. dans la Reine occidentale, n»" du l»"^ mai 1898 et suiv., la liste des adhérents au projet du comité pour l'érection de la statue d'Auguste Comte. Beaucoup plus récemment (le 14 novembre 1907) des députés et des sénateurs appartenant au j^roupe inlerparlementairede l'arbitrage international organisèrent au Sénat (Palais du Luxembourg), une importante manifestation franco-américaine. << Ils voulaient fêter M. Léon Bourgeois et ses collègues de la délégation française à la seconde conférence de la Paix ainsi que les membres des commissions américaines de passage à Paris.— Le président. M. d'Eslournelles de Constant, prit le premier la parole; MM. A. Dubost, président du Sénat, Renault et Decrais, orateur du groupe de l'arbitrage au Sénat, ont parlé à leur tour, ainsi que M. Pichon, ministre des Affaires étrangères »... Le ministre du Brésil prononça un discours où il recommanda la lutte contre l'esprit de destruction et exalta magnifiquement Auguste Comte. Voy. Entente cordiale, Discours de M. G. de Piza, ministre du Brésil, au Palais du Luxembourg, à l'occasion de la réunion de la commission interparlementaire d'arbitrage.

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