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En achevant d'apprécier l'essor spirituel pendant cette !, seconde phase, il y faut remarquer le complément de l'élaboration du catholicisme par le développement du culte des saints, jusqu'alors insuffisant, faute d'antécédents, sous un dogme forcé de réprouver tous les types étrangers. |

Les siens se trouvèrent assez multipliés d'après la phase initiale pour permettre une digne extension de celte institution nécessaire, dont la meilleure application concerne ce temps d'abnégation et d'efficacité.

Sa réaction améliora la constitution dogmatique du catholicisme, en y réglant le genre et le degré de poly- , théisme qu'exigea la destination populaire de la foi monothéique, ainsi pourvue d'une juste spécialité d'adoration et même d'explication.

Les irrationnelles critiques des protestants et des déistes doivent, à cet égard, mieux disposer les philosophes à sentir le mérite d'un culte qui poussait à la sociolâtrie '| en faisant prévaloir les types humains, tandis que le régime correspondant tendait vers la sociocratie.

Sous ce double aspect, le contraste du monothéisme :<

by/aiiliii pciil aussi concourir à caracU'i'iscr (luvanla};c le vrai calliolicism{\

l uo populaliou i|ui, |)our compenser la sdcheressc nionolhéiquo, accucillail avidoiueiil los fées arabes et scandiuaves, avait besoin que le (It'velnppement de l'institution des saints vînt mieux alimenter son cœur et même son esprit.

Cette condition se trouva pleinement réalisée, puisque ces types devinrent plus spéciaux que les dieux, dont chacun ne resta jamais pourvu d'un département unique, afin que son indépendance ne le fît point ainsi confondre avec les fétiches correspondants.

Outre son efficacité morale, le culte des saints exerça mentalement une importante réaction, par la vulgarisation spontanée des notions historiques naturellement attachées à chaque biographie, et jusqu'aux légendes spéciales.

Quoique le catholicisme, aveuglément restreint à son propre passé, fût incompatible avec le véritable esprit de riiistoire, le sacerdoce s'efforça d'y compenser ce vice, en instituant l'histoire ecclésiastique, liée à l'ensemble des antécédents juifs, et même à la dictature romaine.

Ainsi surgit, en Occident, un point de vue hislori([ue plus abstrait et plus universel que celui de l'antiquité, toujours bornée à des annales purement nationales.

L'éducation du clergé pouvait seule développer convenablement une telle amélioration, dont chaque siècle augmentait la portée.

Mais, outre son introduction sommaire dans l'instruction commune, cet enseignement abstrait se trouva surtout popularisé, sous forme concrète, d'après la célébration des saints, (jui familiarisa les Occidentaux avec les pi-incipales phases de la catholicité.

La supériorité nécessaire de l'élaboration temporelle

sur l'essor spirituel pendaiU toute la seconde phase se manifeste nettement quand on y compare les illustrations personnelles.

Aucun nom vraiment éminent ne surgit alors du sacerdoce, môme central, tandis que la situation dictatoriale suscita trois types admirables, quoique inégaux, qui toujours caractériseront les trois siècles de Charlemagne, d'Alfred et d'Othon.

Ce contraste, qui devint inverse dans la phase suivante, résulta, des deux parts, d'une grande destination, d'abord temporelle, puis spirituelle.

Tout le premier système des guerres défensives propres au moyen âge consiste à compléter l'occidentalité par l'irrévocable adjonction des polythéistes nomades, en les poussant à devenir sédentaires sur le sol quelconque qu'ils occupaient alors, et consolidant leur incorporation d'après leur conversion.

Un concours sans exemple de compression et de concession put seul terminer une suite d'invasions qui menaçaient d'ajourner indéfiniment l'essor de la civilisation pacifique, devenu déjà le but commun des principales aspirations, temporelles et spirituelles.

Il fallait d'abord que l'Occident montrât sa force pour que des peuplades peu disposées à surmonter les difficultés agricoles prissent enfin la résolution de se fixer aux lieux défavorables où la résistance antérieure les avait reléguées.

Mais le succès d'une telle manifestation exigeait ensuite qu'elles fussent dignement incorporées au système occidental, sous l'unique condition d'adopter la foi catholique, alors érigée en symbole du progrès social.

En retour d'une civilisation qu'il apprécia bientôt, ce complément germanique devint la barrière spéciale de la transition affective contre les invasions septentrionales, de

iiiiiniiTo ù rcfoult-'r vers l'est les expéditions iilléricures (les noniades polylliéistes, dès lors émanés surtout de la race jaune.

D'après sa nature et ses conditions, une telle opération, ([uoique destinée à l'ensemble des Occidentaux, dut èlrc instituée par le peuple central, seul assez consistant déjà pour la diriji,er.

L'Italie ne pouvait y prendre aucune part essentielle, vu son défaut radical de condensation politique, ci-dessus expliqué ; la Germanie s'en trouvait exclue, du moins au début, puisqu'elle en était l'objet, quoiqu'elle concourût dignement à la compléter, surtout sous le grand Othon.

Ouant à l'élément britannique, malgré son irrévocable incorporation pendant la première phase, il restait trop iraparfait pour satisfaire au delà de ses propres sollicitudes.

Enfin, le succès de l'invasion musulmane, qui menaçait tout l'Occident d'une intolérable oppression, ne permettait point à l'Espagne de participer à la commune défense autrement que par l'héroïque lutte qu'elle soutenait déjà contre ses dominateurs.

C'est ainsi que le monothéisme défensif se concentra d'abord en France, où la dictature nécessaire de l'incomparable Charlemagne ])Ourvut systénuitiqucment à tous les besoins occidentaux, tant spirituels que temporels.

Presque aussi grand que César et mieux placé, sa suprématie politique, dont il ne s'exagéra point la durée, fonda la ré[)ublique occidentale, de manière à consacrer l'irrévocable destruction de l'empire d'Occident, malgré les protestations byzantines.

Ses succès militaires n'altérant jamais sa prédilection personnelle pour l'activité pacifique, il devint spontanément le meilleur représentant des tendances sociocratiques, auxquelles, dans la môme position, xVlfred aurait fourni pourtant un type plus pur.

Cette fondation de la république occidentale tendit naturellement à déplacer le centre du système.

Quoiqu'une telle réaction n'ait pu se consolider et se développer que sous la phase suivante, j'en dois ici marquer l'origine, parce que ce changement caractérise sensiblement la substitution décisive de l'association libre à rasrrée:ation forcée.

Tant que celle-ci prévalut, le centre politique de l'Occident dut rester placé sur sa circonférence territoriale, d'après les explications spéciales du chapitre précédent.

Mais la libre incorporation exigeait que la population centrale fût partout entourée des divers éléments du concours volontaire, afin de fonder sa présidence, essentiellement morale, sur l'ensemble des fatalités sociologiques, sans aucune oppression politique.

Voilà comment toute la transition affective se trouve résumée par le déplacement de la métropole occidentale, irrévocablement transférée de Rome à Paris avant la fin du moyen âge.

On complète aisément l'appréciation générale de la seconde phase, en y caractérisant le mouvement intellectuel, qui devint déjà plus prononcé, quoiqu'il dût rester secondaire, vu le juste ascendant des besoins sociaux.

Le génie occidental se trouve alors capable d'élaborer directement son nouveau langage, dont les contacts antérieurs avaient assez fixé les conditions fondamentales.

Ce travail s'accomplit, comme sous la théocratie, par le concours continu de la spontanéité populaire avec la systématisation pontificale, qui sut y combiner heureusement les deux occidentalités.

11 réagit bientôt sur la constitution du sacerdoce, qui, resté dépositaire de l'ancienne langue, la fit habituellement servir à mieux diriger et concentrer davantage son office universel.

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VA\o lui permil surloiil do rôalistM" los sngos inlcnliclions il»' la phase pi-éciMltMilt' conlrc la loclui'c viili^aire ilcs li\ ic^ j"''*' '!"' '1'' poiivaioiil (Milrclcnir ([iio des aspirali()ll^ rt'ln^grades au monothéisme Ihéocralique.

(Juanf à la culture spéculative, (hr(»ri(|U(' ci niômc cslhétiquo, elle dut alors rosier essenliolloment suspendue on Uccidenl. sans jamais y susciter pourtant aucune rôpuii,nanco, populaire ni sacerdotale, et seulement d'après li>s exigences supérieures de la situation correspondante.

Mais l'islamisme put, à cet égard, compenser l'impuissance du catholicisme, mieux que no le lit, sous la phase |trécédente, le monothéisme byzantin.

Ayant conservé la confusion antérieure des deux pouvoirs, il se trouva spontanément dispensé des lentes et pi'nibles élahorations qu'imposait à l'Occident une séparation prématurée, vraiment inconciliable avec le principe llié(dogique.

