‹ Auguste ComteChapitre 26 sur 57 · COMTE APOLOGISTE DE LA RÉVOLUTION FRANÇAISE · texte numérisé non relu

COMTE APOLOGISTE DE LA RÉVOLUTION FRANÇAISE

Chose singulière, Comte dont, récemment et à plusieurs reprises, nous avons vu exploiter les enseignements contre la Révolution française et dont le programme initial fut en effet de remplacer la philosophie, soi-disant négative, des révolutionnaires par un corps de doctrines plus saines, Comte a professé, sa vie durant, le plus sincère enthousiasme pour le grand mouvement politique et social de la fin du XVIII' siècle; circonstance qu’oublient un peu trop vraiment ceux de nos contemporains qui ont entrepris de 1’ « utiliser » contre la tradition et la légende révolutionnaire ! Rien de plus contradictoire, il est vrai, qu’une telle apologie sous sa plume, puisque la Révolution n’a été trop souvent, il le constate, que l’effort pour soumettre la société française et même le monde entier à ces principes métaphysiques (ou plutôt mystiques) que le Naturisme moderne avait achevé d’élaborer pendant les dernières années du XVIIIe siècle. Mais deux circonstances expliquent et pallient celle contradiction dans sa pensée : d’une part la Révolution offre assurément des traits rationnels qui parlèrent à ses facultés de synthèse, parfois puissantes; d’autre part, elle a créé une sorte d’impérialisme français mystique auquel il s’est associé de bonne heure, — comme c’est la tendance de toute jeunesse ardente — et qu’il n’a jamais cessé de

professer ouvertement dans la suite. Afin de nous en mieux convaincre, suivons-le dans son commentaire, assez inattendu, de ces événements mémorables.

Page 1