‹ Auguste Comte conservateurChapitre 9 sur 29 · IS · texte numérisé non relu

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jus(|u'ui ne sait point y voir iiiu> ii rrciisalilc épreuve de l'apliliitle organique de la nouvelle synthèse.

On reconnaît ainsi que, pour luiter l'essor delà doctrine régénéral rice, il laut aujourd'hui la Iransjdanler j)arnii les conservateurs, (|ui seuls présentent les dispositions et les hahitudes ([u'c^xige son installation.

Malgré leurs empiriques répugnances, ils ne jx'uvent. faute de dogmes qui leur soient propres, s'empêcher d'ouvrir leurs rangs à tout diune défenseur des institutions fondamentales delà société, non moins compromises par la rétrogradation que par l'anarchie.

C'est à ce titre que les vrais positivistes y transplanteront hientùt leur foi, seule capable de procurer une consistance décisive à des résistances jusqu'ici restées radicalement insuffisantes.

Malgré leur origine révolutionnaire, tous ceux qui sont sincèrement convertis à la Religion de l'Humanité se trouvent aujourd'hui transformés en conservateurs systématiques, destinés à devenir les véritables chefs du parti de l'ordre, qu'ils vont dégager de ses inconséquences.

Seuls ils sont aussi purifiés des tendances anarchiques que des inclinaisons rétrogrades, puisqu'ils con(,'oivenl la régénération humaine comme consistant surtout à régler les forces graduellement surgies pendant la préparation spontanée que dirigea l'ancienne foi.

Réalisant les vœux conciliables de tous les })artis, et dissipant leurs prétentions incompatibles, le positivisme surmonte l'hypocrisie théologique, aussi dégradante quand on l'exerce qu'oppressive lorsqu'on la subit, sans susciter l'hypocrisie métaphysique, plus nuisible et moins excusable.

En appelant ses dignes adepti's à gouverner le monde, il proclame que leur avènement politique doit être

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aujourd'hui précédé, pendant douze ans, d'une influence purement philosophique, qui disposera les chefs actuels à leur transmettre sagement le pouvoir.

Ainsi doit partout surgir une classe de véritahles hommes d'Etat, qui manquent surtout au centre occidental, soit en vertu des difficultés propres à la mission française, soit d'après la marche de notre préparation.

Le cours des événements fait de plus en plus ressortir l'intime connexité de toutes les populations humaines, de manière à manifester le danger de l'irrationnelle politique qui considère chaque peuple isolément.

Or le positivisme peut seul compléter et consolider cette régénération des vues sociales, en étendant à l'ensemble des temps la liaison ainsi sentie entre les divers lieux.

Faute de pouvoir embrasser l'ordre collectif, la théologie et la métaphysique ne surent jamais inspirer une politique vraiment rationnelle, dont l'institution était nécessairement réservée à l'esprit positif, principalement caractérisée par la construction de la sociologie.

Etablissant l'unité spirituelle et dissipant toute aberration envers l'unité temporelle, la religion positive f(M'a partout prévaloir l'ensemble des atfaires humaines, sans altérer la spontanéité des impulsions spéciales.

Transformant Paris en patrie adoptive des âmes d élite, la foi nouvelle fonde l'ascendant intellectuel et moral de la métropole universelle sur sa digne renonciation à la domination matérielle, même dans le milieu français.

Pour terminer la révolution occidentale, il faut irrévocablement constituer la division fondamentale des deux puissances, prématurément ébauchée au rtioyen âge il'après une doctrine insuffisante.

Le principe révolutionnaire consiste surtout dans l'ab-

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-ntplioii (lu pouvoir spirituel par les lorces lenip()r«'llos, ([ui nt» l'cronnaisscnt il'aulri' autorité théorique ([uc lu raisou iuiliviilucllc. du moins ouvors les questions les plus iiuporlantes et les j>lus diflieiles.

Tous les partis actuels méritent ainsi d'être également ([ualifiés d'anarchiciucs et de rétrogrades, puisqu'ils s'ael'ordenl à demander aux lois les solutions réservées aux mœurs.

Cette perturbation est devenue tellement universelle et l)rofondc que les meilleurs amis de la liberté n'hésitent jamais à recourir aux moyens matériels pour faire prévaloir leurs opinions quelconques.

Voilà comment le [)ouvoir théorique se trouve forcé «le surgir dans un milieu brutal, où la moindre dissidence l'expose toujours à subir un refus de subside, que l'ordre normal réserve aux chefs pratiques et borne aux contlits exceptionnels.

Le sacerdoce positif doit donc surmonter des difficultés devenues presque autant morales que mentales, puisque le trouble des pensées a gravement altéré les sentiments.

Sans doute la révolution moderne est principalement intellectuelle, tandis que celle qui s'accomplit au moyen âge fut essentiellement sociale.

Mais, pendant les cin(j siècles de l'anarchie occidentale, et surtout depuis l'explosion de la grande crise qui doit la terminer, le désordre de l'esprit a de plus en plus affecté le co'ur.

C'est d'après celui-ci qu'il faut maintenant définir la maladie révolutionnaire, consistant dans une surexcitation continue de l'orgueil et de la vanité, par suite d'une tendance, éminemment contagieuse, vers l'infaillibilité pcr- -Munelle.

Ainsi se trouve directement compromis le principal r(''sullal dr' l'ensemble du régime théologique : le dévelop-

pemcnt de la vénération, seule base de la vraie discipline, et garantie nécessaire des deux autres instincts sympathiques.

Il faut que le positivisme fonde ses meilleurs titres au gouvernement spirituel sur la reconstruction décisive de ce grand sentiment, plus essentiel et plus altéré qu'aucun autre.

Un tel succès n'appartient qu'à la religion universelle, puisque toutes les croyances arriérées ont réellement aggravé ce désordre, sans excepter le catholicisme, qui ne peut vénérer qu'un essor de dix siècles dans une seule moitié du monde romain.

Ainsi, la maladie occidentale exige un traitement plus affectif qu'intellectuel, depuis que l'esprit a rempli son principal office en construisant la philosophie positive d'après la fondation de la sociologie, appuyée sur l'ensemble des sciences préliminaires.

Quoique les positivistes aient dû d'abord monter de la foi vers l'amour, ils doivent désormais préférer la marche, plus rapide et plus efficace, qui descend de l'amour à la foi.

Le sentiment étant moins troublé que l'intelligence, c'est surtout de lui que dépendra le rétablissement de l'ordre occidental.

Seul capable de compléter et de consolider les convictions émanées de l'esprit, le cœur peut môme en dispenser à beaucoup d'égards, du moins envers l'assistance générale qu'exige toute grande construction.

Je ne regarderai le subside positiviste comme ayant acquis assez de consistance que lorsqu'il reposera principalement sur des impulsions sympathiques, au lieu de dépendre d'adhésions intellectuelles, toujours flottantes au moindre choc.

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