On peut, en eiret, confirmer toutes mes explications sur la complication nécessaire du dogme et du culte catholiques on vertu de cette division, en voyant la destination inverse conduire àla simplification caractéristique do 1 islamisme.

l ne telle compensation permit au génie musulman de dt'Vtdoppor bientôt ses tendances sociocratiquos. surtout vers l'art et la science, dont il fournit, dès cotto phase, ses meilleurs types, pour le double essor, seul possible alors, de l'architecture sacrée et du système astronomique.

Le grand nom d'Albategnius représente suffisamment la juste consécration que l'islamisme procura spontanément à la philosophie naturelle, en faisant émaner d'un jeune prince le perfectionnement do toutes les études cosmologiques.

Avant la fin de cette phase, les écoles de Sévi lie et de

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Cortioiie étaient assez appréciées, même du sacerdoce, pour que les meilleurs Occidentaux, surmontant les antipathies théologiques, allassent y recevoir un complément d'éducation qui ne pouvait alors surgir ailleurs.

Pendant que s'accomplissait partout le mouvement intellectuel et politique, propre à cette seconde partie de la transition afïective, les éléments généraux de l'ordre final y commençaient directement leur évolution décisive.

Il serait ici superflu de s'arrêter spécialement à l'émancipation féminine, qui, déjà constituée sous la phase initiale, ne put alors que se consolider et se développer, en préparant le complément que lui réservait l'institution chevaleresque.

Mais j'y dois caractériser le premier avènement des classes industrielles, d'après l'irrévocable abolition du servage dans les villes et bourgs, malgré la conservation de la servitude rurale, qui ne put cesser qu'en s'appuvant sur cet affranchissement décisif.

Ainsi réduite aux populations concentrées, d'oii devait surtout dépendre l'organisation du travail occidental, la libération personnelle des opérateurs leur permit de mieux développer les caractères essentiels de la nouvelle activité, d'abord individuelle, mais bientôt collective.

Toutefois, cette tendance finale ne put s'y manifester que sous la phase suivante, par l'avènement des entrepreneurs, alors confondus avec les travailleurs.

L'industrie manufacturière s'y borne aux opérations résultées d'une demande spéciale, quoique le commerce institue déjà de vastes expéditions, en liant les principaux contres aux foyers musulmans, d'après la conquête de l'Espagne.

Mais cette restriction nécessaire du travail «primitif se trouva spontanément compensée par une sécurité matérielle qui permit de mieux élaborer les mœurs industrielles.

Si ri'iiscmblc de ma llu'oi-ie lii>li>ri(|U(' pouvait niaiiilt'nant laisser quol»iuos doutes sur la ileslination purement ti'ansiloii'e du monolluMsnic di'tensil", ils seraient aisément dissipés il'api-ès Texamen iiéui'ral de sa principale pliasr, (|ui s(Mil(> me i'(>ste à juger.

Iles trois siècles (|ui la composent, le premier compléta lélaboraliou de la constitution catliolico-l'éodale, dont le dernier commença l'irrévocable dissolution ; en sorte que celui du milieu marque Tunique époque de sa vraie splendeur, liée à sa |)l('ine eflicacité, nécessairement passagère.

La première phase du moyen âge dut faire prévaloir ["indépendance, et la seconde le concours; tandis que la troisième se trouva surtout caractérisée par sa tendance à concilier directement ces deux conditions fondamentales df la vraie sociabilité.

Telle fut la destination morale de la hiérarchie féodale, ([ui n'avait pu jusqu'alors s'établir pleinement, faute dune situation qui fît également sentir ces deux besoins continus.

Depuis que la république occidentale était fondée, la dictature que son avènement avait exigée devenait contraire à sa constitution, en disposant à reproduire le régime de rincorporation forcée.

Mais les prétendus successeurs de Charlemagne s'elforcèrent vainement de prolonger une concentration passagère, alors incompatible avec le développement social.

Cette phase s'ouvrit, comme la précédente, parun changement dynastique dans la monarchie centrale, dont le chef devait se transformer désormais en président de la hiérarchie féodale, qui fut mieux caractérisée en France <jue partout ailleurs.

I ne tfllc institution, outre s(m aptitude directeàsalisfaire

les besoins permanents de Tactivité défensive, fournit le premier type de l'organisation normale du pouvoir pratique.

Car la pleine concentration ne convient habituellement qu'à la puissance théorique, qui resterait naturellement condensée chez un seul cerveau, si ce suprême organe de la synthèse humaine pouvait assez communiquer son influence universelle sans des auxiliaires continus.

Mais la constitution propre à l'existence pratique consiste, au contraire, dans la coordination graduelle des forces indépendantes.

Or, la hiérarchie féodale offre jusqu'ici Tunique modèle de cette organisation, qui suppose la division des deux pouvoirs, mieux appréciée, au moyen âge, chez les praticiens que parmi les théoriciens.

Ce plein avènement de la féodalité devenait tellement urgent que, pour le rendre plus prompt et plus complet, l'Angleterre subit aisément l'intervention exceptionnelle qui changea ses chefs aristocratiques, comme la France venait de le faire envers son chef monarchique, d'après un motif équivalent.

Tandis que la subordination féodale instituait le concours, l'indépendance se consolidait d'après l'hérédité des fiefs, non moins utile aux vassaux qu'aux seigneurs, et déjà préparée par la transformation graduelle des bénéfices militaires, d'abord temporaires, puis viagers.

Une telle succession suffirait pour confirmer la source purement sociocratique de cette garantie nécessaire d'aptitude et de fixité, déjà dégagée de tout caractère théocratique.

Sa vraie nature se manifesta surtout dans les obligations

décisives directement imposées à la possession territoriale, avec la sanction, souvent appliquée, d'une confiscation régulière, à laquelle manqua seulement une moralité plus complète, réservée à la systématisation finale.

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dos conililifiiis iioiivi^llos élaiciil alors dovoiuu's Iclleniciil oiiportunosqu'cllfs se drveloppèrent surtout d'apr^s uni' li-ansfornialidu volDiitairo des alleux on fieis, afin de rt'inpIaiuM- un isolemonl illusoire et périlleux par une diseipline normale et protectrice.

Ainsi se trouva spontanément posé le principe de liberlé qui devra toujours diriger la substitution décisive de la propriélé lelalive à la possession absolue, quand les règles générales de l'existence pratique seront assez établies.

C.Q dé'veloppement com[)let de la vie féodale suscita bientôt l'essor connexe de linlluence féminine et de rinstilution cbevaleresque, ((ui, distinctement surgies et graduellement étendues, n'avaient pu jusqu'alors se caractériser suflisamment, faute d'une situation convenable.

I.a première pbase ayant fondé les mœurs du cbàtcau, la seconde manifesta celles de la cour; en sorte que la double influence, privée et publique, propre au sexe alfeclif. se trouvait assez ébauchée déjà.

Mais la troisième pbase acbeva seule de la constituer, d'après la combinaison spontanée de ces deux attributions dans cbaque résidence féodale, oii se mêlaient heureusement les familles.

Fin même temps, la tendance chevaleresque, bornée auparavant à des types purement individuels, quoique de j)lus en plus multipliés, se développa chez une classe nombreuse, régulièrement instituée, malgré la juste indépendance de ses membres, qui surent la concilier avec le I "iicours.

(lette constitution résulta du principe féodal qui dut concentrer les fiefs chez les aînés, afin d'en assurer le service et d'en garantir l'intégrité, ce qui laissa beaucoup de nobles aussi dépourvus de richesses que de fonctions, suivant les conditions de la vie chevaleresque.

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Ils restèrent néanmoins dévoués à leurs fcimilles; comme les femmes, en obtenant plus d'influence, se subordonnèrent mieux à leurs époux, dont elles substituèrent alors le nom à celui de leur père, en instituant un usage d'abord purement aristocratique, mais ensuite universel.

Enfin, le type de l'existence privée se compléta, même avant l'entière abolition du servage, par l'extension et l'amélioration de la domesticité, dès lors honorée d'après son application à tous les rangs, soit pendant l'éducation, ou pour son analogie avec d'éminentes fonctions.

A cette pleine constitution de la féodalité, correspondit simultanément celle de la papauté, centre nécessaire du catholicisme.

Car le pape devenait le chef normal de la république occidentale, dont le lien général consistait seulement dans la libre communauté d'éducation, de culte et de mœurs, systématisée par un même sacerdoce.

L'empereur, désormais germanique d'après les nécessités défensives, n'était plus qu'un symbole rétrograde, qui suscita, pendant toute cette phase, de graves collisions, parce que la situation nouvelle ne pouvait être assez comprise dans aucun camp.

