‹ Auguste Comte conservateurChapitre 10 sur 29 · IS.V · texte numérisé non relu

IS.V

liiNoqiiaiit le cn'iir |>Iii(t»l (jut' l"r>|»rit |it»iir cmisnlider l't développer oette insliliilinii iiuiss;inl<\ je dois on aiirandir la base en y pr<>V()c|nanl la parlicipalion de toutes les âmes, qui, quelle que soil leur foi, sentent diiiiienient le besoin d'une réorganisation spirituelle.

IjMir ralliement continu peut seul préserver les Occidenlaux de la dégradation vers laquelle ils tendent de plus en plus en négligeant la culture morale pour développer le progrès matériel.

Mais ce concours sympathique ne saurait être présidé par aucune des croyances théologiques, puisque leur nature absolue les rend directement inconciliables.

Toutes peuvent, au contraire, se subordonner au positivisme, qui. toujours relatif, les consacre nécessairement, cliacune dans son milieu, comme autant d'institutions provisoires que l'Humanité lit spontanément surgir afin de diriger son initiation.

Sous leur inanité tiiéorique. elles conservent, à divers degrés, une elTicacité morale ([ue la religion positive honore et développe, en reconnaissant que les plus imparfaites sont aujourd'hui devenues, quand elles rallient, préférables au scepticisme dispersif.

Aucun fanatisme spécial ne disposant, de nos jours, à négliger le but pour les moyens, toutes les âmes vraiment religieuses peuvent se réunir contre les dangers universels de l'irréligion.

En respiM^ant avec sagesse la réserve provisoire de leurs solutions respectives, le positivisme peut utiliser leurs dispositions organitjues en les faisant dignement concourir à surmonlrr les tendances révolutionnaires.

Je suis ainsi conduit à terminer cette circulaire en osant dirertement placer le subside positiviste sous la symjialliique assistance des théologistes sincères qui regardent

l'avènement d'un pouvoir spirituel comme le premier | besoin de notre temps. 5

Après avoir assez rempli toutes les conditions intellectuelles qu'exige désormais une telle construction, j'en ai loyalement réalisé les conditions morales, tant privées que publiques.

Une carrière vouée, dès son début, à la réorganisation spirituelle fut, en temps opportun, complétée par l'intime régénération résultée de l'influence féminine, d'après un type angélique, que la mort consolide et développe.

Mon indépendance théorique se trouve pleinement garantie en vertu d'une irrévocable renonciation à toute existence officielle, à toute pension, et même aux profits matériels de mes travaux quelconques.

L'aptitude décisive de ma doctrine à glorifier l'ensemble des temps et des lieux, déjà caractérisée d'après mon appréciation abstraite du passé, devient irrécusable depuis ma systématisation concrète de la commémoration occidentale.

Voilà comment je puis maintenant espérer que les âmes vraiment religieuses, disposées à la synthèse par la sympathie, sauront bientôt surmonter les discordances dogmatiques pour encourager le seul eflort de notre siècle envers la religion universelle.

Dès mon début, le célèbre écrivain qui défendait alors le catholicisme témoigna dignement cette affinité, qui ne cessa que lorsqu'il devint un déplorable auxiliaire des doctrines anarchiques.

Le développement de ma carrière a fait spontanément surgir, au sein du protestantisme, d'équivalentes manifestations, dignement caractérisées par une noble coopération au subside positiviste.

En même temps j'ai directement constaté mon active sympathie envers les cultes utiles et sincères, d'après un

IS.V) 2j:{

eiiiiauciiuMit solennel d'alinieiiler le liiidgel ealli<i|i(|iic, (|iiaii(l il sera seulemenl t'onih' sur de libres souscriptions. Ainsi, (le tons (-(Mes. on! déjà snri;i les t;('rnies essenli(ds lie la i;rande alliance que les princij)aux besoins dn xix' siècle doivent bientôt développer entre les âmes religieuses contre l(»s instincts irréligieux.

Une génération tout entière s'est maintenant écoulée depuis ma découverte fondamentale des lois sociologiques, en 1S22, jusqu'à ma construction décisive de la religion positive, en lS5t.

Ce long enfantement a dû susciter, envers la synthèse universelle, des sympatliies et des antipathies qui ne pouvaient être que provisoires.

Devenu maintenant appréciable, son ensemble va partout déterminer les dispositions délinitives auxquelles je subordonnerai ravônement du sacerdoce de IHumanité.

Surmontant, par la vénération, toute divergence secondaire, les vrais positivistes, plaçant le cœur au-dessus de l'esprit, sauront activement développer les convergences fondamentales.

Partout devenus les directeurs systématiques de Tordre et du progrès, ils laisseront les dissidents retomber, plus que le vulgaire, dans un cours stérile d'oscillations empiriques entre l'anarchie et la rétrogradation.

Page 1