Malgré ces obstacles, toujours dus à la précocité de la division fondamentale, l'ascendant papal se développa dignement, tant qu'il put conserver une destination vraiment sociale comme régulateur occidental.

Les trois siècles de cette phase finale se trouvèrent caractérisés par trois types éminents : l'incomparable Grégoire Vil, principal organisateur de la vraie papauté, l'heureux Alexandre lll, auquel en échut la meilleure application, et le grand Innocent IIl, digne d'en terminer l'exercice normal.

Ces trois organes politiques du pouvoir spirituel

oMiiu'cnl (le nol)|(>s ('(jimn mIcmIs cIkv. ses ropi-rscnhiiils moraux, (pii. di-pouivus do loiilc assistance tcinporello. l'oiirnii'cnl à racliou sacerilolale des types [)liis purs.

Le siècle d'Ilildehraiid fut aussi celui de la nuMllcure réforme des insiilulions monastiques, que saint Hruno s'eiïorça dignennuit de régénérer, sans pouvoir surmonter la fatalité résultée de répuisement de leur destination transitoire, bornée à la phase initiale.

Elles ne servirent alors qu'à seconder les solliciludes de la papauté pour consolider le célibat ecclésiastique, en un temps où la tendance universelle vers l'hérédité devait aisément s'étendre jusquau clergé, surtout d'après l'accroissemcnt continu de ses richesses.

Au xu*" siècle, l'incomparable saint Bernard vint fournir, à tous égards, le meilleur type du catholicisme complet, surtout dans sa digne victoire sui- un dangereux sophiste, honoré d'un amour immérité.

Le siècle final fut noblement inauguré par le grand -ainl François, qui tenta vainement la seule réforme que comportât le catholicisme, en substituant un clergé nécessairement pauvre au sacerdoce déplorablement enrichi.

Pour apprécier complètement celle digne régénération, donl lavortement spontané manifesta la fatalité qui ruina bientôt le système catholique, il faut envisager sa réaction sur le culte, et même le dogme.

Quoique directement bornée au régime, elle se lia, dès l'origine, aux tendances du siècle des croisades, vers la pré|)<)iid(''rance de la Vierge, qui, depuis le double essor de riniluence féminine etdesmœurschevaleresques, représentait mieux que Dieu le seul objet final des vœux occidentaux, l'Humanité.

Saint Bernard avait profondément sanctionné celte aspiration décisive, en s'efTorçant de la systématiser,

d'après une sage épuration du caractère mystique qui compromettait son efficacité sociale.

Au xiii'^ siècle, une tentative plus radicale, préparée par le pieux utopiste que Dante installa dans son paradis, comme doué de l'esprit prophétique, s'accomplit sous le digne prédécesseur de saint Bonaventure au gouvernement des franciscains.

Son livre, aujourd'hui méconnu, mais alors organe des meilleures aspirations, s'efTorça de faire noblement prévaloir la troisième personne de la Trinité, pour inaugurer le règne du cœur, en écartant une loi provisoire qui représentait l'ascendant de l'esprit.

Cette suave création de la Vierge, seul résultat vraiment poétique du catholicisme, devint un produit collectif du génie occidental, comme on le reconnaît en la comparant au type byzantin, malgré l'identité de leurs sources dogmatiques.

Son élaboration, graduellement préparée dès lé début de la transition affective, appartient surtout à la troisième phase, sous l'impulsion de la chevalerie, qui dut chercher au ciel la dame commune des cœurs inoccupés.

En faisant habituellement prévaloir une telle adoration, on tendait à réparer le vice fondamental résulté de l'omnipotence du moteur suprême, ainsi remplacé par une influence directement impuissante et purement médiatrice, qui ne devait librement développer que l'amour.

Cette sainte idéalisation du type féminin devint mieux apte que la nature divine à préparer la conception finale de l'Humanité, quoiqu'elle ne pût représenter assez l'intelligence ni surtout l'activité, qui doivent céder au sentiment la personnification du Grand-Être.

Aussi, malgré lavortement nécessaire de la réforme du xnr siècle, ce culte, précurseur spontané de la sociolàtrie, grandit-il toujours, à travers l'anarchie moderne, chez les

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< )ci'i(ltMilaiix <[iii niaiiilinrL'iil K' mioux la coiiliiiuilc nitu'ale l'I sociale.

11 iiic reste maiiiteaaiil à caractériser, dans celte phase finale, l'essor poliliqne, le mouvement intellccluel et la transformation sociale.

Sous le premier aspect, elle acheva de constituer la république occidentale, principal résultat du moyen âge, d'après un libre développement de son activité collective, fondée sur la hiérarchie féodale.

Les invasions musulmanes n'étant point susceptibles d'être contenues par l'incorporation catholi(iue, leur répression nécessaire, jusqu'alors impossible, faute d'un suffisant concours, lit naître une seconde suite d'expéditions défensives entièrement différente de la première.

Dans celle-ci, la guerre ne fut portée sur le territoire opposé que pour déterminer ses maîtres polythéistes à s'y fixer défini livemeut. en se joignant librement à la nouvelle occidenlalité, d'après une conversion déjà familière à leurs tribus.

Mais, envers des nations monothéistes, la défense dut prendre un caractère qui semblait davantage la transformer en une conquête, vainement rêvée, en effet, par les aml)itions secondaires.

Toutefois, les croisades restèrent essentiellement défensives, suivant l'admirable prévision d'ilildebrand. qui, même avant sa papauté, les conçut systématiquement, p<»ur (h'termiiier. au nom d<' la foi, seule source d'union, la réaction décisive de loccidentalité ('(fntre une imminente oppression.

En les considérant ainsi, leur succès fut incontestable, puisque, à la fin du xii" siècle, l'Occident se trouvait all'ranclii de toute profonde in(|uiétude.

Les croisades ne se [irolongèrent ensuite que sous une impulsion purement empirique, de moins en moins conforme aux dispositions universelles, malgré Téminent mérite, surtout moral, et même politique, du saint roi qui les termina.

Délivré des alarmes extérieures, l'Occident fut aussi dégagé des préoccupations intérieures, d'après l'admirable triomphe de la résistance espagnole, qui, depuis ses victoires décisives en Andalousie, ne redouta plus la domination musulmane.

Ce double triomphe du catholicisme sur l'islamisme dut bientôt devenir également nuisible à ces deux synthèses transitoires ; car leurs aspirations absolues à l'universalité se neutralisèrent mutuellement d'après l'issue des vraies croisades, qui manifesta l'impossibilité de toute prépondérance.

xMais un tel succès consolida profondément la république occidentale, dont tous les éléments y prirent une digne part, sous la libre présidence du centre français, ainsi confirmée irrévocablement par le commun assentiment qui surmonta les antipathies nationales.

Le mode d'accomplissement de ces admirables expéditions tendit autant que leur source et leur destination à développer dignement les mœurs féodales, caractérisées par la conciliation entre l'indépendance et le concours.

Car, pendant ces longues luttes, l'Occident dut son salut à des services toujours volontaires, surgis de tous les rangs, et même émanés de tous les âges, sous le libre ascendant des meilleurs chefs, surtout dans l'expédition initiale, qui fut réellement la plus décisive, ainsi que la plus spontanée.

Quoique la culture intellectuelle dût, jusqu'à la fin du moyen âge, s'effacer sous les préoccupations sociales, son accélération esthétique, philosophique, et môme scienti-

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rK[iii', siillii'ait [)i)iir disliii^iior crttc plnisc de la précé- (Icnlc.

La Ian«;uc occiiliMitalc so trouva ni assez formée, l'art loiidanienlal, devant idéaliser des mœurs fortement caractérisées, tendit alors, avec d'unanimes encouragements, vers un essor décisif, (juc ne comporlail poini la fatale in>^lal)ililé de la transition alfective.

.Mais les construclions sacrées, qui manifesteront toujnui's la puissance estlii''ti(|ue d'une foi complète et comniunt'. même pui'ement passagèi'e, a})[)artiennent essentiel Icmenl à cette phase, et surtout au siècle des croisades, (jnoicjue hnir libre exécution les ait quelquefois ajournées.

Je ne dois signaler ici l'essor philosophique que comme un symptôme décisif de la tendance de l'Occident à re|u-endre l'élaboration théorique suspendue , depuis son institution grecque, sous le juste ascendant de l'évolution sociale.

Car cette ardeur unanime, qui d'ailleurs concourut à consolider et développer la présidence parisienne, ne comportait aucun résultat théorique, en honorant d'un empressement sans exemple la vaine reproduction d'une métaphysique épuisée et même jugée, du moins empiri- ({uement.

Mais il en fut autrement envers la science, qui, sans comporter alors des créations décisives, fit déjà surgir, au sein du sacerdoce, trois types éminents, Albert le Grand, Uogcr Dacou, et leur lieu syntliéticjiie, l'incomparable saint Thomas d'Aquin, aussi grand d'esi)rit que de cœur.

D'après l'initiation islamique de la phase précédente, le génie catholique tendit à perfectionner toutes les parties de la philosophie naturelle, surtout l'astronomie et la biologie, en développant la science chimique destinée à les unir, et rattachée à la nouvelle activité.

Cette constitution scientifique doit être appréciée comme

un premier pas vers la formation de la hiérarchie encyclopédique, restée impossible tant qu'il n'existait aucun intermédiaire entre l'étude du monde et celle de la vie.

Désormais liées, leur ensemble tendit à transférer aux médecins, alors alchimistes et même astrologues, la direction générale de la culture théorique, auparavant concentrée chez les géomètres, qui depuis ne l'ont jamais recouvrée pleinement.

Une telle disposition, d'autant plus décisive que, pendant tout le moyen âge, la médecine appartint essentiellement au clergé régulier, s'accorda spontanément avec la combinaison permanente entre la philosophie et la science, séparées par la dégénération grecque.

Résumé dans la digne consécration d'Aristote, ce concours normal des deux aspects, général et spécial, propres à l'esprit théorique, résulta naturellement, dès le début de la transition affective, de la destination sociale du sacerdoce, ainsi conduit aux vues synthétiques.

Obligé de régler la vie humaine, il dut bientôt sentir la relation nécessaire des lois morales tant aux lois physiques qu'aux lois intellectuelles.

Mais cette tendance générale se trouva spécialement fortifiée, sous la troisième phase, d'après l'avènement décisif de l'existence industrielle, qui, faisant partout sentir l'importance de la prévision rationnelle, poussait à fonder la philosophie sur la science.

Telle fut la double intluence qui détermina l'amélioration caractéristique des controverses métaphysiques au moyen âge, oià, sans comporter aucun produit déterminé, la lutte du nominalismc contre le réalisme tendit à mieux poser la question synthétique.

Pendant toute la phase finale, cette discussion indiqua de plus en plus une aspiration confuse à faire prévaloir

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riinili'' subjoclive, en rcmpIiKjant les causes [)ar les lois.

Au mu" siècle, on fut ainsi ciiuduil à sanctionner Tintroductiou cdulinue île la science dans la consliluliou (J'un enseignement d'abord destiné seulement aux ecclésiastiques, quand les écoles annexées aux cathédrales se transl'ormèrent eu universités.

(Juoiqu'il reposât sur le trivium littéraire et métaphysique, lequadrivium scientifique y devenait régulièrement le complément nécessaire de la préparation théologique.

Cette condition finale, qui se bornait toutefois à des ■études rudimentaires, où les grands théoriciens d(^ l'antiquité restaient inconnus, ne fut essentiellement éludée qu'après le moyen âge, quand le sacerdoce dégénéré restreignit son instruction habituelle.

L'avènement décisif de l'existence industrielle devint, pendant tout le cours de la troisième phase, la suite naturelle et le complément nécessaire du double essor commencé d'après l'institution du servage et caractérisé par la libération des travailleurs urbains.

Personnellement alîranchis, ceux-ci ne tardèrent point il se dégager collectivement d'une discipline qui ni^ pouvait régler une activité qu'elle n'avait point prévue.

Dès le premier siècle de cette phase, les corporations industrielles obtinrent une existence civique, consacrée par leur adjonction à la hiérarchie féodale.

Leur libération politique devint même vicieuse, en y suscitint des aspirations rétrogrades à la vie militaire, quand elles se trouvèrent, comme en Italie, spontanément exemptes de la compression aris(ocrati({ue. d'après la dispersion exceptionnelle ci-dessus expliqut'e.

Mais, partout ailleurs, l'industrie occidentale utilisa sagement cette indé])endance provisoire pour organiser et dé'velopper son activité caractéristique.

Cette élaboration sociale dut surtout consister dans une séparation décisive entre les travailleurs et les entrepreneurs.

De là dépendait nécessairement la transformation fondamentale du caractère industriel, qui, d'abord purement individuel, ne pouvait enfin devenir vraiment collectif que d'après la prépondérance normale des directeurs sur les opérateurs.

En eflet, c'est seulement en travaillant pour une destination future ou lointaine, mais actuellement indéterminée, qu'on peut habituellement sentir la dignité sociale de l'industrie, de manière à convertir des occupations personnelles en fonctions civiques.

Cet avènement décisif des entrepreneurs résulta spontanément de la phase précédente, où la libération de chaque travailleur dut souvent aboutir à des accumulations suffisantes.

Le commerce y parvint avant la fabrication, dont il aida l'extension, qui constitue le nœud principal de l'organisation industrielle, d'après son interposition normale entre la production des matériaux et la distribution des résultats.

Avant la fin du moyen âge, la république occidentale avait spontanément institué sa nouvelle activité, dont le commun essor survécut ensuite à la dissolution des liens politiques et religieux sans lesquels il fût resté d'abord impossible.

Sagement réglées par d'éminents négociants, dignes précurseurs de la systématisation finale, les relations du commerce italien avec la ligue germanique s'accomplirent sous l'entremise des villes flamandes, après la merveilleuse création de la Hollande.

Mais l'organisation pacifique ne serait pourtant devenue jamais possible, si sa base agricole avait toujours subi la servitude rurale qui l'empêchait de surgir.

Los ontroproMCurs y somblonl tl'abord, inversomonl à la mairlio ordinaire, s'élever avant les travailleurs ; piiiscjue les ehel's féodaux tendaient à se transformer en diieeteurs de domaines, à mesure que cessait leur acti- \ it»' militaire.

Touti'l'ois, une telle transformation restait contraire à leurs nueurs, comme aux préjugés universels, de manière à ne pouvoir jamais se réaliser, sauf les cas artificiels (junn prochain avenir réserve aux populations arriérées.

Le sentiment commun de cette opposition dut concourir à relarder Labolition du servage rural, en montrant l'impossibilité d'instituer des exploitations assez supérieures à la culture servile pour renouveler l'existence agricole.

Néanmoins, ce vaste complément de la libération personnelle s'accomplit spontanément d'après le concours des impulsions morales avec les conditions industrielles, quand le prix des libérations se convertit en acquisition des produits fabriqués ou transportés par les villes.

La bulle trop célèbre sur l'universelle abolition de l'esclavage occidental se réduisit à consacrer une transformation essentiellement accomplie, que ces vagues motifs alTeclèrent peu, surtout dans les domaines ecclésiastiques, où les serfs étaient mieux traités.

En voyant le servage persister encore, malgré le christianisme, chez les Européens orientaux, on reconnaît aujourd'hui que la participation du catholicisme à sa suppression primitive fut due au sacerdoce, inspiré par la situation, indépendamment de la doctrine.

En combinant cette subdivision avec la division principale, on construit le plan général de la transition exceptionnelle, partagée sociologiquemenl en trois phases successives, suivant que la décomposition demeure spontanée ou devient systématique, d'abord incomplètement, puis complètement.

La première comprend les xiv'" et xv*" siècles; la seconde aboutit au triomphe simultané du gallicanisme et de ranglicanismc, au début de la dernière demi-génération du xvii" siècle ; la troisième conduit jusqu'à l'avènement de la crise française.

Quoique leur distinction ne semble ici fondée que sur le mouvement de décomposition, l'examen concret va démontrer qu'elle convient pleinement au mouvement de recomposition, dont la nature moins prononcée m'interdisait de l'y faire d'abord participer.

Le cours de ces trois phases, spontanée, protestante et déiste, oiïre un dév^eloppenisnl continu de tous les caractères, intellectuels ou sociaux, tant positifs que négatifs, précédemment assignés à la révolution occidentale.

A mesure que la foi se dissout, les esprits s'isolent et se rétrécissent, les notions de détail prévalent de plus en plus sur les vues d'ensemble.

En même temps, l'anarchie mentale altère graduellement les préceptes moraux, d'abord dans la vie publique, puis envers les relations domestiques, et même enfin quant à l'existence personnelle.

Un égoïsme croissant tend à détruire les meilleures traditions du moyen âge, en surmontant de plus en plus

1853 IGii

l;i i(''>islaiict' fémiiiino, sous les impulsions avouées «le roriiucil el de la vaiulr. «iiii laissent souvent apercevoir celles de la cupidité.

i/usui'palion leniporelle dissipant loutc lr;ice de la séparation noi-niale entre les deux pouvoii's, la politi(|ue se matérialise, et [)artout on demande aux lois de l'égler ce <jui dépend seulement des mœurs.

l^endant ([ue l'élément central du [)Ouvoir temporel obtenait, dans la majeure partie de l'Occident, une prépondérance nécessaire, l'élément local compensait sa décadence politique en développant sa dignité morale.

Tant que dura cette phase, la noblesse, surtout en France, fournit aux nouvelles classes d'importants modèles de sentiments et de conduite, qui prouvèrent la salutaire efficacité que comporte l'hérédité des richesses, même séparée de celle des fonctions.

Mais cette intluence appartint principalement au sexe alTectif, dont la destination sociale dut alors résider chez l'aristocratie, seule assez imbue du moyen âge pour résister dignement à l'anarchie moderne.

Néanmoins, une admirable anomalie annonça déjà la supériorité finale de la femme prolétaire, d'après l'incomparable héroïne (|ui se dévoua si précieusement à l'indépendance française.

L'institution des armées soldées, et bientôt permanentes, graduellement développée dans tout le cours de cette phase, fournit un témoignage général de la décadence radicale des mœurs militaires et de la prépondérance décisive de l'activité pacifique.

Sans cette double impulsion, on ne pourrait expliquer la tendance unanime de l'Occident vers une innovation incompatible avec la dignité du caractère guerrier, qui l'aurait repoussée, tant que prévalurent les dispositions romaines ou féodales.

La noblesse commença sa dégradation morale en acceptant un office qui la convertissait en instrument passif, plutôt que de se placer à la tète des classes agricoles en dirigeant ses domaines ruraux.

Néanmoins, une telle institution devint alors, pour la dictature monarchique, un précieux appui, sans la pousser encore aux déviations militaires.

Employée d'abord comme moyen d'ordre, elle annonça déjà sa transformation finale en instrument de police, quand l'Occident aurait épuisé toutes les sources exceptionnelles des guerres modernes.

Les dépenses qu'elle suscita déterminèrent l'avènement, impossible au moyen âge, des impôts continus, qui tendirent liientôt à lier spontanément les fortunes privées aux besoins publics, de manière à préparer spécialement le régime sociocratique.

Cette phase doit être regardée comme la plus favorable à la digne intervention des légistes, et surtout des juges, dont la subalternité politique, conforme à leur vraie nature, dut alors les préserver d'une ambition corruptrice.

En participant utilement à la concentration temporelle, ils surent contenir, par leurs règles empiriques, les tendances arbitraires de la dictature qu'ils secondaient.

Leur influence se développa principalement envers la propriété, que le principe des confiscations, désormais privé des garanties féodales, menaçait d'une instabilité directement incompatible avec le libre essor de l'existence pratique.

Ils ne purent prévenir ou réparer ce danger qu'en réta-

Missanl riii(li'|)iMi(l;inco ronsacrrc |i;ir \o iv'-j^inK* l'oinain, qui n'admcllail [xtinl riiiviolabililô.

Ouoi{]ii(> ce rcloui- à raljsolu llii'ocraticiuc devînl, roni- |iai'ali\ l'iiKMit ail uioycii àgo. uiio vrrilaMo rélroj^radalioii, (liint rnccidoiil sul)it aiijdiird'luii les riNiclions sii1)V(M"sives, il était alors iniposo par los besoins duno siliialioii où nullo antre ^ai'antic ne ponvait suj'jj;ir.

Knvers le mouvement de décomposition, l'ensemble de i-ette phase se trouve résumé d'après l'avènement décisif de la dictature temporelle.

Car ce résultai icprésente aussi l'anarchie mentale et la corruption morale par la matérialité croissante des inspirations politiques, où présida de plus en plus un égoïsme avoué.

Quoique cette dégradation n'ait été systématisée qu'en Italie, sous une personnification caractéristique, la dispersion propre à ce cas exceptionnel, où la grandeur des résultats ne dissimule plus la bassesse des moyens, s'y borne à mieux manifester une disposition devenue universelle.

Cette grande école, seule représentation du xviii' siècle envers l'avenir et le passé, le lie an précédent par Fontcnclle, au suivant d'après Condorcet.

Ses organes propres se groupent spontanément autour de deux types du premier ordre, l'un théori(jue, l'aulrc pratique, Diderot et h'rédéric, <[ue caractérisent l'esjjiil le phis encyclopédique surgi depuis Arislote et ra}»titud(> j)olili(juo la mieux comparable à celles de César et Charb'magne.

Mais ces deux représentants essentiels de la troisième

phase ne purent également développer leur valeur personnelle, vu rinégale harmonie entre leur situation et leur vocation.

Le dictateur fournit le meilleur modèle de la politique moderne, en conciliant, suivant le vœu de Hohbes, le pouvoir avec la liberté ; tandis que le philosophe, né pour construire, se vit forcé de concourir à la destruction, seule possible alors, sans trouver jamais un digne emploi de ses principales facultés.

Toutefois, le positivisme permettant d'apprécier toujours le mérite individuel, même à travers la situation historique, le plus grand génie du xviii" siècle obtiendra bientôt son ascendant final, juste compensation de la fatalité qui remplit damertume une existence avortée par empêchement extérieur.

Ces deux types, naturellement connexes, quoique sans contacts personnels, rallieront toujours les principales gloires d'une telle phase. Hume, d'Alembert. Montesquieu, Buffon, Georges Leroy, Turgot, etc.. qui ne pourraient rentrer dans aucune des deux écoles secondaires.

Quant aux illustrations purement scientifiques, elles doivent aussi se rattacher à cette suprême école, seule capable d'apprécier leurs travaux, à mesure que, faute de vues philosophiques, les savants devenaient indignes d'admirer Clairaut, Lagrange et Berthollet.

Son intervention nécessaire dans l'élaboration négative permit aux deux sectes incomplètes de développer leurs tendances respectives, sans que leur antagonisme naturel altérât leur commune destination.

Avant que l'école politique eût distinctement surgi, l'énergique sagesse de Diderot avait institué l'atelier encyclopédique pour la faire suffisamment concourir avec l'école philosophique.

Une telle concentration tendait à rappeler le but orga-

niijiii' an milieu du travail crili([M(', m lamenaiil toujouis la pcusét' \(Ms la ('()ii>lrii(iioii trimo synthèse coniplrlo.

(ic iiioile compensail aussi la (lis[)osilion anli-hisloii(|UL' ilo la troisième phase, soit en donnant à l'histoire un accès direct, soit surtout d'après la tiliation des conceptions sciontifiques.

.Mais Diderot était trop syntliéti([ue pour se méprendre, comme son collègue, sur la nature et la destination d'une c<MU[)ilation propre à faire mieux sentir alors l'impossiliilité de systématiser.

L'école orpanique domine tellement la troisième phase que la coordination décisive de la doctrine critique émana même de l'un de ses membres secondaires.

Une telle systématisation, procédant de l'égalité pour aboutir à l'individualisme, exigeait que les intelligences fussent pi'oclamées intérieurement égales en attribuant aux influences extérieures tonte la diversité des résultats, et que la morale reposât exclusivement sur la personnalité.

L'éloquent sophiste qui popularisa la politique négative put se borner à développer cette ingénieuse élaboration, résumé naturel de la métaphysique moderne, dont Diderot seul sentit alors le vice radical.

Ou doit aussi rattacher à la grande école du xviu" siècle deux branches spéciales de la doctrine criti(iue qui conservent encore quelque crédit, parce qu'elles offrent partiellement un caractère organique, quoique indirect et confus.

La principale consista dans la tentative des économistes pour découvrir les lois de l'existence matérielle des sociétés, en l'étudiant isolém(mtde l'ordre intellectuel et moral.

Malgré ravortement nécessaire d'une entreprise aussi vicieuse, leurs travaux concoururent à Tébranlement décisif, en discréditant le système d'encouragement adopté par les gouvernements occidentaux envers l'activité pacifique.

Ils assistèrent aussi l'évolution positive, en attirant sur l'industrie une attention théorique, et même en faisant déjà sentir le contraste pratique entre la civilisation moderne et l'ancienne.

En second lieu, les études relatives à la législation, surtout pénale, concourent alors à manifester l'urgence d'une réorganisation totale.

Les avocats v montrèrent leur tendance à prévaloir sur les juges, irrévocablement incorporés à la dictature rétrograde.

Cette double annexe permit seule à la métaphysique négative de pénétrer immédiatement chez les populations catholiques, d'où surgirent même les premiers encouragements accordés aux juristes, et surtout aux économistes, par l'empirisme officiel.

Après avoir assez caractérisé l'institution finale de l'élaboration critique, il est aisé d'en compléter l'appréciation en déterminant sa réaction naturelle sur le développement de l'anarchie moderne.

La dispersion des pensées était ainsi devenue telle, que la doctrine négative divisait ses propres partisans en sectes inconciliables.

Mais le désordre mental se manifesta surtout envers le point de vue historique, d'où devait pourtant émaner l'unique solution.

Les deux écoles incomplètes tendirent à l'écarter irrévocablement, l'une en systématisant la réprobation spontanée du moyen âge, l'autre en faisant ouvertement abstraction de tout passé, sauf pour accréditer ses utopies

siilivci'sivos, (iaprôs uno viciiuisc appn'cialion di; l'anliqiii((''

(Jiiaiit à la i-i'aclion sociale, on concjoit facilement les ravages d iinr doclrint' qui faisait, sons cluuino aspect, consister la pcrfcclion Iminainc clansl'étatde non-gouverncnicnt.

.Moralenicnl. après avoir développé les alleintes du protestantisme envers le régime domestiquejusqu'à méconnaître tout mariage, le déisme altéra directement la discipline personnelle en autorisant le suicide et préconisant l'orgueil on la vanité.

Politiquement, il acheva de discréditer la division des deux puissances, en s'efforçant d'instituer directement la suprématie absolue du nombre, de manière à ne laisser d'autres garanties d'ordre matériel que la violence et la corruption.

De ce fond impur et contradictoire, dut pourtant surgir la première manifestation des tendances décisives de l'Occident vers la régénération finale.

En considérant l'ensemble du programme que fournit, à cet égard, l'école organique, on est aujourd'hui frappé de l'incompatibilité qu'il présente envers les dispositions propagées parles deux écoles critiques, qui pourtant n'y sont point désavouées.

Une république vraiment sociocratique, fondée sur un généreux essor de l'éducation universelle, où la morale se trouve dégagée de toute théologie, y contraste avec la brutale domination du nombre, la négation directe des instincts bienveillants, et le dédain complet de la culture des sentiments.

Ma théorie hislori([ue explique cette incohérence, d'après le retard nécessaire du mouvement positif envers l'impulsion négative.

Néanmoins, une telle contradiction indique d'avance

l'avortoment radical de la tentative régénératrice qui fut d'abord dirigée par une pareille doctrine.

Malgré tous ces vices, la métaphysique négative obtint, en vertu de sa seule opportunité, trois triomphes caractéristiques sur la dictature rétrograde, pendant la dernière génération de la troisième phase, aux applaudissements universels du public occidental, même aristocratique ou sacerdotal.

Le premier, et le plus décisif, consista dans l'abolition officielle du jésuitisme, qui, quoique directement émanée des rivalités catholiques, ne put réellement profiter qu'à l'ébranlement philosophique, ainsi secondé par ses propres adversaires, tant les vues d'ensemble étaient alors perdues partout.

On vil ensuite l'école encyclopédique directement appelée à gouverner d'après l'avènement politique de son principal praticien, dont la courte présidence fît bientôt sentir le besoin d'une commotion sociale, seule capable de dissoudre la coalition dictatoriale qui s'opposait à tout progrès.

Enfin, la métaphysique négative acquit une consécration populaire en présidant à la crise américaine, quoique la principale portée d'un tel événement dût consister à commencer l'irrévocable dissolution du système colonial, alors lié partout à la rétrogradation.

Cette participation dissimula spécialement l'impuissance organique d'une telle doctrine, qui, sans pouvoir diriger une réorganisation intérieure, y devenait suffisante pour briser un joug extérieur, comme elle l'avait d'abord fait en Hollande.

XX Vl

Lo monde révolulidiinaire se parlaj^cail ciilrc trois (''coles, dont aucune ne pouvait présider convenablement à la rénovation, où tout l'Occident suivait avec anxiété réiaborafion franraise, vu sa destination universelle.

Naturellement organique, quoique nécessairement vague, faute d'une doctrine positive, l'école encyclopédique de Diderot avait fourni plus de membres éminents qu'aucune autre.

Elle conserva ce privilège en produisant alors deux dignes types, l'un pratique, l'autre théorique : le grand Danton, le seul homme d'Ktat dont l'Occident doive s'honorer depuis Frédéric : et l'admirable Condorc(>t, runi(|ue philosophe qui poursuivit, dans la tempête, les mé'di talions régénératrices.

Mais cette suprême école était trop incomplète et trop méconnue pour prévaloir habituellement, ([uoiqu'elle fût toujours invoquée contre les principales diflicullés.

La présidence révolutionnaire devait donc flotter entre l'école philosophique de Voltaire et l'école politique de Rousseau: l'une sceptique, proclamant la liberté, l'autre anarchique. vouée à l'égalité; la première frivole, la seconde déclamatoire : toutes deux incapables de rien construire.

Néanmoins, celle-ci dut bientôt dominer comme possédant seule une doctrine apparente, pendant le peu d'années où le Contrat social inspira plus de contiance et de vénération (jue n'en obtinrent jamais la Bible el le Coran.

A défaut d'une théorie sociale, l'instinct régénérateur dut alors se guider d'après les uuiximes que les luttes aut<''iieures lui rendaient familières, el la n(''i:ation de tout

gouvernement se trouva spontanément érigée en type final de l'ordre humain.

Une telle illusion ne pouvait être rationnellement jugée, puisqu'elle résultait de l'absence même de la doctrine qui aurait permis de l'apprécier.

Or, il était impossible de la sentir empiriquement, car les applications politiques de la métaphysique négative devaient jusqu'alors l'accréditer.

Son impuissance organique aurait pu se manifester d'après l'avortement de la révolution anglaise, si la vraie source d'un tel échec ne fut pas restée méconnue, faute de théorie historique.

La doctrine critique ne devint réellement suffisante qu'en Hollande, oi^i la révolution consista seulement à rompre au dehors un lien oppressif, sans susciter au dedans aucune régénération.

Elle échoua nécessairement quand elle dut, en Angleterre, diriger une réorganisation qui supposait d'abord une conception positive de la société moderne.

Mais cette insuffisance, mal appréciée et peu connue, semblait compensée par le récent succès de la métaphysique négative envers la révolution américaine, où les deux cas antérieurs paraissaient combinés, quoique le type hollandais s'y trouvât seul réalisé.

Ainsi, l'impossibilité de reconnaître alors l'inanité de la doctrine critique concourut, avec le besoin d'une théorie quelconque, pour produire et maintenir la fatale illusion qui lui transféra la présidence de la crise finale, jusqu'à ce qu'un tel triomphe la discréditât irrévocablement.

Quoique cette inévitable méprise suffise pour expliquer la dégénération subversive d'un mouvement unanimement annoncé comme organique, la déviation se trouva

iiolahlciut'iit aggravéi* par liiicapacili' radieali' du deniior des rois français.

Tout réhranlenu'iil pouvait alors se réduire essi'nlitdlouicnt à snpj)rinu'r uno royaulr dont la chute spontanée devint appréciable, quand la population paj'isienne accompaii'na liNremont de ses chants do joie le cercueil de rimposani dictateur (jui commença la rétrogradation.

>hiis cette abolition nécessaire permettait, et -même • xigeait le maintien de la dictature moderne, qui devait - 'ulement être républicainement transformée.

Or, celui qui l'exerçait alors pouvait accomplir paisiidement ce changcMuent nécessaire, de manière à conserver la puissance et mériter la gloire, si sa raison avait sagement apprécié l'inviolabilité théocratique, dont le décorait une croyance déchue. Dépourvu de toute énergie, il notîrait d'autre valeur morale qu'une bonté privée, inca[»able d'application sociale.

Quoi([ue impropre à cette résolution, il pouvait, s'il eût été vraiment honnête, en réaliser l'équivalent d'après une noble abdication, quand, la forteresse parisienne, succombant sous l'indignation populaire, les moins clairvoyants durent sentir la gravité de la situation.

Ce devoir, dont la violation suflirait, indépendamment de ses coupables intrigues, pour justifier sa fin tragique, aurait fait prévaloir un frère digue d'accomplir la transformation républicaine, comme l'indique la sagesse de sa dictature tardive.

l)rs lors, l'ordre public se trouvant essentiellement maintenu, la guerre ne fût point survenue, et l'agitation subversive serait restée spirituelle, en évitant l'explosion sanguinaire qui résulta surtout d'une défense désespérée.

A cet ens3mble d'inQuences, sociales et personnelles, il faut joindre l'impulsion empirique naturellement émanée du contraste politique entre la France et l'Angleterre.

L'épuisement de l'un des modes dictatoriaux devait, dans l'absence d'une vraie théorie, disposer spontanément à l'imitation de l'autre.

Cette tendance prévalut, surtout chez l'assemblée préliminaire, qui, sous l'autorité de Montesquieu, s'efforça de réduire la crise française à l'importation du régime anglais, en ébauchant même une parodie de sa nationalité théologique.

Après avoir fait méconnaître le caractère républicain de l'ébranlement, une telle disposition l'altéra quand le cours des événements eut irrévocablement surmonté les illusions constitutionnelles.

Car, en renonçant au simulacre de roi, cet empirisme maintint une funeste prédilection pour le régime parlementaire, quoique contraire à l'ensemble du passé français.

L'ambition métaphysique futainsi conduite à concevoir la transformation républicaine comme consistant dans le règne d'une assemblée.

Cette aberration était trop conforme à l'esprit général de la doctrine critique pour ne pas prévaloir spontanément, autant chez les Montagnards de Rousseau que parmi les Girondins de Voltaire.

L'école dantonienne de Diderot, supérieure aux illusions démagogiques, développa seule les traditions françaises, en concevant la situation républicaine comme destinée à ranimer l'ascendant nécessaire du pouvoir central, au lieu de faire triompher le pouvoir local.

Quand l'aristocratie britannique institua la coalition rétrograde contre l'impulsion régénératrice, les besoins

ilc la (l(''l'oiiS(> iialionalc li-aiislV'n'rcul l)ienlùl le goiivc^nu.'niciil à ces chefs d'élilc, aussi recommantlaMes tle cœur et tl'espril (jue par le caractère.

Ils (lomiutM-ent pendant les dix mois entic l'expulsion nécessaire des discoureurs et le sanguinaire triomphe des fanati(iues; période (|ui caractérisera linalemeul l'uniiiue assemhlée française dont le souvenir doive rester.

Alors surgit, à travers les nuages métaphysiques, radmii'altle louccpliou du gouvernement révolutionnaire, insliluant une dictature comparable à celles d(> Louis XI, de Richelieu, de Cromwell, et même de Fr(^déric.

Tout en dirigeant avec une irrésistible énergie la défense républicaine, elle compléta Tabolition de la royauté par l'élimination des divers débris qui s'y rattachaicMil.

Cette dictature progressive osa même supprimer, avec la sagesse convenable, le système d'encouragements de la dictature rétrograde envers les éléments empiriques d'un mouvement organique dont la coordination normale devait alors être directement élaborée.

Il faut surtout apprécier la judicieuse énergie qui. malgré des préjugés encore accrédités, abolit des couipagnies scientifiques devenues hostiles au progrès théoriqiH', d'après bnir irrationnelle constitution, où chaque décision émanait d'une majorité nécessairement incompétente.

Mais quand Danton eut succombé sous l'ombrageuse rivalité d'un déclamateur sanguinaire, la nouvelle dictature dégénéra bientôt en une rétnjgradation anarchicjue, à hupielle rien ne sera jamais comparable.

L indépendance française élaiil assez garantie contre le dedans et le dehors, la tendance vers une régénération directe dut alors se dévelo[)per ciie/ ceux quine pouvaient

sentir à temps l'impuissance organique de la doctrine dominante, désormais incorporée à la défense.

Investis d'un empire arbitraire, ils manifestèrent, par l'application la plus décisive, le caractère subversif d'une théorie dont le triomphe exigeait que l'oppression sanguinaire s'étendit autant aux éléments du nouveau système qu'aux débris de l'ancien.

Quiconque rattache aujourd'hui l'instinct du progrès à la métaphysique négative pourrait ainsi sentir combien la notion d'un développement continu se trouve naturellement incompatible avec l'immobilité nécessaire des droits de l'homme.

Malgré la courte durée de ce violent délire, l'opinion publique, sauf des oscillations passagères, regarda toujours ce triomphe de la doctrine critique comme une épreuve décisive de son inanité, puisque les aberrations n'y devinrent exceptionnelles que quant à la possibilité de prévaloir.

C'est pourquoi les convictions républicaines se décomposèrent bientôt chez ceux qui ne leur reconnaissaient pas d'autre base, et subsistèrent seulement dans l'école de Diderot, tandis que celles de Voltaire et de Rousseau fournirent des instruments à la tyrannie rétroo:rade.

On a trop méconnu l'immortelle école qui surgit, au début du xix" siècle, sous la noble présidence de de Maistre, dignement complétée par Bonald, avec l'assistance poétique de Chateaubriand.

Elle discrédita systématiquement le négativisme, en prouvant que ses vices, empiriquement sentis, loin d'offrir aucun caractère fortuit, résultaient nécessairement de sa

luiluro, do l'aroii à se irprodiiire cluiqiK' fois quil j»i('!vaudrait.

Maliiri' los (lis[)(>si(ions modernes, celle di'iiioiislralion, ([lie les révolulioiinaires incurables |)ouvaienl seuls récuscu", intlua bientùl sur ro[)inion [)ul>li({uo, on }' di'tei'niijuinl une réaction vaguo conlro lo sièclo précédenl. sans que lancionne foi cessai de déclioir.

On reconnut dès lors lo besoin continu (.l'une reiiuion quelconque, et les métaphysiciens furent ainsi conduits à rendre leur déisme plus rétrograde, quoiquil restât autant anarchiquo.

La culture morale ne se trouva pas moins négligée ; mais personne nosa. comme au xvni" siècle, en contester rimj)ortance, et l'on vit même se développer alors une allectation universelle de sentimentalité.

De là résulta, chez les âmes honnêtes, une hyi)ocrisie analogue à celle do Kant, qui, malgré ses démonstrations décisives contre la réalité des croyances surnaturelles, setforçait sincèrement de les rétablir, au nom de leur nécessité sociale.

Ouelques dangers, inloUoctuels et moraux, qu'olTrîl une telle disposition, surtout parmi les natures vulgaires, rétrogrades ou révolutionnaires, il faut aujourd'hui reconnailro qu'elle concourut à poser provisoirement le problème occidental.

Envers la guerre, le principal reproche de la postérité doit concerner l'opinion française, au lieu de rester concentré sur un dictateur empirique, entraîné par son instiiiel militaire, dont le public pouvait aisément contenir l'essor.

Car il suffisait, au début de la déviation, do blâmer dignement la spoliation de l'Italie et l'invasion de l'Egypte; tandis que cette double ojqjression excita, parmi les Fran- (jais, un enthousiasme unanime, surtout chez les lettrés.

Quand rocciipation provisoire de la Belgique et de la Savoie eut constaté la pleine efficacité de la défense républicaine, l'activité militaire devint nécessairement contraire à la mission occidentale de la France.

Au début de la crise, ce peuple s'était noblement interdit toute conquête, même pour propager ses institutions, qu'une libre adhésion devait seule faire prévaloir.

Mais ces déclarations solennelles se trouvèrent bientôt oubliées, quand la métaphysique qui les systématisa perdit son ascendant, d'a])rès une épreuve décisive.

Telle est rinsuffisance des sentiments dépourvus de convictions durables, qu'une aberration sans exemple succéda rapidement à ce digne élan, sous le vain prétexte d'une propagande oppressive, promptement remplacée par un égoïsme avoué.

Mais l'instinct moderne conserva son caractère pacifique au milieu de l'anomalie guerrière, qui, malgré sa popularité, dut toujours reposer exclusivement sur le recrutement forcé, surgi dès la seconde phase, et graduellement étendu pendant la troisième.

Les séductions d'un avancement merveilleux n'empêchèrent point les officiers de manifester, presque autant que les soldats, l'affaiblissement spontané des inclinations militaires, puisque les carrières civiles furent toujours préférées par quiconque pouvait choisir.

Cette démonstration se compléta d'après la puissance et le crédit qu'obtinrent simultanément la gendarmerie et la police, tendant à remplacer l'armée et la justice, malgré l'avènement de magistrats sans consistance et de guerriers sans dignité.

Quand l'orgie finale de l'instinct militaire fut irrévocablement épuisée, une paix incomparable inaugura la

sccoikIc généra lion du siècle excoplioiincl, sous le iiieilleurdes cinq dictateurs qui se sont jusqu'ici succédé après Danton.

Alors cessa nécessairement le danger tlune rétrogradation dont la principale force reposait sur la guerre.

La liberté spirituelle surgit spontanément, sous la seule impulsion de la paix, à travers les entraves officielles ; et le principe intellectuel de la solution occidentale ne tarda point à se dévoiler, comme je vais l'expliquer.

Mais la chute de la tyrannie rétrograde introduisit un fatal essai du régime parlementaire, qui, sans comporter aucune consistance, surtout populaire, s'accrédita par contraste enfers une concentration oppressive.

Cette nouvelle aberration, plus nuisible et plus durable qu«' la précé'dente, malgré la paix et la liberté, troubla profondément les cœurs, les esprits el les caractères, en développant l'habilude de la cori'uplion, du sophisme et de r intrigue.

Ses vices naturels se trouvèrent aggravés d'après lappui qu'elle fournit à l'intluence sociale des littérateurs et des avocats, qui, sous des types de plus en plus dégradés, devinrent, d'abord dans la tribune, et surtout ensuite par les journaux, les directeurs provisoires de l'opinion publique.

Afin de mieux apprécier les ravages, intellectuels et moraux, que dut exercer un tel régim(> pendant la génération |)ropre à sa pré|)ondt''rance, il faut ici caractériser la coalition exceptionnelle qui, dès son début, se forma spontanément pour exploiter les vicieuses ressources qu'il olTrait.

Un court épisode conduisit alors tous les ambitieux sans convictions à liguer leurs prétentions politiques en s'accordanl mutuellement deux réhabilitations d(''j)lorables, respectivement contraires à leurs opinions avouées.

L'anarchie mentale laissant le public sans défense contre les séductions concertées et prolongées, on explique aisément le succès de cette immense conspiration de la presse française, malgré de dignes protestations.

Quoique la postérité n'y puisse distinguer qu'un chansonnier, sa funeste inlluence mérite de concentrer la flétrissure personnelle d'un tel complot.

Toutefois, cette collusion sans exemple n'aurait pu suflisamment réussir si les gouvernements occidentaux ne l'eussent d'avance accréditée, d'après leur vicieuse intervention dans les affaires intérieures de la France, dont ils avaient, Tannée précédente, sagement respecté la juste indépendance.

Une telle faute lia provisoirement la nationalité française au souvenir de la tyrannie rétrograde; ce qui facilita la déception destinée à transformer le dictateur militaire en représentant général des tendances révolutionnaires.

Cette déviation des gouvernements occidentaux se trouva bientôt aggravée par leur disposition à subordonner leur politique collective au concours d'une puissance, essentiellement orientale, dès lors admise à leurs délibérations communes, dont la présidence nominale lui fut souvent* déférée.

La similitude des croyances officielles constituant la seule source d'un tel rapprochement, il offrait, par cela même, un caractère nécessairement rétrograde, en secondant les tendances vers la restauration factice d'une foi déchue.

Mais ce titre était plus apparent que réel, puisqu'il devait aussitôt rappeler les justes antipathies de l'Occident envers l'Eglise grecque.

Quoique les réactions entre l'islamisme et le catholicisme aient, depuis le moyen âge, intimement lié les des-

liiUM'-» (les Tiu'cs v[ des Occidenlaiix, lu p()lili([ue olioinane - ali->tiiit toujours d'une telle iulervention.

Si la Russie eût imite cette sagesse, en sentant qu'il n'appartient jamais aux populations arriérées de régler les p('uj)les avancés, son gouvernement, progressif au dedans, n'aurait point altéré ce caractère en devenant, au dehors, 11' principal espoir d'une rétrogradation impossible.

C'est ainsi que les intluences extérieures concoururent avec les dispositions intérieures à développer les déviations qui. dans l'histoire du siècle exceptionnel, distinguent la génération parlementaire de la génération révolutionnaire.

Quoique l'extension complète de l'anarchie moderne dût alors entraver beaucoup l'essor naissant de la doctrine organique, elle faisait mieux ressortir l'urgence d'une reconstruction spirituelle et manifestait davantage le besoin dune dictature temporelle.

Résolvant toujours chaque difficulté nouvelle d'après une nouvelle démolition, la métaphysique négative s'étendit de l'examen des pouvoirs politiques à l'étude des liens sociaux, par des utopies subversives envers la famille et la propriété.

Sous une vaine sentimentalité, l'influence féminine subit un notable décroissement, et l'attitude du sexe alTectif se trouva tellement altérée qu'il fournil lui-même des organes anarchiques.

Le développement de la spécialité dispersive jusqu'à l'extrême dégénération permit de vérifier combien il eût été sage de maintenir l'arrêt initial contre le régime académique, qui s'efforçait alors d'étouffer la discipline synthétique inaugurée par la nouvelle philosophie.

Mais la marche des divagations intellectuelles et sociales tendait autant à manifester le vice des inclinations rétro-

grades que le danger des aspirations révolutionnaires. Dieu se trouvait également invoqué dans les deux camps; les déistes reniaient le programme du xviii' siècle, et les catholiques acceptaient la souveraineté populaire : ce qui ne laissait de refuge, à Tordre comme au progrès, que dans la religion naissante de IHumanité.

Incapables de rien concevoir au delà de leur vain déisme, les révolutionnaires incurables scindèrent la question occidentale et s'efTorcèrent, avec trop de succès, d'absorber les prolétaires par des solutions métaphysiques, à la fois anarchiques et rétrogrades, où les lois réglaient ce qui dépend des mœurs.

Développant le programme indiqué sous la sanglante domination des Roussiens, il firent consister la systématisation industrielle à détruire la seule base résultée du passé pour organiser le travail, d'après la division générale entre les entrepreneurs et les travailleurs.

Mais le déplorable crédit dont le peuple honora ces utopies subversives doit désormais être imputé surtout à l'incurie mêlée d'incapacité qui dirigea la politique des conservateurs, partout investis de la prépondérance temporelle, sauf de courtes oscillations.

Invoquant toujours la conciliation générale entre l'ordre et le progrès, ils laissaient pourtant surgir inaperçue la doctrine qui l'institua pleinement.

Leur empirisme ne sut lutter contre le communisme que par des mesures oppressives, doublement nuisibles à la vraie solution, soit en relevant les anarchistes persécutés, soit en faisant supposer que les institutions fondamentales de la société moderne ne comportaient point une digne défense.

Sans iiur li'llc assistance. l'Iii^loiro nosaiirail oxplicjiicr coninuMil le parti du progrès se trouva placé, dans tout rUccident. sous la présidence passagère des révolutionnaires, dont la mélapliysi(iue, d'accord avec leur ignorance, consacrait nécessaii'cnienl rininiolulitt'.

La iValernilé clirélienne ('tant dcvfMiiie incapaMe de sanctionner les vu'ux légitimes des prolétaires, ils se trouvèrent provisoirement forcés de recourir à Tégalité roussienne, qui dégrada leurs sentiments en développant l'envie contre une élévation quelconque et la défiance envers toute autorité.

On peut résumer cette appréciation sociale de la génération parlonienlaire en y remarquant l'annulation nécessaire et mutuelle des principaux résultats poursuivis dans les deux camps.

Car la politique rétrograde des conservateurs empiri([ues y démontre son impuissance d'après l'essor continu de l'anarchie, malgré l'cxtensii^n et 1 intensité croissantes de la répression matérielle.

Liiuinité révolutionnaire s'y constate par l'avortoment d'une agitation aiguë ou chronique, incapable de rien obtenir, faute d'un caractère organique, et conduisant toujours à ranimer légalement une rétrogradation éteinte dans les opinions et les mœurs.

Mais une telle situation devait spontanément discréditer le régime parlementaire au centre de l'élaboration occidentale, malgré le vain ascendant que l'empirisme, même officiel, s'elVor(;ait de lui procurer partout.

Introduit pour garantir la liberté, son exercice avait facilité le développement de l'oppression, en dispersant la responsabilité.

Les révolutioniuiires participèrent autant que les rétrogrades à cette dégénération ; parce que, sentant leurs doc-

trines désormais incapables de soutenir une vraie discussion, ils aspiraient de plus en plus à comprimer l'examen sous l'égalité.

Bientôt invoqué pour l'ordre, ce réginie équivoque et contradictoire, énervant le gouvernement, aboutit à développer l'agitation et l'intrigue.

Contraire à l'ensemble du passé français, il ne put. en trente ans, acquérir aucune consistance chez les prolétaires, ni même parmi les boui'geois, malgré les facilités spéciales qu'il odrait aux médiocrités ambitieuses.

L'antipathie naturelle des populations catholiques envers une politique protestante, ou plutôt britannique, se manifesta d'abord dans l'affranchissement de l'Amérique espagnole, quand le système colonial se décomposa d'après l'initiative de l'Amérique anglaise.

Ces nouveaux types de la révolution hollandaise abolirent le pouvoir central émané de la métropole, sans jamais transférer la suprématie politique aux assemblées locales ; en sorte que tous les conflits s'y bornèrent à la mutation des dictateurs.

Sous de tels précédents, on pouvait aisément prévoir que le régime parlementaire ne tarderait point à s'éteindre en France, comme incapable de consolider l'ordre et de seconder le progrès.

Il ne devait pas résister longtemps à la commotion décisive qui manifesta la réalité politique en supprimant la consécration mensongère d'une inviolable hérédité dans une situation qui, depuis la prise populaire de la forteresse parisienne, fut toujours républicaine.

Cependant cette irrévocable révélation sembla d'abord ranimer le régime anti-français, d'après l'illusion empirique qui représentait une telle position comme élevant le pouvoir local en abaissant le pouvoir central.

Mais la méprise métaphysique ne put alors obtenir

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